Bordeaux : une dame donne à manger aux pigeons, les commerçants craquent

Publié le 12 Juin 2013

Publié le 12/06/2013 à 06h00 | Mise à jour : 12/06/2013 à 07h19
Auteur Isabelle Castéra , pour sudouest.fr

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La place Fernand-Lafargue abrite une colonie de pigeons nourris par une vieille dame. Les commerçants du quartier craquent. Les services d’hygiène municipaux aussi

Evidemment, on est tenté d’en rigoler. Surtout lorsque Joël Paillé montre sa cicatrice au front, écopé suite à un coup de poêlon porté par une vieille dame de 75 ans, difficile de se retenir. Pourtant cette histoire commence à miner le quartier de la place Fernand-Lafargue. Dans le rôle de la vieille dame au poêlon, Monique. Elle vit sur la place et chaque matin, elle sort de son appartement pour nourrir les pigeons au grain, provoquant une inflation de volatiles, jusqu’à 500 bestioles en même temps.

Dans le rôle du blessé, Joël Paillé, employé municipal, responsable hygiène à la Ville de Bordeaux. Elle lui a sauté dessus un matin, où avec son équipe, il tentait en vain de capturer les pigeons au filet. Le coup de poêlon arrivant après un chahut pas possible qu’elle fit depuis sa fenêtre avec sa batterie de casseroles. Bruit destiné à faire fuir ses oiseaux chéris.

Réunion de crise

Hier matin, place Lafargue, l’association des commerçants Village Saint-James avait convoqué les services d’hygiène. Monique guignait la scène derrière sa fenêtre. Ce jour-là, elle ne descendra pas, exceptionnellement.

« Elle distribue des dizaines de kilos de grains qu’elle trimballe avec un chariot dans tout le quartier, mais surtout sur la place, précise Serge Salanova. Les grains ont provoqué plusieurs chutes sur la place, mais surtout il y a des fientes partout. » Rabah Maouch, le glacier Zazou de la place, ajoute : « Mon store est noir de déjections. Mes clients en terrasses se plaignent, ils en reçoivent sur la tête. La mairie a refait la place, mais regardez, c’est sale. »

Les employés des services d’hygiène acquiescent. « Nous voilà, constate Joël Paillé, sur le site à Bordeaux où il y a le plus de pigeons. Jusqu’à 500 tous les jours. Normal. Ils sont bien nourris. La dernière capture m’a valu quatre points de suture et 140 pigeons. Sans son intervention nous en aurions attrapé 300. »

Des seaux d’eau

L’équipe municipale est venue accompagner par la police, la vieille dame leur a lancé des seaux d’eau depuis sa fenêtre. « Ils ne pouvaient pas l’enfermer dans leur fourgon, pendant la capture des pigeons, ils auraient été accusés de séquestration », objective un riverain. Danielle, couturière rue des Ayres, brandit l’avis de classement d’une plainte déposée il y a deux ans, suite à une agression de Monique. « Je voulais faire partir les pigeons, elle m’a empêchée en me sautant dessus et m’arrachant une poignée de cheveux », déplore-t-elle.

Cheveux que s’arrache tout seul Jean-Louis David, adjoint à la proximité : « L’histoire la plus rocambolesque de tout mon mandat. Depuis des années, les riverains interpellent la mairie, elle fait preuve de génie pour faire fuir les pigeons lorsque nous intervenons. On n’a aucune marge de manœuvre, malgré plusieurs dépôts de plainte. La prolifération de pigeons en ville est une véritable plaie, nous arrivons à réguler la situation partout. Sauf là. »

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Si si, ils étaient là avant les pigeons, puisque descendants des dinosaures.. Ah ces humains, toujours à se croire plus légitimes sur Terre que les autres espèces... Moi le matin je nourris une vingtaine de pigeons, une dizaine de moineaux, quelques étourneaux, deux pie et deux corbeaux. Et rien dans ma journée ne vaut ce moment-là, RIEN! (et je suis pas malheureux, n'allez pas croire que j'ai que ça dans ma vie)

Rédigé par jeanfrisousteroverblog

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