Sur la santé OBAMA a fini par faire la loi

Publié le 27 Décembre 2009

ÉTATS-UNIS. La prescription du président américain pour soigner un système de santé malade est sur le point de faire des miracles. Les républicains ne se laissent pas abattre

Barack Obama, le bon docteur de l'Amérique ?

D'ici à 2019, presque tous les Américains devraient bénéficier d'une couverture médicale. (Photo afp)
D'ici à 2019, presque tous les Américains devraient bénéficier d'une couverture médicale. (Photo afp)

Les laissés-pour-compte de la santé aux États-Unis bientôt soulagés ? Ils sont plus de 46 millions à attendre la réforme.

Joy est une jeune serveuse dans un café new-yorkais. Elle souffre le martyre à cause d'une rage de dents qu'elle n'a pas les moyens de faire soigner. Le dentiste lui demande 500 dollars pour extraire deux dents de sagesse. Elle se retrouvera finalement sous la pince des étudiants dentistes de l'université de Columbia. Coût de l'opération : 80 dollars. Le mari de Nancy a demandé le divorce et elle s'inquiète. « Ma couverture de santé dépend de son travail, j'ai très peur de me retrouver sans rien, à 54 ans », confie-t-elle. À 30 ans, Bria vient de terminer ses études d'anthropologie et fonderait bien une famille. Mais ses deux temps partiels ne la couvrent pas. Une grossesse coûterait au minium 9 000 dollars. « Et en cas de complications, je n'ose même pas imaginer », se désole-t-elle. À 32 ans, Kelly Cuvar souffre d'un cancer depuis l'âge de 19 ans. Quand elle finit ses études, l'assurance médicale de ses parents refuse de la prendre en charge. Sur le marché privé, une couverture lui coûterait aujourd'hui 2 600 dollars par mois. Se faire soigner aux urgences, comme le font beaucoup d'Américains non assurés, n'est pas envisageable. Sa seule option : gagner moins de 706 dollars par mois pour recevoir Medicaid, l'assurance santé gratuite destinée aux pauvres aux États-Unis. Un comble pour la jeune femme, qui voudrait rester active.

31 millions d'ici à 2019

Pour des dizaines de millions d'Américains sans assurance ou sous-assurés, le calvaire est sur le point de se terminer. Après le vote positif des démocrates à la Chambre des représentants début novembre et au Sénat cette semaine, la réforme de la santé a désormais toutes les chances d'être adoptée au début 2010. Ce grand remaniement du système de santé américain devrait offrir une solution à 31 millions de non-assurés d'ici 2019. Mais il en laissera aussi près de 20 millions sur le carreau, notamment les sans-papiers. Le texte, dont la version définitive doit encore passer le cap du Congrès, exigera que tous les Américains ou presque soient couverts, soit par leur employeur, soit grâce à des subventions étatiques. Les barrières géographiques du marché de l'assurance privée sont abolies pour créer une large bourse d'échanges nationale censée injecter plus de concurrence dans le système et donc faire baisser les prix. Toutefois, l'option d'une couverture médicale gérée par l'État a été abandonnée lors des discussions au Sénat et a peu de chances de voir le jour.

Pragmatisme

Il n'en demeure pas moins que la victoire démocrate est considérée comme un succès historique. « Il a fallu quelqu'un de la stature de Barack Obama et une majorité dans les deux chambres pour y arriver », explique Steven Leser, consultant démocrate pour les médias américains. Le président a pris garde de ne pas répéter les erreurs du passé de Bill et Hillary Clinton, qui s'étaient attaqués de front à la santé en 1993 et s'y étaient cassé les dents. « Barack Obama a demandé au Congrès de trouver le meilleur compromis possible. Cette attitude de non-intervention lui a valu beaucoup de critiques, mais, au final, nous avons un texte de loi ! » se félicite l'expert.

La formule magique de Barack Obama ? Pragmatisme, patience et vision à long terme. « L'administration savait qu'elle n'obtiendrait pas tout ce qu'elle voulait, mais l'important, pour elle, c'était de passer une législation », souligne Jonathan Oberlander, spécialiste de la santé aux États-Unis. Le président ne pouvait pas s'en passer. « Un échec aurait été un coup à sa crédibilité. »

L'opinion publique américaine va-t-elle embrasser la réforme ou lui tourner le dos ? Les Américains sont encore partagés. « Cela va coûter cher, et ils ne sont pas habitués à payer pour les autres », affirme Ellen, une ancienne infirmière. De plus, les premières mesures concrètes ne se feront sentir qu'à partir de 2013, soit après la présidentielle de 2012. Les républicains ont déjà juré de faire de cette réforme controversée et de son coût - près de 1 000 milliards de dollars sur dix ans - un des sujets de contentieux pour les prochaines élections.

Relancer l'économie sera sa vraie bataille

Plus que la santé, c'est l'économie qui déterminera le succès ou les déboires de Barack Obama en 2010. L'humeur des Américains et leur soutien au pouvoir en place dépendront des indicateurs économiques, au premier rang desquels les emplois. L'année prochaine, les démocrates au Congrès vont demander une enveloppe de 150 milliards de dollars pour remettre les chômeurs au travail. Invité sur la chaîne politique MSNBC, le révérend Jessie Jackson, ancien candidat à la présidence, a déclaré : « Nous devons avoir un plan pour les emplois comme nous en avons un pour l'Afghanistan. Car lorsque les usines ferment et que les travailleurs sont mis dehors, la drogue et la prison pointent leur nez. » Cela passera notamment par l'initiative présidentielle d'octroyer des aides aux propriétaires qui veulent préserver l'environnement et faire marcher l'économie.


Climat politique tendu   .........................

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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