Sarkozy mis en examen : l'UMP retrouve son chef, mais il est à terre

Publié le 24 Mars 2013

Publié le 23/03/2013 à 06h00 | Mise à jour : 23/03/2013 à 07h15
auteur dominique de laage

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L'UMP, déboussolée depuis la défaite de 2012, a retrouvé ses réflexes, suite à la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Le parti fait corps autour du chef.

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Depuis jeudi soir, la droite républicaine ne paraît plus faire « confiance à la justice de son pays ». Alain Juppé a été l'un des rares à garder vendredi la distance habituelle vis-à-vis du pouvoir judiciaire, suite à l'annonce de la mise en examen pour abus de faiblesse de l'ancien chef de l'État. « Il est présumé innocent. Je ne voudrais pas faire de commentaire au-delà de cette position de principe », a-t-il déclaré sobrement.

La réplique s'est organisée, non pas depuis le siège du parti, mais depuis le bureau de Brice Hortefeux, le président de l'association Les Amis de Nicolas Sarkozy. D'où la virulence des « éléments de langage ». L'ex-ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy n'a jamais été très proche des « petits pois », ainsi que l'ex-chef de l'État appelait les magistrats durant son mandat.

 

« Acharnement », « sidération », « incompréhension », « colère »… Lors de la journée un peu folle qu'a vécue l'UMP vendredi, l'on s'amusait à pointer les « maladroits » recrachant au mot près les formules de Brice Hortefeux, tels Lionnel Luca ou Geoffroy Didier.

La cellule de crise

Fidèle à sa réputation de plume numéro 1 du sarkozysme, le député Henri Guaino a été beaucoup plus loin que le gros de la troupe dans ses propos. Offrant un boulevard au PS, au Syndicat de la magistrature, à Cécile Duflot et à Eva Joly, et contraignant la garde des Sceaux, Christiane Taubira, comme les centristes Jean-Louis Borloo et François Bayrou, à réagir. « Bien que je sois stupéfait et perplexe devant l'incrimination d'abus de faiblesse, il faut éviter tout affrontement justice/politique », a ainsi déclaré Jean-Louis Borloo.

Même Jean-Marc Ayrault a dû sortir du silence devant les outrances de la contre-attaque des Amis de Sarkozy : « Le gouvernement est très attaché au respect de l'indépendance de la justice. […] Je n'ai pas d'autres commentaires à faire, simplement un appel à la raison, au respect de la justice, des juges, des magistrats », a encore déclaré le Premier ministre au terme de cette folle semaine qui aura tour à tour placé Jérôme Cahuzac puis Nicolas Sarkozy dans l'œil du cyclone.

Au lendemain de sa mise en examen, qui lui rappelle combien il est redevenu un « citoyen ordinaire » menacé par d'autres périls judiciaires, Nicolas Sarkozy a passé sa journée entouré de ses proches. Parmi lesquels son avocat et ami Thierry Herzog, mais aussi Franck Louvrier, ancien responsable de sa communication à l'Élysée.

Les rangs de l'UMP resserrés autour de lui par Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy apparaît plus que jamais, depuis mercredi soir, comme l'homme fort de l'UMP. Comme l'homme qui clive la France de gauche, celle « des juges », contre celle de « l'énergie », la sienne. Dans les mots utilisés vendredi, on a parfois eu l'impression d'être revenu à la dernière campagne. Reste à voir désormais comment cette opération de « victimisation » de l'ancien président aura été ressentie dans l'opinion, chez les sympathisants et les militants de l'UMP.

Hésitant depuis la défaite de mai dernier entre sa « génétique naturelle », « celle d'être le parti d'un chef » selon l'expression de Benoist Apparu, et la tentation de se « normaliser », l'UMP a clairement été depuis mercredi soir le parti d'un chef.

Nouvelle donne

Un chef désormais hors jeu, et peut-être pour assez longtemps. Comment gérer cette situation nouvelle, dans l'espoir de voir les nuages judiciaires se dissiper avant 2017 ? Voilà ce qui a occupé depuis vendredi le « combatif » Nicolas Sarkozy et sa cellule de crise.

Une nouvelle donne que ses successeurs potentiels ont eux aussi intégrée. Jean-François Copé a capté d'autorité la lumière le matin sur un plateau de télévision, se présentant habilement comme celui « ayant eu Nicolas Sarkozy » au téléphone. François Fillon a quant à lui manié à la fois les mots forts (« extravagant, injuste ») et la distance.

Dépêchant une missive depuis la… Russie, Xavier Bertrand s'est abrité derrière Me Herzog. Quant à Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, ils sont restés eux aussi assez discrets. Prochain épisode judiciaire lundi, avec l'appel de Me Herzog.

