Twilight 2 : pourquoi les vampires font vendre

Publié le 21 Novembre 2009

Par Zineb Dryef | Rue89

Le second volet de Twighlight, « Tentation », sort ce mercredi 18 novembre dans les salles de cinéma. Mais qu'est-ce qui attire les adolescents -et surtout les adolescentes- vers ces créatures blafardes à l'eau de rose ?


(Voir la bande annonce)

(De nos archives) Les chiffres le disent : les vampires sont en vogue. Amoureux, ils sont même très en vogue. En France, la « Saga du désir interdit » (« Twilight ») de l'Américaine Stephenie Meyer s'est vendue à plus de 2,6 millions d'exemplaires.

Succès considérable auprès des ados, cette série romanesque en 4 tomes -« Fascination », « Tentation », « Hésitation » et « Révélation“- raconte une histoire d'amour entre Bella, jeune lycéenne ordinaire et Edward, jeune lycéen vampire. Comme chacun sait, un vampire, c'est mortel mais emporté par la passion, le couple va braver tous les dangers -y compris celui du désir- sur des milliers de pages très, très sentimentales.

Toutes les ficelles du succès sont là : de l'amour, du sang et non, pas de sexe. Mais il y a mieux que du sexe, il y a ‘peut-être du sexe’ parce que les héros ne peuvent pas, ne doivent pas coucher ensemble. Ça traîne, ça se déchire, ça hésite, ça s'en va, ça revient, etc.

‘Une dissection des sentiments qui intéresse les lectrices’

Et ça marche. Les plus de 13 ans adorent. Le fantastique à l'eau de rose séduit les ados rêveurs, surtout les filles, explique Cécile Terrouanne, directrice éditoriale d'Hachette Jeunesse Roman, éditeur français du best-seller :

‘L'auteur évoque la passion avec une grande douceur, ça change du monde contemporain, plus dur. C'est un peu cette dissection des sentiments qui intéresse les lectrices.

Avec les vampires, on cherche à échapper au réel. L'univers est très original mais reste un fondement universel : l'amour. Ces romans disent ce que c'est que d'avoir quelqu'un dans le sang, comme dans Tristan et Iseult.’

Chez Hachette, on s'enthousiasme pour une nouveauté : ce sont les lectrices qui ont donné son ampleur à ce succès. Le best-seller doit, en effet, beaucoup à Internet et aux blogueurs. Plus de 400 sites de fans ont été créés, dont une centaine en France, plus de 5 000 membres se bousculent sur Facebook et on tombe sur quelques 130 millions de pages sur Google lorsque l'on tape ‘Twilight’. ‘80 millions pour Harry Potter’, crâne le dossier de presse.

Le cinéma a également boosté les ventes en librairie. En France, l'adaptation cinématographique du premier tome de ‘Twilight’ a totalisé 3 millions d'entrées. Les livres ont clairement bénéficié de ce succès puisque 1,5 millions d'exemplaires ont été achetés depuis la sortie du film en janvier. (Voir la bande annonce)

Cécile Terrouanne confirme qu'un genre est lancé. Hachette a publié le ‘Journal d'un vampire’ et ‘Nuits d'enfer au paradis’ destinés à la jeunesse :

‘Ce sont des succès. On se positionne sur ce type de récits. Je chine ce qui se fait de mieux dans le domaine.’

‘Orgueil et préjugés et zombies’ cartonne aux Etats-Unis

Les vampires ne sont pas les seules créatures à triompher en librairie. Aux Etats-Unis, ‘Pride and Prejudice and Zombies’ (‘Orgueil et préjugés et zombies’), une version trash du classique de Jane Austen, se hisse en troisième place sur la liste des best-sellers du New York Times. L'original est d'ailleurs l'un des livres préférés de Bella, la jeune fille amoureuse d'un vampire dans ‘Twilight’.

Mais que cache ce goût pour les monstres ? Dans une interview accordée au site Maisonhantée.com en 2001, Jean Marigny, professeur d'anglais et spécialiste de la mythologie du vampire faisait observer que la littérature vampirique est particulièrement riche en période de crise et de doutes :

‘La littérature vampirique a tour à tour reflété le courant xénophobe de l'avant-guerre (peur des Allemands et des Russes), l'anticommunisme de la Guerre froide, puis plus récemment, le rejet de la société de consommation et des valeurs traditionnelles, la peur du Sida, de la drogue, de la violence urbaine, de la pollution industrielle, etc (…)

Le vampire représente à la fois symboliquement la peur de la mort et le désir d'immortalité, la sexualité libérée et la peur du Sida, la domination d'autrui et la libération totale par rapport aux règles existantes.

Il incarne donc toutes nos contradictions et c'est à ce titre qu'il nous fascine.’

La sortie du deuxième volet est attendue pour le mois de novembre. En
revanche, il n'y aura pas de tome 5 de ‘Twilight’. Stephenie Meyer a décidé de
s'arrêter là, après la fuite de l'une de ses ébauches de ce fameux dernier tome sur le Net.

 

 

Article déjà publié le 23/04/2009 à 11h30.

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Source  Rue89.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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