Jérôme Cahuzac trouve refuge dans le Gers : un hôte qui dérange

Publié le 12 Juin 2013

Publié le 12/06/2013 à 06h00 | Mise à jour : 12/06/2013 à 09h02
Auteurs Blandine Philippon et Gaëlle Richard , pour sudouest.fr

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Les élus oscillent entre mutisme et ironie sur le refuge gersois de Jérôme Cahuzac à Marsan

Ils ne peuvent plus dire qu’ils ne savaient pas. Les élus gersois disent avoir découvert, dans « Le Monde Mag » (article payant) de ce week-end et dans « Sud Ouest » hier, que l’ex-ministre du Budget, Jérôme Cahuzac avait trouvé refuge au château du sénateur Aymeri de Montesquiou, à Marsan.

Dans nos colonnes, hier, le sénateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), et vice-président de la commission des Finances, expliquait que, pour lui, « lorsqu’un ami est dans la détresse, le droit d’asile est sacré », déconnectant ainsi son hospitalité de tout calcul politique pour placer le curseur sur une échelle exclusivement humaine.

Sur ce point, personne ne trouve à redire. En revanche, si certains élus se refusent à commenter cet hébergement amical, d’autres y voient « l’illustration du système politique français », d’après les mots de Robert Frairet, conseiller général du canton de Vic-Fezensac (PRG).

Philippe Martin, président du Conseil général du Gers (PS), ne souhaite pas réagir sur le fait qu’Aymeri de Montesquiou, conseiller général du canton de Gimont, ait hébergé Jérôme Cahuzac. « C’est leur problème » dit-il laconique. Un poil taquin, il rajoute cependant : « S’il pratique le droit d’asile pour ceux qui sont en détresse, j’ai une longue liste de personnes qui n’ont pas de travail ou pas de logement à lui donner. Si l’on applique plus globalement ce principe de droit d’asile, il va falloir qu’il agrandisse son château ! »

À droite, Michel Gabas (Radical Valoisien), conseiller général du canton d’Eauze, estime que cette amitié représente la preuve « d’une république des castes et des réseaux » à laquelle, dit-il, « je me suis heurté depuis mon entrée en politique en 2008 ». Il poursuit : « La classe politique est un jeu de réseaux dans lequel il est très compliqué de faire vivre la démocratie pour un simple citoyen qui se lance en politique comme moi. »

Sur le plan humain, il précise toutefois : « Je peux parfaitement comprendre que l’on ouvre la porte à un ami en détresse, ce n’est pas cela qui me choque. »

Gérard Dubrac, (UMP), estime lui aussi que « Aymeri de Montesquiou a le droit d’avoir les amis qu’il a. Il reçoit qui il veut chez lui, c’est un non-événement. S’il avait reçu M. Cahuzac dans sa mairie, j’aurais été heurté mais ce n’est pas le cas. Je serais beaucoup plus intéressé de connaître le nombre des membres de la famille de certains élus du Conseil général du Gers qui ont été embauchés au Département. » Robert Frairet, conseiller général de Vic-Fezensac, ne mâche pas ses mots comme à son habitude. « Nous assistons là au corporatisme parisianiste des grands élus de la République, dit-il, qui ont des liens que l’on ne soupçonne pas. Nous sommes bien au-delà des appartenances politiques. Il ne faut pas s’étonner ensuite que le bas peuple soit choqué quand, au niveau supérieur, il se passe des choses qu’on ne comprend pas toujours. » Avec la gouaille du Gascon, il ajoute : « Cette classe politique est une véritable quincaillerie, tellement ils ont tous des casseroles, à droite comme à gauche. »

Franck Montaugé, maire d’Auch et conseiller général du canton Auch Sud-Ouest, ne « souhaite pas faire de commentaire ».

Même discours du côté de Raymond Vall, l’autre sénateur du Gers (Parti radical de gauche), même si ce dernier admet que la réaction d’hospitalité est « compréhensible lorsqu’un ami se trouve en difficulté ».

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