Une liste de médicaments pour rétablir la confiance

Publié le 28 Janvier 2011

Source sudouest.fr  Par Hélène Rouquette-Valeins 0 commentaire(s)

Une liste pour rétablir la confiance

Surveillance ne signifie pas forcément retrait. Un professeur de pharmacologie décrypte l'opération de dédramatisation du ministère de la Santé.

 La mise sous surveillance par l'Afssaps d'un médicament n'implique pas forcément son inefficacité. Ci-dessus, certains des produits listés par l'agence. Photo Stéphane Lartigue

La mise sous surveillance par l'Afssaps d'un médicament n'implique pas forcément son inefficacité. Ci-dessus, certains des produits listés par l'agence. Photo Stéphane Lartigue

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La liste est sur le site de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Et c'est Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, qui en a demandé la publication au nom de la transparence. Reste que la lecture des 59 médicaments « sous surveillance » peut provoquer la panique chez certains patients, sans pour autant résoudre la question de fond posée par l'affaire du Mediator.

Sur cette liste (voir ci-contre), on trouve des produits qui font l'objet d'une vigilance accrue de l'Afssaps pour des raisons différentes. Ce sont parfois des médicaments vendus sans ordonnance pour lutter contre l'obésité, comme Alli du labo- ratoire anglo-américain Glaxo SmithKline ou Acomplia de Sanofi-Aventis (que l'on peut obtenir sur ordonnance mais qui a été retiré du marché en novembre 2008). Ce sont parfois aussi des médicaments très nouveaux, dont on n'a pas pu encore évaluer l'efficacité réelle ou la balance bénéfices-risques. On trouve aussi le cas de molécules réservées à des affections graves et qui présentent un intérêt thérapeutique démontré, comme le Zyphadera (laboratoires Lilly), un antipsychotique délivré aux patients adultes schizophrènes, ou le Kalinox (Air liquide santé France), réservé aux professionnels, indiqué comme antidouleur chez le dentiste ou aux urgences.

Pas toujours un retrait

« Cette surveillance, explique l'Afssaps, fait partie des plans de gestion de risques. » Il s'agit des protocoles mis en place en 2005 qui visent au renforcement de la surveillance après l'autorisation de mise sur le marché (AMM). Et, assure Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l'université de Bordeaux et directeur de l'unité de recherche Inserm U657 (1), « la mise sous surveillance n'est pas forcément l'antichambre du retrait. Ce n'est pas l'instruction avant l'échafaud ».

Quand la pilule anti-obésité Alli a été lancée en mai 2009, la polémique s'est très vite enclenchée, avec les réticences des pharmaciens et des autorités de santé. Le docteur Blandine Gatta, endocrinologue au CHU de Bordeaux, faisait remarquer à l'époque (2) que « l'obésité est une maladie chronique qui doit être prise en charge de façon multidisciplinaire par une équipe identifiée. Elle nécessite une prise en charge à long terme et une surveillance ». Il semble que la consommation de cette pilule se soit dans certains cas traduite par des dérangements intestinaux plus ou moins intempestifs. L'Acomplia, en revanche, délivré sur ordonnance, a provoqué des dégâts plus graves, en particulier des dépressions et des suicides et son AMM a été suspendue.

Une de ses victimes, Jean-Pierre Rapeau, retraité à Cadaujac près de Bordeaux, raconte : « J'ai perdu 14 kilos en dix jours. J'étais devenu suicidaire. Je me suis retrouvé à l'hôpital. Et maintenant, je marche avec des cannes. » Après avoir tenté, en vain, de faire réagir Roselyne Bachelot en 2007, il essaie désormais de lancer une association et demande à tous ceux qui sont concernés de le contacter (3).

« Retrouver la confiance »

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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