En Egypte, Morsi retenu par l'armée après avoir été renversé

Publié le 4 Juillet 2013

Auteur Le Monde.fr | 04.07.2013 à 06h47 • Mis à jour le 04.07.2013 à 07h16

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L'étau se resserre sur Mohamed Morsi et ses proches. Le président égyptien, renversé par les militaires au cours de la journée de mercredi, a été transféré jeudi 4 juillet à l'aube au ministère de la défense, où il est détenu seul et "de façon préventive", selon un responsable de l'armée. Son équipe, elle, se trouve toujours dans un bâtiment de la garde républicaine.

Lire : Le jour où Mohamed Morsi a été destitué

D'après le quotidien Al-Ahram, 300 mandats d'arrêt ont été lancés contre des membres des Frères musulmans, le mouvement dont est issu le dirigeant déchu. Des responsables politiques de l'organisation, dont Saad El-Katatni, le chef du Parti liberté et justice (PLJ), et l'adjoint du guide suprême, Rached Bayoumi, ont d'ores et déjà été interpellés.

Les autorités militaires ont également fait fermer trois chaînes de télévision favorables à Mohamed Morsi, dont Egypt25, la chaîne officielle des Frères musulmans. Selon l'agence MENA, les directeurs de cette dernière ont été arrêtés peu après l'annonce de la destitution. Les forces de sécurité ont également fait irruption au siège de l'antenne égyptienne d'Al-Jazira, dont cinq journalistes ont été emmenés. Quatre d'entre eux ont ensuite été libérés.

INQUIÉTUDES À L'ÉTRANGER

L'armée, après avoir suspendu la Constitution, a nommé le président du Conseil constitutionnel, Adly Mansour, à la tête du pays. Ce dernier, un juge passé par l'ENA, prêtera serment jeudi, mais la transition s'annonce délicate. La communauté internationale, d'ailleurs, n'a pas dissimulé son inquiétude, le président américain Barack Obama appelant à réviser l'importante aide militaire à l'Egypte, et l'Union européenne réclamant une nouvelle présidentielle rapidement.

Lire : Adly Mansour, un juge méconnu à la tête de l'Egypte et "Barack Obama "profondément inquiet" par le coup d'Etat en Egypte"

Les consultations pour la formation du prochain gouvernement – qui regroupera "toutes les forces nationales" et sera "doté des pleins pouvoirs" selon l'armée – ont débuté, a annoncé l'opposant Amr Moussa.

L'armée a promis qu'elle "resterait éloignée de la politique" par la voix de son chef, Abdel Fattah Al-Sissi. Le général, nouvel homme fort du pays, a détaillé, avec les chefs religieux chrétiens et musulmans du pays et le représentant de l'opposition Mohamed El-Baradei, une "feuille de route" qui, selon ce dernier, "répond aux revendications du peuple".

Lire l'analyse : L'armée, colonne vertébrale de la nation égyptienne

L'armée, qui avait pris les rênes de l'exécutif durant seize mois entre la chute d'Hosni Moubarak et l'élection de M. Morsi, n'a pas précisé la durée de la transition avant des élections générales. Après les violences qui ont émaillé les rassemblements organisés depuis le 26 juin, qui ont fait 47 morts, le ministère de l'intérieur a averti qu'il répondrait "fermement" aux troubles et des blindés ont été déployés au Caire, bloquant les voies menant aux rassemblements pro-Morsi.

Des partisans de l'ancien président ont attaqué des bâtiments de la sécurité dans le nord du pays. Sept d'entre eux ont péri dans des heurts avec les forces de l'ordre à Marsa Matrouh et Alexandrie, sur la côte méditerranéenne. Trois opposants au président ont par ailleurs été tués lors d'affrontements à Al-Minya, dans le Centre.

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Rédigé par jeanfrisousteroverblog

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