RUGBY / TOURNOI DES SIX NATIONS ; le Grand Chelem Comme une délivrance

Publié le 21 Mars 2010

Poussés dans leurs derniers retranchements par les Anglais, les Bleus se sont imposés dans la douleur pour remporter le neuvième Grand Chelem de l'histoire du rugby français

Coup de sifflet final : les Français peuvent laisser éclater leur joie, à l'issue d'une partie indécise jusqu'au bout. (Photo Laurent Theillet)
Coup de sifflet final : les Français peuvent laisser éclater leur joie, à l'issue d'une partie indécise jusqu'au bout. (Photo Laurent Theillet)

«Blood, sweat and tears. » « Du sang, de la sueur et des larmes. » C'est avec les trois ingrédients de la fameuse formule de Churchill que les Bleus de Marc Lièvremont sont allés chercher le neuvième Grand Chelem de l'histoire du rugby français, et le premier trophée de leur jeune aventure.

La cinquième étape de ce Tournoi du centenaire fut en effet conforme à ce que l'on redoutait pour les Bleus. Ce Quinze de la Rose tellement critiqué outre-Manche a obligé les Français à puiser au plus profond d'eux-mêmes et à jouer contre nature. S'ils sont sortis vainqueurs de ce combat de poids lourds, ils le doivent pour beaucoup à un pack formidable d'abnégation qui leur a permis de prendre l'avantage puis de repousser les assauts d'une équipe d'Angleterre jamais résignée.

Un peu de crispation ?

Mais à l'heure des comptes, la satisfaction est immense. En réalisant ce sans-faute, le premier depuis 2004, en battant ces Anglais qui, si souvent avaient brisé leurs rêves, les Bleus ont accompli un pas important sur la route qui mène vers la Coupe du monde 2011. Assurés de remporter le Tournoi avant même le coup d'envoi après la victoire de l'Écosse en Irlande, les Bleus ont pourtant failli laisser échapper le gros lot.

Se sont-ils trop vite crispés face à un rival moins prévisible qu'escompté ? « Le risque c'est que l'enjeu de la rencontre inhibe les joueurs », avait souligné Marc Lièvremont. Et si François Trinh-Duc eut le bon goût de réussir un drop pour calmer les nerfs de la troupe, l'Angleterre répliqua immédiatement. Comme on ne l'attendait pas. En se jouant de la défense en pointe des Bleus pour décaler Ben Foden en bout de ligne. Et tandis que Flood transformait, les premiers « Swing Low, Sweet Chariot » s'élevèrent dans les tribunes comme un avertissement.

Les fantômes de Sydney

Après un quart d'heure inaugural d'une grande âpreté, on eut la certitude que l'Angleterre, plus qu'aucun autre adversaire cet hiver, imposerait aux Bleus de donner le meilleur d'eux-mêmes. Les averses qui commencèrent alors à tomber du ciel de Saint-Denis convoquaient à la fête les fantômes de Sydney 2003. Mais le pack de la Rose ne possède plus le même venin et celui des Bleus est d'un tout autre métal. Il allait commencer son travail de sape et offrir à Morgan Parra l'opportunité d'inscrire trois pénalités et de replacer la France en tête.

À défaut de satisfaire les esthètes, il y avait quelque chose d'assez jubilatoire dans la façon dont la première ligne française mettait sa rivale sous pression et dont Dusautoir et les siens poussaient les Anglais à la faute dans les regroupements. À l'anglaise finalement. Le décompte des fautes (6 pénalités et 2 coups francs concédés par Moody et consorts contre 1 seul aux Bleus) en disait long sur l'ascendant pris par les Français dans le combat. Reste que les Bleus ne comptaient que cinq longueurs d'avance à la pause. Et l'on sentait que l'Angleterre, plus entreprenante avec Flood à l'ouverture qu'avec Wilkinson, n'avait pas dit son dernier mot.

Depuis le début de la compétition l'équipe de France avait pris l'habitude de démarrer ses matches tambour battant et de virer à la mi-temps avec quinze points d'avance (score moyen 18-3). Elle avait eu aussi la fâcheuse manie de baisser de pied en deuxième période.

Et la menace anglaise prit vite une autre dimension dès le début d'un deuxième acte où les vagues blanches se fracassèrent avec une régularité inquiétante sur la défense française, obligeant Poitrenaud puis Trinh-Duc à des sauvetages devant Ashton. À la brutalité de cette déferlante, les Bleus répondirent par une férocité de tous les instants en défense à l'image de Thierry Dusautoir, multipliant les plaquages désintégrant. Aucun des belligérants ne voulait rendre les armes et le Quinze de la Rose jouait son meilleur match depuis une éternité.

Dix minutes interminables   ............................

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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