Femen jugée en Tunisie pour avoir manifesté seins nus : Pauline a étudié à Bordeaux

Publié le 12 Juin 2013

Publié le 12/06/2013 à 07h05 | Mise à jour : 12/06/2013 à 14h31
Auteur Aude Courtin , pou sudouest.fr

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La jeune femme de 26 ans, emprisonnée depuis deux semaines, doit être jugée ce mercredi. Le jugement est attendu dans la journée

Au téléphone, la voix du père est fébrile. "Le procès est demain (aujourd'hui, ndlr)". Daniel et Danielle Hillier attendent avec impatience "de retrouver [leur] fille, le plus vite possible". Après le report du procès la semaine dernière, Pauline, 26 ans doit être jugée ce mercredi à Tunis (voir encadré en bas d'article).

Avec deux autres militantes Femen, la jeune femme originaire de Vendée et qui a fait ses études en art et spectacle à Bordeaux, doit répondre de "débauche" pour avoir manifesté seins nus le 29 mai à Tunis en soutien à la militante tunisienne Amina Sbouï. Une action pour laquelle, la jeune femme et ses deux camarades risquent six mois de prison ferme.

Au moment de son arrestation, ses parents, qui habitent La Roche-sur-Yon (Vendée) ignoraient que Pauline était en Tunisie. "C’est sa sœur qui l’a vue aux infos, à la télé", explique sa mère, ancienne élue socialiste, à Ouest-France. Danielle Hillier dit comprendre que leur action ait "pu provoquer un choc visuel violent dans un pays arabo-musulman. Je ne sais pas si elles l'ont bien analysé".

Les coups d'éclat, c'est la marque de fabrique des Femen. Né en 2008 en Ukraine, le mouvement féministe est arrivé en France il y un an et revendiquerait aujourd'hui une cinquantaine de membres dans l'Hexagone selon Le Monde. "Femen n'est pas un girl's band qui chercherait à plaire au plus grand nombre. Nous réagissons en fonction de l'actualité", expliquait Pauline mi-février au Monde.

Si elle est présentée par le quotidien du soir comme faisant partie "du noyau dur du mouvement", son adhésion au mouvement est récente. Pauline a rejoint les Femen après les violents incidents survenus le 18 novembre 2012 avec les extrêmes-droites de Civitas. Depuis, elle a participé à plusieurs opérations marquantes des Femen, détaille l'organisation sur sa page Facebook, dont notamment l'action à Notre-Dame-de-Paris pour "fêter" la démission du pape.

Avant les Femen, Pauline était déjà une jeune femme militante. "Au moment des dernières élections" selon son père, elle avait pris sa carte au parti socialiste à Bordeaux. Elle s'était inscrite également au comité de soutien de Michèle Delaunay lors des dernières législatives.

A l'hiver dernier, après "4-5 ans passés à Bordeaux" selon son père, Pauline a rejoint Paris. Aujourd'hui, ses parents n'ont pour seuls contacts l'ambassade de France en Tunisie et le Consulat. En attendant le jugement.

L'audience a débuté ce mercredi vers 11h30 par un interrogatoire des trois accusées. "Je suis venue le 28 mai pour faire une manifestation politique et soutenir Amina (Sbouï, une militante tunisienne de Femen emprisonnée, ndlr). On s'est mis d'accord via Internet et nous sommes venues de Paris", a expliqué Josephine Markmann, la militante allemande, vêtue comme le veut une coutume du safsari, le voile clair tunisien et qui la recouvre de la tête au pied.

"Dévoiler nos seins n'est pas pour créer une excitation sexuelle mais il s'agit d'une forme de militantisme", a déclaré pour sa part la française Marguerite Stern.

Selon les avocats des jeunes femmes, le juge doit aussi entendre puis examiner mercredi la demande de constitution de partie civile de 14 associations islamiques. "S'il l'accepte, c'est probable que l'audience sera reportée pour les procédures de constitution de partie civile. S'il refuse, la défense devrait être entendue", a expliqué maître Souheib Bahri.

Le jugement est attendu dans la journée, mais aucune heure précise n'a été annoncée.

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