Un mystérieux tueur en série décime depuis quelques jours les clapiers de Coulonges- sur-l'Autize (79)

Publié le 16 Décembre 2009

POITOU-CHARENTES. Un mystérieux tueur en série décime depuis quelques jours les clapiers de Coulonges- sur-l'Autize (79). Une centaine de lapins ont été tués

Mais qui veut la peau des lapins ?

Le tueur aligne systématiquement les dépouilles. (photo pqr/Ph. Bonnarme)
Le tueur aligne systématiquement les dépouilles. (photo pqr/Ph. Bonnarme)

Pour que les proches des petites victimes puissent faire leur deuil, il aurait au moins fallu que le tueur prenne la peine de les passer à la casserole. « Mais non, ce malade ne fait même pas ça pour les manger », s'indigne Henri Millet, le premier habitant du hameau à avoir prévenu les gendarmes au lendemain de l'assassinat de ses 11 lapins. Depuis la fin du mois de novembre, près d'une centaine d'autres bêtes ont ainsi été retrouvées les cervicales brisées, systématiquement et proprement alignées au pied de leurs clapiers à travers Coulonges-sur-l'Autize, ce gros village du Marais poitevin flirtant avec les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.

Déjà huit plaintes recouvrent désormais le bureau de l'adjudant-chef Couvrat, ce militaire jusqu'alors plus habitué à jouer les pacificateurs au Kosovo plutôt qu'à dresser le profil psychologique d'un insaisissable serial killer de lapins. « Et l'on s'est depuis aperçu que les « crimes » ont débuté au printemps, sauf que les gens ne nous en avaient pas parlé, par peur du ridicule sans doute. » Très vite, pourtant, les enquêteurs balaient l'hypothèse canine. « Un chien intelligent, qui sait ouvrir les clapiers, ça n'existe que dans les cirques. D'autant que les animaux ne sont pas égorgés mais bien méthodiquement occis. Jusqu'à 27 en une seule fois dans la nuit du 8 au 9 décembre, il faut être un rural pour savoir faire ça. »

Mais si l'affaire permettait, hier, d'enchaîner les conversations autant que les tournées de vin chaud d'un bout à l'autre du zinc du Café des Sports, elle commence aussi à semer le trouble dans l'esprit des villageois. « Que les poulets courent après un tueur de lapins, ça nous fait bien rigoler, mais les rumeurs se multiplient, bientôt on va nous parler d'éléphants assassinés », confirme le cafetier Éric Neau. « Ce matin, j'ai plaisanté avec un jeune client en lui disant qu'une patte de lapin dépassait de la gueule de son pit-bull... Deux heures plus tard, toute la place du marché était persuadée que c'était vrai. Chacun cherche maintenant à savoir qui est le tueur. »

Rumeurs et sorcellerie

Soulignant que la monstruosité de son mode opératoire va crescendo, certains redoutent alors que l'assassin des clapiers ne soit bientôt tenté de pousser la porte des maisons dès la nuit tombée. Outre une lapine éventrée puis vidée de ses petits, les gendarmes reconnaissent ainsi qu'un enfant a retrouvé son lapin de compagnie décapité sur le chemin de l'école. Sans qu'aucun suspect ne soit, pour l'heure, envisagé, l'adjudant-chef Couvrat ne cache pas d'ailleurs le profil psychologique inquiétant de l'auteur. « Ce type a deux câbles qui se sont touchés, c'est sûr. Il n'a jamais volé aucun lapin. C'est juste un prédateur sadique et pervers qui travaille à la chaîne. Le problème, c'est que personne ne semble l'avoir aperçu. Ou bien alors les gens ont peur de parler. »

Peu ou pas d'indices donc, mais la quasi-certitude que cet adepte du coup du lapin frappera à nouveau. « Son mode opératoire est une véritable signature, probablement un fou en quête de reconnaissance », espèrent désormais des enquêteurs qui ont appris hier l'envoi exceptionnel de renforts. Car, au-delà du terrible serial killer de chiens et de chats qui avait ensanglanté la Corrèze au début des années 2000, les annales de la criminalité contemporaine ne recensent qu'un seul autre « génocide » de lapins sur le territoire français. Près de la frontière allemande, où les gendarmes avaient alors mis plus d'un an avant de confondre l'odieux lapinophobe.

Tout en multipliant les planques et les patrouilles nocturnes, les militaires ont seulement, à l'heure actuelle, écarté la piste d'une vengeance. « Même s'il sait où se trouvent des clapiers parfois bien dissimulés, le tueur semble agir à l'aveugle, en rentrant au hasard chez des victimes qui n'ont aucun lien entre elles. Mais bon, il va peut-être falloir que l'on exhume les affaires de sorcellerie d'il y a cinquante ans. » Parfaitement conscient que les scénaristes hollywoodiens des « Experts » ne tarderont plus avant de racheter les droits de l'histoire, l'adjudant-chef refuse encore, malgré tout, de faire appel aux spécialistes de la police technique et scientifique. « D'abord, cela coûte cher, et puis les fortes pluies de ces derniers jours ont hélas lessivé les scènes de crime. Sans compter que le coupable n'est pas forcément dans nos fichiers. »

On remplit les congélos  .....................

 

.........................lire la suite de l'article sur sudouest.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article