Sud-Ouest : l’air que l'on respire est-il assez bon ?

Publié le 27 Mars 2013

Publié le 27/03/2013 à 06h00 | Mise à jour : 27/03/2013 à 07h19
Auteur Pierre Tillinac  , Pour SudOuest.fr

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Des plans de protection de l’atmosphère viennent d’être approuvés sur les secteurs de Bordeaux, Dax, Pau et Bayonne. En Poitou-Charentes, un seul est en discussion.

Station de mesure de pollution à Pau.

Station de mesure de pollution à Pau. (Photo Luke Laissac)

Faire brûler des feuilles mortes et des branches dans son jardin n’est pas un geste aussi anodin que l’on pourrait croire. Ce n’est pas pour rien que le brûlage des déchets verts est interdit (1)… ce que beaucoup de monde ignore encore. Un seul feu de 50 kilos de végétaux produit autant de particules qu’une voiture essence qui parcourt 8 500 kilomètres ou un pavillon chauffé pendant quatre mois et demi avec une chaudière fuel.

Les particules sont l’un des principaux polluants de l’air que nous respirons. Rien qu’en France, chaque année, elles seraient à l’origine de 42 000 décès prématurés, soit 5 % des décès annuels. Ces particules pénètrent plus ou moins profondément dans le système respiratoire selon leurs tailles (lire ci-contre). Les deuxièmes gros polluants sont les oxydes d’azote, principalement issus des transports et de l’industrie.

 

Pics à répétition

L’Aquitaine, Poitou-Charentes et plusieurs régions françaises ont enregistré des pics de pollution de l’air aux particules fines ces derniers jours. En Aquitaine, entre le 27 février et le 3 mars, le seuil d’information a été atteint au moins une fois sur Dax, le BAB, Agen, Lacq, Pau et Bordeaux. À Bordeaux, le seuil d’alerte a également été franchi une fois.

Ces pics de pollution se multiplient en France depuis quelques années, dès que surviennent des conditions météorologiques permettant l’accumulation de ces particules. Elles sont émises par le transport routier, principale source d’émissions dans les villes, mais aussi par le chauffage au bois des cheminées, l’industrie ou l’agriculture.

La qualité de l’air est un sujet relativement neuf. Un plan d’amélioration de la qualité de l’air a été mis en place en France en 2010. Les premières assises de l’air ont été organisées par le ministère de l’Écologie en 2011 seulement et c’est au début de 2013 que ce même ministère a présenté un plan d’urgence sous la pression de Bruxelles qui menaçait de sanctionner la France pour des taux de pollution trop élevés dans certains secteurs.

Mauvais élèves

Dans la région, seul Bordeaux figurait sur la liste des mauvais élèves. Les dépassements incriminés remontaient à 2010 et aux années précédentes. Depuis, la capitale régionale a retrouvé des niveaux considérés comme normaux.

En Aquitaine, Airaq qui mesure la qualité de l’air dispose de 29 stations fixes dans 14 villes et deux laboratoires mobiles. En Poitou-Charentes, l’association Atmo est équipée d’une quinzaine de stations fixes, dont quatre en Charente et autant en Charente-Maritime.

Aujourd’hui, partout la qualité de l’air répond aux critères européens du moment, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elle puisse toujours être considérée comme bonne.

Tous les dépassements ne sont pas immédiatement sanctionnables. Ils ne le deviennent qu’au bout d’un certain nombre de jours. Quand la pollution dépasse à la fois les seuils autorisés et la durée prévue, les services de l’État doivent engager une procédure en vue de la mise en place d’un plan de protection de l’atmosphère (PPA). Dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants, ils sont obligatoires quels que soient les niveaux relevés sur place.

En Aquitaine, en dehors de Bordeaux, des non-respects de la réglementation ont déjà été observés dans les agglomérations de Dax, Pau et Bayonne… en 2007. En Poitou-Charentes, des concentrations de dioxyde d’azote supérieures aux valeurs limites ont également été relevées plus récemment sur l’agglomération de Niort, et des discussions ont commencé sur la mise en place d’un plan de protection.

