Barroso crée un tollé sur l'exception culturelle à la française

Publié le 18 Juin 2013

Barroso crée un tollé sur l'exception culturelle à la française

barroso crée un tollé sur l'exception culturelle à la française © reuters - 2013

PARIS/ENNISKILLEN, Irlande (Reuters) - Le président de la Commission européenne a provoqué lundi un tollé en qualifiant de "complètement réactionnaire", la volonté de Paris d'exclure la culture des négociations de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis.

"Cela s'inscrit dans le cadre d'une vision antimondialisation que je considère complètement réactionnaire", a dit José Manuel Barroso dans une interview publiée lundi par l'International Herald Tribune.

"Certains se disent de gauche mais en réalité, ils sont culturellement extrêmement réactionnaires", a-t-il ajouté sans toutefois explicitement viser le gouvernement français.

Après de longues négociations, les ministres européens du Commerce ont accepté vendredi l'exigence française d'exclure, au moins dans un premier temps, le cinéma, la télévision, internet et les contenus numériques des discussions qui doivent s'ouvrir en juillet avec les Etats-Unis.

José Manuel Barroso a ensuite minimisé la portée de ses propos après de nombreuses protestations.

"La Commission européenne n'a jamais proposé l'idée de remettre en question la diversité culturelle" a-t-il dit à son arrivée au G8 en Irlande du Nord. "Je crois que les biens culturels ne sont pas exactement comme les autres marchandises."

Interrogé à son arrivée au sommet des pays les plus industrialisés de la planète, François Hollande n'a pas souhaité alimenter la polémique.

"Je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés", a déclaré le président français.

"L'exception culturelle, c'est un principe qui a toujours été évoqué et à chaque fois écarté des négociations commerciales", a ajouté le chef de l'Etat, pour qui ses partenaires européens ont accepté le principe d'écarter l'industrie audiovisuelle des négociations.

"Ce que je demande au président Barroso c'est maintenant de mettre en œuvre le mandat qui a été décidé par les négociateurs au niveau des gouvernements", a-t-il poursuivi.

"LÉGITIMITÉ DÉMOCRATIQUE"

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a quant à elle qualifié d'"inacceptables" les propos de José Manuel Barroso.

"Le président de la Commission européenne n'avait pas à dénigrer ainsi une position qui n'est pas une position isolée mais qui est la voix de la démocratie en Europe", a-t-elle dit sur BFM TV, soulignant que la France avait le soutien du Parlement européen et de l'unanimité de l'Assemblée nationale.

La ministre au Commerce extérieur Nicole Bricq a appelé à l'union face aux Etats-Unis dont les négociateurs "sont redoutables".

"Nous savons que la négociation sera longue et difficile et je doute qu'on conclue cette affaire en deux ans (...) donc la Commission le sait ce n'est pas utile de forcer le train", a-t-elle dit à la presse.

"Nous savons que nous avons beaucoup de sujets à régler mais en tous cas nous n'avons pas a discuter de l'exception culturelle, elle est sortie du mandat", a-t-elle ajouté.

Toutefois, si ce sujet devait être débattu de nouveau, "ce serait la même règle, c'est à dire l'unanimité et la France dirait encore une fois non."

Mais le doute demeure sur la volonté de certains pays européens d'inclure in fine l'audiovisuel dans les négociations.

Le commissaire européen au Commerce, qui représentera l'UE dans ces négociations, a insisté dimanche sur le fait que l'audiovisuel n'était exclu que "provisoirement" des discussions.

"Si (les Américains) veulent une discussion sur l'audiovisuel, on aura cette discussion", a dit le libéral Karel De Gucht, invité de l'émission "Internationales" diffusée par RFI, TV5 et Le Monde.

Pool G8, avec Bertrand Boucey et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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