Séguin tacle Sarkozy

Publié le 3 Novembre 2009

Sylvain Lapoix - Marianne

Invité d'Europe 1, Philippe Séguin s'en est donné à coeur joie sur une présidence française de l'Union européenne « mal programmée », faite de « décision tardives » et d'amateurisme. Une nouvelle pique du président de la Cour des comptes, devenu un des plus redoutables opposants à Nicolas Sarkozy !



Rasé de frais, Philippe Séguin chausse ses lunettes en souriant : il savoure. Depuis une semaine, le rapport de la Cour des comptes épinglant la présidence française de l'Union européenne fait les délices des médias. Mais c'est surtout lui qui, en technicien avisé, prend un plaisir certain à décortiquer les excès des dépenses de Nicolas Sarkozy. Ainsi, invité d'Europe 1 ce 29 octobre, il surprend l'animateur en affirmant que cette présidence française de l'UE a été mieux gérée que celle de 2000, qui avait coûté 8 fois moins cher : « l'organisation budgétaire générale a été plus rigoureuse et les créations d'emploi ont été limitées et temporaires conformément à ce qu'on avait dit à l'époque. » Séguin a distribué l'unique bon point... mais les critiques arrivent !

Sarkozy : un amateur !

Interrogé sur le scandale de l'aménagement de bureaux présidentiels incluant des douches, au Grand Palais à l'occasion du sommet de Paris de l'Union pour la Méditerranée et pour la seule durée du sommet — 4 heures — , Séguin fait mine d'effectuer une mise au point : « Les 245000 euros ne correspondent pas aux douches, corrige-t-il. En revanche les 245000 euros n'ont pas suffit à aménager l'ensemble du Grand Palais ! », corrige le président de la Cour des comptes, hilare. La facture : 7 millions d'euros pour le montage, démontage et la location. Pour Séguin, de tels frais auraient pu être évités mais ne l'ont pas été par pur amateurisme : la présidence française était selon lui « mal programmée », les décisions « tardives », « pas d'appel d'offre »... « Les fournisseurs s'en sont donnés à coeur joie » alors que, selon lui, Sarkozy aurait pu économiser 1/3 sur la facture en mettant en concurrence les fournisseurs. Erreur de débutant !

Mais Séguin prend son temps pour soulever la vraie faute présidentielle : « c'est bien de faire des économies, et en particulier de liquider les bijoux de famille, de vendre à tout va... mais encore faut-il le faire à bon escient ! martèle le président de la Cour des comptes. On a liquidé l'immeuble Kléber où aurait pu avoir lieu sans dépense excessive, en plus dans le cadre d'une opération que nous avons critiqué qui a été catastrophique ! Maintenant, chaque fois qu'on a un sommet, il faut faire une opération du type du Grand palais : au bout de quelques sommets, on aura dépensé ce qu'a rapporté la vente. » Argument imparable et d'autant plus acide que, mercredi 28 octobre, le porte-parole du gouvernement déplorait que Paris n'ait plus de centre international de conférence... alors que c'est Nicolas Sarkozy qui a procédé à la vente de l'immeuble Kléber !

Mais pour Philippe Séguin, la chasse est ouverte ! Indépendant, disposant des riches compétences de la Cour des comptes, tout se passe comme s'il avait décidé d'employer cet outil à décrédibiliser méthodiquement les réformes Sarkozy par l'outil de l'expertise : quand il dénonce les niches fiscales, il reconnaît que « c'est une vraie question » de savoir si leur démantèlement peut se faire sans toucher au sacro-saint bouclier fiscal. A la veille des élections régionales, en pleine polémique sur les impôts locaux et la réforme des territoires, il présentait mercredi 28 octobre un rapport très critique sur la deuxième phase de la décentralisation. S'il voulait torpiller l'UMP de l'intérieur, il ne s'y prendrait pas autrement...

Source Marianne2.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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