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Vos commentaires 105
 
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stef40
23/03/2013, à 19h45 Alertez
AAHIEL
Je vous crois quand vous écrivez que vous étiez LV dans la marine, j'avais bien reconnu ce ton hautain de l'officier de marine. C'est donc bien ce que je disais, vous ne comprenez rien, mélangez tout, en somme, vous n'avez pas changé, vous auriez pu rester dans l'armée.
Si l'on envoie "Mouloud" en prison pour un vol de scooter parce que les lois les plus répressives ont été introduites lorsque Sarko était au commandes (soit ministre de l'intérieur avec les lois Perben soit Président avec les lois Dati), il n'est pas normal que le garant de ces mêmes lois se permette de les contourner.
Remarquez que dans l'ensemble de ces lois hyper-répressives, il n'y a rien sur la délinquance en col blanc, celle qui rapporte le plus aux contrevenants (tout ça ressemble à du Berlusconi, des lois taillées sur mesure pour être contournées).
 
 
mickeyb85
23/03/2013, à 16h40 Alertez
Ah! Bon, mes idéaux politiques ne regardant que moi, je ne relève pas votre ineptie. Pour vous contenter, donc, je viens de créer "l'extrême centre"...
 
 
mickeyb85
23/03/2013, à 16h37 Alertez
il y a aussi l’extrême gauche, le centre gauche, le centre droite et... l’extrême centre !...
 
 
PHILOMENE BORDAS
23/03/2013, à 16h23 Alertez
Il est à terre!!

Il pourra mieux voir la France d'en bas, qu'il a largement avec ses amis du PS, contribué à appauvrir, celle dont il n'a pas respecté son avis sur le référendum du traité européen.
 
 
marcus 1er
23/03/2013, à 15h57 Alertez
Cher Monsieur,

Un type qui a un langage de charretier n'est pas digne d'être Président de la France!
 
 
AAHIEL
23/03/2013, à 15h50 Alertez
stef40
23/03/2013, à 14h45

Moi aussi j'ai été militaire LV marine et je sais de quoi je parle. pour le reste de mon post relisez vous comprendrez.
 
 
ah bon !!
23/03/2013, à 15h30 Alertez
mickey 85 vous dite ne pas etre de gauche ou de droite reste l extéme droite alors
 
 
stef40
23/03/2013, à 14h45 Alertez
M'instruire, quel est le rapport?
Vous êtes stressé ou complexé pour écrire de la sorte. Je suis militaire et j'ai un peu d'expérience en la matière. Nous n'avons pas besoin de votre compassion lorsque nos frères tombent au combat, ne nous assimilez pas à vos préoccupations politiques.
 
 
AAHIEL
23/03/2013, à 14h41 Alertez
stef40
23/03/2013, à 14h28 Alertez
AAHIEL vous mélangez tout.
D'une part Sarkozy n'est pas mort et d'autre part les militaires sont les premiers citoyens qui, lorsqu'il sont dans la tourmente de la justice, voient leur profession mentionnée dans tous les médias.

Je ne vois pas en quoi je mélange quoi que ce soit et je ne vais pas discuter avec vous cela va vous instuire
 
 
stef40
23/03/2013, à 14h28 Alertez
AAHIEL vous mélangez tout.
D'une part Sarkozy n'est pas mort et d'autre part les militaires sont les premiers citoyens qui, lorsqu'il sont dans la tourmente de la justice, voient leur profession mentionnée dans tous les médias.
 
 
AAHIEL
23/03/2013, à 14h03 Alertez
Un soldat qui quitte les pieds devant un théâtre d'opération à droit à tous les honneurs. Un autre qui se fit abattre a un DAB à droit à tous les égards. Mais un ex-président de la République, qui a consacré 5 ans de sa vie, avec toutes les contraintes personnelles que cela peut représenter, à garantir la sécurité de la France et des Français, sa place dans le monde, son économie, son niveau social, on le considère comme de la quantité négligeable! On le jette aux orties, on l'insulte, on le méprise, on le salit, on le bannit et surtout on oublie vite fait tout ce qu'il a réalisé y compris sa mission. Heureusement que dans l'armée ce n'est pas ainsi. Un amiral qui quitte le service opérationnel à droit à de la considération de la part de ses hommes. C'est très Français de cracher ainsi sur les ex-Présidents. Beaucoup de prétendants mais peu d'élus et j'en connais qui n'ont même pas le 100 ème des facultés intellectuelles pour le faire.
 
 
AAHIEL
23/03/2013, à 13h54 Alertez
cabane tchanquée
23/03/2013, à 11h56 Alertez
AAHIEL 23/03/2013, à 10h34 Je ne vois pas en quoi il est plus virulent et engagé que d'habitude. Son article, très vrais, n'est pas virulent, ce sont les acteurs du sujet qui sont virulent. Il a tout simplement relaté les faits, les mots ou l'ambiance du moment avec fidélité.

Je ne vais pas vous réécrire mon post, ou vous ne savez pas lire ou vous avez un problème de compréhension.
 
 
YAMAHA.FZ1
23/03/2013, à 13h33 Alertez
Calimero
 
 
Decheuze
23/03/2013, à 12h41 Alertez

Une affaire d'état, l'ex monarque, redevenu citoyen comme un autre, doit se soumettre aux règles, aux lois de la république et de la justice.....
La façon odieuse de traiter la magistrature lui et ses copains est indigne et scandaleux ! les masques tombent.....

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Publié dans #citoyens d'europe

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