Spécial Mur de Berlin : François Mitterrand a-t-il eu peur de la chute du Mur ?

Publié le 5 Novembre 2009

François Mitterrand a-t-il été pris de court, voire effrayé par la chute du Mur de Berlin, il y a vingt ans ? A-t-il cherché, comme on l'a beaucoup dit, à s'opposer à la réunification de l'Allemagne, ou en tous cas à la freiner ? Ou a-t-il agi en ami de l'Allemagne et en patriote français ? Une enquête de Vincent Jauvert d'après des archives inédites.



François Mitterrand avec le chancelier Helmut Kohl, à Munich, le 17 septembre 1990. La réunification est votée le 3 octobre (Sipa)

François Mitterrand avec le chancelier Helmut Kohl, à Munich, le 17 septembre 1990. La réunification est votée le 3 octobre (Sipa)

La scène - tirée des archives de François Mitterrand - se déroule au palais de l’Elysée, trois mois après la chute du mur de Berlin. Ce jour-là, le 13 février 1990, le président français reçoit un vieux complice, un homme qui, comme lui, a commencé sa carrière politique au sortir de la guerre : le président du Conseil italien Giulio Andreotti. Les deux septuagénaires veulent se consulter sur la question qui, quarante-cinq ans après le démantèlement du IIIe Reich, obsède l’Europe : la réunification du peuple allemand.

Mitterrand est furieux. Selon lui, tout à son désir de fusionner la RDA et la RFA, le chancelier ouest-allemand va trop vite et consulte trop peu : l’attitude de Helmut Kohl, déclare-t-il à son ami italien, "c’est le fait accompli", "les Allemands sont sourds", dit-il. Il ajoute, dépité : "Bush ne fait rien pour retenir les événements. La seule chose qui pourrait bloquer [la réunification de l’Allemagne], c’est l’emploi de la force par les Soviétiques, mais ils ne l’utiliseront pas."

Trois mois plus tard, le 4 mai 1990, François Mitterrand est en Grande-Bretagne, à Waddesdon Manor, chez la cinglante Margaret Thatcher. Au menu de leurs entretiens : encore et toujours l’Allemagne, et les craintes que sa réunification suscite en Pologne et dans le reste de l’Europe orientale - inquiétude que partage, ô combien, François Mitterrand.


> La suite de cet article, paru ce jeudi dans Le Nouvel Observateur, est à lire sur le blog de Vincent Jauvert.

Source Nouvelobs.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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