En France, 38 PPA qui couvrent un peu plus de la moitié de la population sont en cours d’élaboration ou de révision. Les 4 PPA aquitains ont été approuvés au cours de ces dernières semaines. Il s’agissait d’un renouvellement pour Bordeaux et 52 communes environnantes. Pour les trois autres agglomérations, ces plans étaient des créations et doivent en principe éviter d’éventuels nouveaux dépassements. Leur périmètre dépasse largement les frontières de la ville. Le PPA de Dax est applicable sur 20 communes comme celui de Pau. Celui de Bayonne sur 22 communes.

L’objectif d’un PPA est simple : mettre en cohérence les actions existantes et promouvoir de nouvelles mesures pour faire baisser les concentrations en dioxyde d’azote et les particules.

Il y est souvent question de développer le covoiturage et les mobilités douces, de sensibiliser le grand public sur l’impact santé de la combustion du bois ou de travailler sur les plans de déplacements des entreprises. Prises une par une, la plupart de ces mesures peuvent faire douter de l’impact réel de ces plans sur la qualité de l’air mais ce n’est qu’en jouant sur un maximum de leviers - et la bonne volonté de tout le monde - qu’il devient envisageable de faire diminuer les taux de pollution. « Ce n’est pas qu’un problème de protection de l’environnement, souligne-t-on dans les services du ministère. C’est surtout une question de santé publique. »

(1) Sauf dérogation.

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Vos commentaires 12
 
Brigitte Bornes
27/03/2013, à 12h15 Alertez
L'activité physique : un moyen plus écolo pour brûler des calories !
 
 
La feuille
27/03/2013, à 11h22 Alertez
L'air est de bonne facture dans les Landes mais il est vrai que tout peut s'ameliorer. Essayons de polluer moins avec nos usines et commencons le tri et les bonnes actions ecologiques ! Si tout le monde y met du sien, nous pourrons avancer dans la bonne humeur.
 
 
D'artagnan
27/03/2013, à 10h54 Alertez
Ils ont oublié de parler du nombre de barbecus que les gens font aux beaux jours....grosse pollution....!.
 
 
nunuche
27/03/2013, à 10h29 Alertez
Ce qui est à mourir... de rire pour l'instant, c'est qu'on nous "glisse", de ci de là, que les POELES à bois dégagent des particules fines dangereuses !
Mais qu'en disent les écolos, qui savent tout de la pollution ... mais font comme si...
Le gouvernement ferait mieux d'interdire les poeles à bois - puisqu'ils polluent dangereusement - plutôt que d'envisager de taxer le gazole, sauf que...c'est moins rentable
"on ne nous dit pas tout" !
 
 
stranbol
27/03/2013, à 10h25 Alertez
Le brulage des dechets vert interdits ,ou ? Dans des lotissements a condition que le reglement le stipule .A la campagne !Ca risque d'etre dur dur pour l'interdire!Quand au chauffage au bois ,c'est le dada des écolos .L'écobuage devrait aussi etre interdit bien qu'étant trés reglementé .Je conseille a certains qui voudraient se lancer de penser à fabriquer et vendre des masques économiques c'est l'avenir.
 
 
Titsiana
27/03/2013, à 10h15 Alertez
Quelle parodie !!!
Quelle hypocrisie !!!

Cet article voudrait nous faire croire que l'état s'occupe de l'air que respire les français ???!!!
On nous prend vraiment pour des ânes !!!

Pourquoi l'article n'évoque t'il pas la pire pollution qui fut décidée conjointement par les différents gouvernements de la plupart des pays il y a de ça 20 ans... ?
Pourquoi ces fameux avions militaires qui quadrillent le ciel pratiquement tous les jours en lâchant sans complexe leurs poisons mortels sur nos têtes ne sont ils jamais évoqués et lorsqu'ils le sont, la question est elle immédiatement évincée ?

