Fermeture de la télé publique grecque : "Digne d'une République bananière"

Publié le 12 Juin 2013

Publié le 12/06/2013 à 13h11 | Mise à jour : 12/06/2013 à 14h07
Auteur Sudouest.fr

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Fermeture de la télé publique grecque : "Digne d'une République bananière"

"Un coup de poignard", "Un coup d'état financier"... : la fermeture autoritaire de la télé publique grecque a provoqué de multiples réactions

La fermeture brutale et immédiate mardi, par le gouvernement grec, des chaines de la télévision et de la radio publique ERT a provoqué une véritable onde de choc. Notamment en France où l'on pointe du doigt, tout particulièrement, la pression des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce. Lesquels sont à l'origine de cette décision.

  • "Un symbole tragique"

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti a indiqué ce mercredi: "C'est un symbole tragique que de voir un écran noir sur la télévision publique". "Jamais la France n'acceptera sans une profonde amertume de voir qu'au sein même de l'Union européenne certains en arrivent à des extrémités pareilles", a-t-elle ajouté. "C'est une décision absolument préoccupante, souligne-t-elle, il ne faut pas que l'austérité à laquelle la Grèce est soumise depuis plusieurs mois rime avec un abandon du pluralisme".

  • "Un symbole foudroyant"

Marine Le Pen, présidente du FN: "L'écran noir de la télévision publique grecque, fermée sans ménagement par le gouvernement pour répondre aux exigences de la Troïka européenne, est un symbole foudroyant de la brutalité des politiques d'austérité conduites au nom de l'euro. Avec cet écran noir, les opinions publiques européennes prennent subitement conscience de la folie des politiques ultralibérales infligées aux peuples du continent (...) En France, il n'y a pas encore d'écran noir, mais la même dictature de l'euro et des banques est aux manettes, cachée derrière deux sigles interchangeables PS et UMP."

  • "Un coup de poignard"

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF: "Un coup de poignard. (...) Ces mesures d'austérité qui interviennent quelques jours après que le premier ministre ait affirmé avoir corrigé les erreurs du FMI sont de fait une atteinte en règle au pluralisme et à la démocratie. Cette décision est d'une gravité extrême et montre avec quels autoritarisme et déni démocratique l'austérité s'abat sur le peuple grec. A Paris, ils appellent au rassemblement annoncé par nos amis grecs devant l'ambassade de Grèce à Paris, ce soir à 18h30".

  • "Même les colonels n'avaient pas osé"

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du parti de gauche: "Même les colonels n'avaient pas osé fermer la télé! La servilité médiatique est mal récompensée. Payer une TV pour répéter ce que la troïka a déjà dit est une dépense inutile. De même: à quoi servent les gouvernements et les parlements?"

  • "Un acte de censure"

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : "Il s'agit d'un acte de censure, d'une atteinte à la liberté d'expression, à la démocratie, mais aussi d'un brutal licenciement collectif de plus de 2600 travailleurs.(...) Le NPA dénonce ce coup de force et exprime sa pleine et entière solidarité avec les travailleurs de l'ERT et avec le peuple grec. Il soutient le rassemblement de solidarité qui aura lieu aujourd'hui à 18h30 devant l'Ambassade Grecque à Paris".

  • "Un coup d'état financier"

Le Parti de gauche (PG) : "L'austérité sert à justifier l'atteinte à la liberté d'information et d'opinion. Elle asphyxie la démocratie. On savait que les coups d'état militaires débutent par un contrôle des médias, on saura désormais que les coups d'état financiers se singularisent par leur fermeture. Aujourd'hui rien ne peut assurer que dans ces pays, la dictature financière ne se traduira pas à l'avenir par des coups d'état militaire."

  • "Une image digne d'une République bananière"

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République: "Les peuples européens retiendront cette image digne d'une République bananière en plein coup d'État. La Grèce est devenue hier le premier pays d'Europe sans télévision publique. Du jour au lendemain 2.950 employés se réveillent sans emploi. La Troïka, après avoir presque tout retiré au peuple grec, a maintenant sacrifié son audiovisuel sur l'autel de l'austérité (...) L'Union européenne est en train de ramener doucement mais surement la Grèce à l'âge de pierre. Cette entreprise de destruction a déjà couté des milliards aux contribuables européens et n'a apporté que ruines et malheurs à nos amis grecs".


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les yeux ouverts, pour info, on a supprimé 26000 emplois dans les services fiscaux entre 2002 et 2013. Ce n'est pas pour rien.
Ce qui n'était pas prévu, c'est que des "fouille merde" de journalistes feraient leur boulot. Bad Luck.

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