Sarkozy : toujours un problème avec la liberté de la presse

Publié le 27 Février 2010

Auteur Olivier Bonnet

Sarkozy : toujours un problème avec la liberté de la presse

rr"On ne compte presque plus les avoinées dispensés par le chef de l’Etat au fil de ces remises de médailles, qui sont devenues l’occasion de remettre les pendules à l’heure, écrit Renaud Revel, rédacteur en chef à L’Express, sur son blog Immédias. Il y eut le patron de Canal+, Rodolphe Belmer, tancé sous les lambris de l’Elysée pour le ton de sa chaîne à son encontre. Il y eut Marc-Olivier Fogiel, rappelé à l’ordre pour avoir posé sur l’antenne d’Europe 1 une question, jugée maladroite, à Carla Bruni." Ouvrons ici une parenthèse pour s’attarder sur cet incroyable épisode, tel que le narre Bruno Roger-Petit sur Le Post : "Au pied de l’estrade, Marc-Olivier Fogiel attend le chef de l’Etat. Tout sourire, il se rue sur lui et lui demande la permission de faire une photo en sa compagnie. Le président est surpris, esquisse un rictus de gêne, de contrariété, mais il accepte." Fogiel en groupie de Sarko, méprisable... Mais poursuivons : "Fogiel sort alors un appareil photo de sa poche, et demande à un ami de prendre un cliché de sa personne et du président de la République ensemble. C’est l’affaire de quelques secondes, mais visiblement, selon mes témoins, cela agace le président. La photo prise, le sourire encore crispé, il attrape d’un coup Fogiel par le bras et lui dit : «  Dis donc, je voulais te dire, quand tu as reçu ma femme et que tu lui as demandé si elle m’aurait épousé si je n’avais pas été président de la République, laisse-moi te dire que je n’ai pas trouvé ça très élégant !  ». Selon mes témoins, à ce moment là, le président ne plaisante plus. Il a les mâchoires contractées, le regard noir. La colère est montée d’un coup, en quelques secondes (...). Fogiel tente de minimiser l’affaire et bredouille une formule du genre «  Mais enfin, monsieur le président...  ». Mais son interlocuteur le coupe, et à voix haute et forte lui dit : «  Si je n’étais pas président de la République, je t’aurais démonté la gueule !  ». Et il plante là Fogiel, livide, cadavérique, zombifié". Sarkozy, qui parlait d’élégance dans sa phrase précédente, s’y connaît visiblement sur le sujet !

Revel poursuit son énumération des incidents entre le président et la presse survenus durant les cérémonies de remises de Légions d’Honneur : "Il y eut encore un échange au vitriol avec le numéro 2 de France Télévisions, Patrice Duhamel, étrillé devant témoins pour la qualité des programmes des chaînes publiques. Et la liste est loin d’être exhaustive. Le dernier épisode en date remonte au 9 février et concerne Harry Roselmack. Lors de la remise de la Légion d’Honneur à l’ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, Nicolas Sarkozy s’est entretenu cb hrquelques instants avec le directeur de l’information de RTL Jacques Esnous : l’occasion d’un échange à propos de l’entretien accordé, quelques semaines plus tôt, à Harry Roselmack par Carla Bruni. Cet entretien avait vu le journaliste deet de RTL se faire reprendre de volée en direct par la première dame de France, après une question sur l’affaire Clearstream. Or, il avait fallu toute la diplomatie des dirigeants de RTL après l’émission, pour que les choses s’apaisent et que Carla Bruni oublie l’incident. Or Nicolas Sarkozy tenait à revenir sur cet épisode. «  Que venait faire cette question ici ? Carla a été surprise. Elle était venue parler du sida et on l’interroge sur Villepin". Ce que n’écrit pas Revel, c’est que la remarque de Sarkozy est purement et simplement inacceptable. Un journaliste pose les questions qu’il veut, point barre. Et il n’appartient nullement à un minuscule président de la République, pas plus qu’à une première dame de mes fesses, de leur dicter les sujets dont ils doivent ou ne doivent pas parler. Ça s’appelle le droit d’informer et la liberté de la presse. Mais on sait que Sarkozy a toujours eu un problème avec ce concept. Il n’aime qu’une seule catégorie de journalistes, il est vrai bien représentée en France : les lèche-bottes.
TF1

 

messieIncroyable photo du président en extase quasi christique, trouvée sur le blog de Jean-Marcel Bouguereau, illustrant le billet Sarkozy, le "médiavore", qui n’indique pas en quelle occasion elle fut prise. On y reconnaît, si l’on ne s’abuse, l’entrepreneur blogueur runner et winner Loïc Le Meur.

 


 

 

 




 







La presse telle qu’il la rêve, image trouvée chez Le Sarkopithèque, billet Menaces et intimidations.



















 

Relire sur plumedepresse  : "Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale", Quand Sarkozy insulte les journalistes (avril 2009).



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Source alterinfo.net

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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