Un endroit chauffé pour éviter les grands frimas

Publié le 16 Janvier 2010

PLAN GRAND FROID. Les capacités d'hébergement luziennes répondent entièrement aux besoins. Les sans-logis de la ville y ont pris leurs quartiers et il reste des places libres

Éric et Jean veillent sur la chienne de leur amie Isabelle, avec Michaël resté à l'écart. (photo P. P.)
Éric et Jean veillent sur la chienne de leur amie Isabelle, avec Michaël resté à l'écart. (photo P. P.)

Avenue Larréguy, les nuits sont généralement calmes. La compétence du gardien y est pour autant que les personnes accueillies sont bien connues des services sociaux. Après la première période d'ouverture du logement affecté au plan grand froid, du 15 au 22 décembre, les rangs se sont clairsemés.

« Nous avons été très émus du décès par arrêt cardiaque d'un des habitués. C'était dimanche dernier, au point accueil jour. La responsable qui est médecin et Michaël ont essayé de le réanimer en attendant le Samu, en vain. »

La directrice du centre communal d'action sociale (CCAS) évoque cette brutale disparition d'un homme de 40 ans, et le départ de son ami ailleurs. Un autre a trouvé un hébergement dans une caravane et un quatrième a trouvé un refuge forcé en maison d'arrêt. « Depuis la réouverture le 6 janvier, nous n'avons que quatre personnes le soir. Il reste donc de la place. Nous sommes parfois sollicités par le 115. L'autre jour c'était pour quelqu'un d'Hendaye qui est venu en train et qu'une voiture de police a récupéré pour l'amener sur place. »

Proches mais absentes

Parmi les hébergés réguliers, Éric, Jean et Michaël : « On est toujours tous les trois ensemble. On est copains, tout se passe très bien, quand il n'y a pas un autre qui nous ''monte le bourrin''. L'autre soir, un blanc-bec de 25 ans, bourré, a essayé de mettre le bazar. Il a failli se faire ''maquiller''. C'était à deux doigts. Nous, on se tient bien. On est pères de famille, même si on est divorcés. »

Éric vit dans la rue depuis six ans. « Cela ne me gêne pas d'être dehors. Je sais me débrouiller. Après mon divorce, je partais tout le temps en mer. C'est bien plus difficile que d'être sur le plancher des vaches... »

Il apprécie l'appartement chauffé, et le confort de la cuisine : « Sur la gazinière, ça va mieux que sur nos réchauds à gaz ! » La directrice du CCAS, Françoise Besnard, témoigne qu'entre eux, ils se cuisinent des petits plats avec la nourriture qu'ils achètent, laissant les denrées fournies à d'autres plus démunis encore. Pourtant, tous trois ne touchent que le RSA, moins de 500 euros par mois.

Les cinq frères et soeurs d'Éric habitent sur Saint-Jean-de-Luz, « mais on ne se voit pas ». Il y a quelque temps, il a néanmoins reconnu sa soeur et son compagnon : « Ils étaient contents de me voir, m'ont trouvé en bonne forme, parce que je m'entretiens. Mais aller chez eux, au 4e sans ascenseur, ça non ! »

Sa grande joie, c'est d'être atatxi depuis le 2 janvier. « Je n'ai pas encore vu la petite Solane, à cause des risques de grippe A. Mais je suis impatient ».

Veilleurs de la chienne

Son ami Jean a aussi sa famille à proximité. Les relations sont apaisées avec son ex-femme et l'un de ses fils vient régulièrement le voir. « Il dit bonjour à tout le monde, discute. C'est cool. »

Carreleur de profession, Jean est à la rue depuis un an et demi : « Pas à cause du divorce, mais plutôt toutes les galères de la vie. On m'a proposé du boulot, mais sans permis, je ne peux pas aller sur les chantiers. »

Tous deux sont au milieu de la quarantaine, un peu plus âgés apparemment que Michaël qui préfère rester à l'écart. Ils ont tous les trois une mission qui leur tient à coeur : veiller sur la chienne d'Isabelle, leur amie hospitalisée.

« Au logement d'urgence, on peut mettre la chienne dans l'entrée, au pied de l'escalier. On ne la laisserait pas dehors toute seule. C'est une princesse ! »   ...............................

 

 

...........................lire l'article sur sudouest.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article