Le 20 avril 2009, sur le site du Nouvel Observateur, Corinne Lepage, ex-ministre de l'environnement, a accepté de répondre aux questions des internautes portant sur divers sujets. Un internaute a soumis la question suivante : « Que pensez-vous des traînées blanches persistantes et qui confluent, laissées par les avions : est-ce une procédure anti-réchauffement par confection d'un voile microparticulaire et sur laquelle on maintient le silence, et pour cause? », « joker ! » répondit Corinne Lepage.
 
 
dbp
27/03/2013, à 09h44 Alertez
l'air n'est plus bon, la bouffe non plus, l'eau est polluée etc......
en sommes rien ne va!!!
la faute a qui? on ne sait pas mais Il y faut : développer le covoiturage et les mobilités douces, de sensibiliser le grand public sur l’impact santé de la combustion du bois!!!! donc ne plus se chauffer car trop mauvais pour la santé!!!! la cigarette aussi est source de pollution de l'air et la cause de probleme de santé!!! pourquoi ne pas l'interdire?? a oui c vrai ca rapporte beaucoup trop pour s'en priver tout comme le petrole etc.........
on nous prends vraiment pour des idiots comme si tout cela dépendait de nous!
 
 
Phildouf
27/03/2013, à 09h42 Alertez
Bon article mais on ne peut pas ignorer les feux de cheminée en hiver qui pourrissent des quartiers entiers de Bordeaux. C'est aussi toxique que le diesel et c'est franchement inutile. Il faut se rappeler que le cancer du ramoneur est le premier cancer professionnel à avoir été identifié. Il faut aussi se rappeler que chimiquement le smog de Londres qui était du au charbon n'est pas d'une nature différente du smog de Bordeaux avec ses gentils feux de cheminée
 
 
Norbert Boutboul
27/03/2013, à 09h23 Alertez
"Il y est souvent question de développer le covoiturage et les mobilités douces, de sensibiliser le grand public sur l’impact santé de la combustion du bois"

Covoiturage :
Malheureusement, le covoiturage voit ses limites très vite atteintes. Avec la multiplication des "horaires variables", de la "flexibilité horaire", des RTT, des recups d'heures sup ... le temps où tout le monde arrivait/quittait l'usine à la même heure est révolu.

Combustion du bois :
On le sentait venir, nous y voilà... Le bois c'est renouvelable, donc c'est bien. Mais ça fait des particules. Donc c'est plus bien. Les marchands de fioul, d'électricité et de gaz voient bien le danger pour leurs recettes si les gens reportent 10, 20, 30 ou 50% de leur kilowatts de chauffage sur le bois... La taxe sur le Stere de chêne est donc pour bientot. Pauvre pays ...
 
 
Elda
27/03/2013, à 08h51 Alertez
Stop au développement de l'aéroport de Mérignac, dont la pollution nous empoisonne !
 
 
Yves CIAMPI
27/03/2013, à 08h28 Alertez
Certains sur la CUB cumulent les senteurs printanières de la rocade, des avions de Mérignac, des essais de tirs de missiles de Saint Médard.... un bon verre d'eau au perchlorate d'ammonium et il n'y paraîtra plus !
 
 
Fred707
27/03/2013, à 08h26 Alertez
je cite :"Faire brûler des feuilles mortes et des branches dans son jardin n’est pas un geste aussi anodin que l’on pourrait croire. Ce n’est pas pour rien que le brûlage des déchets verts est interdit (1)… ce que beaucoup de monde ignore encore. Un seul feu de 50 kilos de végétaux produit autant de particules qu’une voiture essence qui parcourt 8 500 kilomètres ou un pavillon chauffé pendant quatre mois et demi avec une chaudière fuel. "
Combien de particules pour un avion de chasse ? Pour un char d'assaut ? Combien de particules dégagées par les 15 centrales EDF Charbon Fioul et Gaz? Et les bruleurs d'ordures ?
Faut pas prendre les français pour des ânes aujourd'hui l'écologie rime avec économie et rien d'autre on va mettre le gazole au prix de l'essence parce que ça pollue alors que 80% des véhicules utilisent ce carburant.
Les prochaines étapes ce sera quoi? le retour de la vignette pour pour rendre les voitures "fiscalement propres" ensuite une taxe sur le chauffage au bois ? Commençons par ne plus importer de Chine ou d'Inde avant de continuer a presser le citron français avec des lois inapplicables
 

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Publié dans #citoyens d'europe

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