Tournoi des VI Nations : la mauvaise blague de l'annulation de France-Irlande

Publié le 12 Février 2012

Auteur ARNAUD DAVID, envoyé spécial 74 commentaire(s)

Tournoi des VI Nations : la mauvaise blague de l'annulation de France-Irlande

À quelques minutes du coup d'envoi, l'arbitre Dave Pearson a décidé de reporter la rencontre, estimant que la pelouse était dangereuse. Explications sur une première calamiteuse.

La bâche est remise sur la pelouse du Stade de France après la décision de l'arbitre d'annuler la rencontre à cause du terrain gelé.

La bâche est remise sur la pelouse du Stade de France après la décision de l'arbitre d'annuler la rencontre à cause du terrain gelé. (Photo Guillaume Bonnaud)

L'histoire du Tournoi des Six Nations est riche de péripéties extra-sportives pas toujours très glorieuses. Il est arrivé à la plus vieille des compétitions européennes d'être perturbée par des événements graves, comme la guerre civile nord irlandaise (1972), ou des menaces sanitaires sérieuses, comme l'épizootie de fièvre aphteuse qui avait contraint l'Angleterre à finir l'édition 2001 à Dublin, six mois après la date prévue.

Mais de là à imaginer qu'une rencontre internationale, et pas un match de fédérale 3, puisse en 2012, être reportée à quelques minutes du coup d'envoi en raison d'une pelouse gelée, il y a un pas que personne n'aurait osé franchir à l'heure où le mot professionnalisme est en permanence accolé à celui de rugby.

 

Pourquoi un tel fiasco ?

Et bien tout est encore envisageable et le samedi 11 février 2012 restera donc dans les annales comme le jour où le rugby a fait un bond en arrière, un retour vers l'amateurisme, au sens péjoratif du terme. Mais l'on doute que ce clin d'œil fasse sourire les 79 000 et quelques spectateurs venus jusqu'à Saint-Denis, d'Irlande, de province ou de région parisienne. Eux n'auront certainement qu'une seule question en tête : comment un tel fiasco a-t-il été possible ? Car sincèrement, on a cru à une blague quand un peu avant 20 h 40, la rumeur d'une annulation du match a commencé à circuler dans les travées du Stade de France. Les joueurs français étaient restés aux vestiaires mais pas de quoi s'inquiéter. Sur la pelouse, les Irlandais étaient en train de s'échauffer comme si de rien n'était, et la fanfare se tenait sagement en retrait. Une décision allait être annoncée mais en voyant à 20 h 50, les remplaçants français monter dans la tribune d'honneur, on a pensé que le protocole aurait, au plus, quelques minutes de retard.

La suite, ce fut une montée grandissante de l'impatience et des sifflets, puis l'annonce du report du match à 21 h 10 par Christine Connolly, la responsable du comité des Six Nations, au milieu d'une énorme bronca du public. Sur la pelouse, tandis que les spectateurs quittaient l'arène après avoir entendu les regrets de Thierry Dusautoir, on releva quelques scènes plutôt sympathiques : Imanol Harinordoquy conversant avec Sean O'Brien, le flanker du Leinster, ou encore François Trinh-Duc avec Ronan O'Gara.

Restait à comprendre les raisons de cette mauvaise farce et de trouver un autre coupable que le froid… Une ébauche d'explications a été fournie par Christine Connolly et Pierre Camou un peu avant 22 heures, et un fautif désigné à l'éventuelle vindicte populaire : Dave Pearson, l'arbitre anglais de la rencontre. « M. Pearson a examiné le terrain vendredi soir et a estimé qu'il était jouable, a expliqué Madame Connolly. Il a de nouveau regardé le terrain à 19 heures. Malheureusement, ensuite le terrain s'est dégradé, il était gelé en plusieurs endroits et il a décidé que c'était dangereux. » Or, l'avis de l'arbitre est souverain. Le comité des Six Nations comme la fédération française doivent s'y plier. Même si, à voir la mine furieuse et dépitée de Pierre Camou, le choix du report et du ridicule, n'a pas été facile à avaler.

« Un optimisme béat »

« La décision appartient à l'arbitre, je ne peux pas la commenter. Je ne veux pas me laisser aller à des mots qui pourraient blesser des institutions que je respecte », a affirmé le président de la fédération, lâchant néanmoins cette pique. « Des équipes de France ont joué hier à Grenoble et à Pau, le Racing Métro a affronté Clermont qui n'est pas connu pour son micro climat. » Qui vise cette répartie ? Dave Pearson uniquement ? Ou aussi les responsables du Stade de France qui n'ont pas su préserver la pelouse ?

Sans instruire de procès, on peut tout de même avancer comme le fait remarquer Daniel Bilalian, le chef des Sports de France Télévisions, qu'à tous les étages, on a fait preuve cette semaine « d'un optimisme béat » sur les conditions dans lesquelles la rencontre allait se dérouler. Il y a des fois où l'optimisme est proche de la légèreté voire de l'inconséquence.

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Tournoi des VI Nations : fallait-il vraiment annuler la rencontre France-Irlande ?

Oui, on ne plaisante pas avec le gel

Non, tout était prêt, on n'annule pas à la dernière minute

Le vrai scandale est qu'on ait laissé geler la pelouse

 

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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