« Trahies » par leurs ex espions, elles attaquent la police britannique

Publié le 20 Décembre 2011

 

Mon nom est Bond 20/12/2011 
 

« L'Espion qui m'aimait », de Lewis Gilbert, avec Roger Moore, octobre 1977

Huit ex-amoureuses d'agents secrets ont intenté une action en justice contre les responsables de la police britannique. Motif : cœur brisé.

Traumatismes, dépression, colère, difficultés à faire confiance : ces femmes disent avoir été « délibérément trompées », rapporte le Guardian. Pas dans le sens commun mais par des hommes qui les ont utilisées « physiquement et émotionnellement » pour leur extorquer des renseignements.

Mark, agent infiltré et « heartbreaker »

Pour l'une d'entre elles, tout a commencé (et finit) dans la boîte à gants du fourgon de son amoureux, l'été dernier. Elle découvre un passeport au nom de Mark Kennedy. Problème : elle sort (croit-elle) avec Mark Stone, activiste environnemental.

Mark lui jure qu'elle est juste tombée sur une trace de son passé de trafiquant de drogue – un bout de sa couverture, en fait. Pas dupe, elle fouille dans le passé de son compagnon. Et découvre que Mark lui mentait sur ses origines et son activité : il est agent infiltré chez des manifestants écolo, depuis sept ans.

Ces opérations « détruisent des vies »

Le Guardian rapporte d'autres histoires. Celles de Jenny – les prénoms ont été modifiés – et son idylle de 18 mois avec un certain Bob Robinson, dans les années 80. Ou Laura, qui a vécu une « voluptueuse relation amoureuse » avec Jim Boyling alias Jim Sutton, de 1999 à 2000. Laura veut aujourd'hui faire passer un message : ces opérations de la police « détruisent des vies ».

En tout, cinq agents doubles sont impliqués, tous infiltrés dans des mouvements politiques, entre le milieu des années 80 et 2010. Ils ont entretenu des relations de sept mois à neuf ans. Mark Kennedy – l'homme de la boîte à gants – aurait fréquenté trois de ces dames.

« Chérie, je dois fuir la police »

Pendant que les James Bond faisaient croire au grand amour, ils cachaient parfois (vrai) conjoint et (vrais) enfants. Selon l'avocat des cœurs brisés, quatre des relations se sont terminées quand l'homme a soudainement disparu (fin des opérations oblige). Les Don Juan avançaient des excuses variées : dépression, obligation de fuir la police ou irrésistible envie de voyager.

Le Guardian rapporte la déclaration des femmes :

« C'est inacceptable que des agents d'Etat cultivent des relations intimes et longues avec des activistes politique dans le but d'obtenir des renseignements sur ces mouvements politiques. »

Les plaignantes se rapportent à deux articles de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) pour porter leurs accusations :

  • article 3 : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » ;
  • article 8 : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. »

Interdiction de coucher, rappelle la police

Au-delà de leur mauvaise expérience, les huit femmes pointent le mode opératoire des agents et la responsabilité des hiérarchies qui enseignent ces méthodes. Kennedy assure ne pas avoir évoqué sa relation à ses supérieurs. Mais que ces derniers ne pouvaient pas l'ignorer.

Ennuyés par les accusations, les responsables de la police ont mis les choses au clair : leurs agents, « sous aucune circonstances », n'ont pas le droit de coucher avec les personnes qu'ils espionnent. Des manières « extrêmement peu professionnelles », insistent-ils.

Pete Black, un ancien espion qui a infiltré des groupes antiracistes dans les années 90 affirme lui que le sexe est une technique largement utilisée. Avec un code informel : l'interdiction de tomber amoureux de la demoiselle ou de faire chavirer un cœur.

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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