Soutenue jusqu'à Paris ( Aurore Martin )

Publié le 29 Novembre 2012

Publié le 29/11/2012 à 06h00
Auteur Dominique De Laage , Pour Sudouest.fr

commentaire(s)  Lire etvoir l'article sur sudouest.fr

0

 

Le soutien à la militante « livrée » aux Espagnols s'est amplifié hier. Lettre à Hollande à l'appui.

Aurore Martin a reçu le soutien de personnalités qui ont signé la pétition adressée à François Hollande.

Aurore Martin a reçu le soutien de personnalités qui ont signé la pétition adressée à François Hollande. (photo archives b. lapègue)

«Aurore est incarcérée à la prison madrilène de Soto del Real, sous le coup de la loi d'exception antiterroriste. Le régime est dur, avec de nombreuses restrictions. Elle n'a droit qu'à deux heures de promenade par jour et ne peut recevoir que ses parents directs ou son avocate. Toutes ses discussions sont enregistrées ! Au parloir, je ne peux m'adresser à elle que par téléphone et nous sommes séparées par des barreaux. Son quotidien est d'autant plus compliqué qu'elle ne parle pas l'espagnol. » Ainsi Jone Goirizelaia, l'avocate espagnole d'Aurore Martin, a-t-elle résumé hier le quotidien de la militante basque interpellée à Mauléon le 1er novembre dernier, puis remise aux autorités espagnoles en vertu du mandat d'arrêt européen (MAE) dont elle était l'objet.

Hessel, Bedos…

La scène s'est passée à la Ligue des droits de l'Homme (LDH) à Paris, dont le président, Pierre Tartakowsky, est l'un des premier signataires de la lettre adressée au président Hollande pour demander la « libération immédiate » d'Aurore Martin (lire ci-contre). Parmi les premiers signataires de cette pétition figurent également Guy Bedos, Stéphane Hessel et Me Henri Leclerc.

 

« Liberté de conscience »

Outre le président de la LDH, étaient réunis hier Anaïs Funosas, de Bake Videa, Olivier Besancenot (NPA), Olivier Dartigolles (PCF), Jérôme Gleizes (EELV) et les deux députées PS des Pyrénées-Atlantiques Sylviane Alaux et Colette Capdevielle. Jean-Jacques Lasserre, le sénateur Modem des Pyrénées-Atlantiques, s'est également associé à la prise de parole d'hier.

« Ce n'est pas évident, pour des députées socialistes, de devoir partager l'indignation inspirée par l'attitude d'un gouvernement socialiste, a déclaré Sylviane Alaux. Nous le faisons au nom de notre liberté de conscience. Cette arrestation et l'application de ce MAE pourraient s'avérer comme un gros grain de sable dans le processus de paix en cours au Pays basque ».

L'ensemble des intervenants ont fustigé, avec des mots plus ou moins durs, la « livraison » d'Aurore Martin par les autorités françaises. « Pour de faits de militantisme qui ne sont pas répréhensibles en France et sous couvert d'une disposition - le MAE - dont on mesure la toxicité dès lors qu'elle est instrumentalisée », a résumé Pierre Tartakowsky.

« La justice espagnole reproche à Aurore Martin d'avoir participé à des réunions et des conférences de presse d'un parti interdit (Batasuna) au Pays basque sud, mais pas au nord, a encore indiqué son avocate. Mais aussi un article publié au sud. L'instruction, déjà ancienne puisqu'elle a couru de 2006 à 2009, concerne une quarantaine de militants dont seulement quatre du Pays basque nord. Seule Aurore Martin a fait l'objet d'un MAE parmi les quatre. Les militants du sud ont tous été remis en liberté après deux ans de préventive et attendent le procès. L'on voit donc ce que risque Aurore si rien n'est fait pour la tirer de là. Elle est la dernière à être incarcérée dans le cadre de ce dossier ».

justice · politique · Aurore Martin

Rédigé par

Publié dans #citoyens d'europe

Repost 0
Commenter cet article