Réforme des retraites : êtes-vous inquiet ? [+SONDAGE]

Publié le 4 Avril 2010

 La réforme qu'Eric Woerth va devoir mettre en place dans les six mois risque d'être douloureuse et de susciter beaucoup d'opposition

Les ministres éric Woerth et Georges Tron vont mener les négociations. (photo AFP)


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Eric Woerth, qui vient d'être nommé ministre du Travail en remplacement de Xavier Darcos, hérite donc de la réforme des retraites qui figure bien dans la feuille de route que lui a assignée Nicolas Sarkozy. Il devra présenter un projet de loi après l'été, ce qui signifie que les partenaires sociaux auront été consultés en trois à quatre mois.

Les responsabilités de nouveau ministre du Travail, élargies à la fonction publique avec la nomination à ses côtés de Georges Tron, montrent qu'il devra porter la réforme dans ce secteur également. Le temps lui est compté sur un sujet pour lequel les dernières retouches législatives remontent à 2003, avec la loi votée sous l'impulsion de François Fillon (lire ci-dessous).

Mesures impopulaires

La date de 2010 a été choisie par le président de la République, qui l'avait annoncée au Congrès de Versailles en 2009, parmi les chantiers de son quinquennat. Le problème est d'envergure quand on sait que le nombre de retraités en France, 14 millions aujourd'hui, devrait presque doubler d'ici à 2050 pour arriver à 22 millions, tandis que beaucoup de pays européens, secoués par la crise financière, ont décidé de pratiquer des réformes douloureuses pour réduire leur déficit.

C'est le sujet du forum des retraites organisé aujourd'hui à Bordeaux par la Caisse des dépôts.

En Grèce comme en Allemagne, en Espagne comme au Portugal, la réforme des retraites s'est traduite par des mesures souvent impopulaires, comme l'allongement de la durée de la vie active, dans un contexte économique pourtant loin du plein-emploi. Les gouvernements n'ont cependant pas trouvé d'autres solutions à proposer : repousser l'âge légal du départ à la retraite, allonger la durée de cotisation, augmenter leur niveau ou bien réduire les pensions versées. Ce sont les seules solutions que le Medef pousse le gouvernement à adopter.

Face à cela, les syndicats de salariés rechignent et leur réaction va de l'opposition frontale, comme la CGT ou FO, jusqu'à des stratégies plus nuancées qui s'inspirent d'expériences étrangères, comme la CFDT qui met en avant l'exemple de la Suède avec les comptes notionnels (lire ci-contre).

Récemment, Xavier Darcos, sans doute pressé par les échéances électorales, s'était cependant opposé à toute réforme « systémique » du modèle de retraite français, dont il savait certainement qu'il ne pouvait être mis en place en quelques mois. La CGT, contrairement à la CFDT, s'y était d'ailleurs montrée défavorable, motivant sans doute aussi la retenue du précédent ministre du Travail.

À la CGT, le spécialiste des retraites, Gérard Rodriguez, est sûr de lui : « Comme Bernard Thibault l'a dit la semaine dernière, nous sommes opposés à tout relèvement de l'âge légal de départ à la retraite et à tout allongement de la durée de cotisation. Nous devons d'abord affirmer un choix de société, le droit pour chacun de partir à la retraite avec un revenu convenable. »

Selon la CGT, le financement peut en être assuré par l'assujettissement de tous les revenus aux cotisations, que ce soit l'intéressement, la participation, les revenus financiers des entreprises, mais surtout grâce à une politique économique de plein-emploi pour tous alors que le chômage touche les jeunes de moins de 30 ans et les seniors de plus de 50 ans, grevant ainsi les revenus des caisses de retraite.

Selon la CGT, si on ne trouve pas de moyens d'augmenter les ressources des caisses de retraite, « nous allons vers une baisse conséquente du revenu des retraités ». C'était le débat du Conseil d'orientation des retraites (COR), mercredi dernier, où la CGT n'a pas accepté « de privilégier l'option selon laquelle les ressources allaient continuer à stagner alors que les besoins continuaient d'augmenter ».

CFDT : changer de terrain

Alors que FO campe plus ou moins sur les mêmes positions, la CFDT tente de trouver un nouveau terrain pour le débat, bien que celui-ci ait été très sèchement balisé par le gouvernement. « Aujourd'hui, toute la logique de la réforme est construite autour de travailler plus longtemps, que ce soit en portant l'âge du départ à 61 ou 62 ans, ou la durée des cotisations à 41 ou 42 ans », explique Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT en charge du dossier.

Cette logique contribuerait à inquiéter les salariés qui n'ont plus d'autre idée que de s'arrêter au plus tôt afin d'éviter de subir la future réforme et liquider au plus vite leur situation personnelle. Selon Jean-Louis Malys, « il n'est pas normal que les salariés paient le système, il faut jouer aussi avec les revenus du capital ».

Afin de ne pas apparaître comme attaché à un modèle qui révèle ses faiblesses, et bien que le gouvernement tout comme la CGT l'aient écarté, il pense cependant que le système de comptes notionnels (lire ci-dessous) « vaut le coup d'être examiné ». « Cette réforme du siècle, si elle est douloureuse, elle sera injuste. Il vaut mieux ne rien faire », ajoute-t-il.

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..........................lire sur sudouest.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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