Mariage gay refusé à Arcangues (64) : Guy et Jean-Michel iront jusqu'au bout

Publié le 11 Juin 2013

Publié le 11/06/2013 à 06h00 | Mise à jour : 11/06/2013 à 07h38
Auteursr Thomas Villepreux, avec N. Rebière et O. Bonnefon , pour sudouest.fr

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Un village dans l’embarras et des réactions à la pelle, suite au refus du maire de marier Guy et Jean-Michel.

Arcangues vit au rythme de ses fêtes depuis vendredi. Mais pas seulement. Ici, l’événement majeur reste cette union rejetée par le maire Jean-Michel Colo (divers droite) et ses adjoints. Une bague au doigt souhaitée par deux hommes, mais contestée par un premier magistrat qualifiant d’« illégitime » la loi sur le mariage pour tous.

Le sujet s’est invité devant le fronton, près des manèges et du cimetière, sur les terrasses, bref, dans chaque recoin d’Arcangues, village rendu célèbre par Luis Mariano… Ce prince de l’opérette qui chantait haut et fort, mais taisait son homosexualité. Préférant faire vœu de fidélité que de silence, Jean-Michel Martin et Guy Martineau-Espel ont ainsi provoqué le retentissement médiatique de la semaine.

75 000 euros

D’autant que la position de Jean-Michel Colo et des élus ne les empêchera pas d’aller « au bout de [leur] démarche ». « Nous n’attendons plus qu’un de nos deux extraits de naissance pour adresser notre demande officielle, avant de saisir la justice », annonçait Jean-Michel Martin, lundi après-midi. Depuis leur coup de gueule et une tentative de concertation, ils espéraient un retournement de situation. Mais rien. Pas l’ombre d’un élu prêt à les unir.

À Arcangues, on disserte plus volontiers du tournoi de pelote... Et pendant ce temps, le maire reste ferme, malgré une peine encourue de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Selon un communiqué de la préfecture, tel est, en effet, le risque en cas de « discrimination commise par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions, lorsqu’elle consiste à refuser le bénéfice d’un droit accordé par la loi ».

Mais à neuf mois du terme de son dernier mandat, et après 30 ans à la tête de la mairie, Jean-Michel Colo ne lâche rien. « Ce midi, j’étais là quand le maire a profité de la fête (attablé, devant des dizaines de convives NDLR) pour redire son obstination, indique un Arcanguais. Je connais bien la bestiole. Il est autoritaire. Et personne n’ose le contredire au sein de son conseil. À Arcangues, certains touristes opposés au mariage pour tous pourraient être séduits à l’idée de visiter ce village de résistants. Et d’autres, favorables à la loi, risquent d’annuler leur venue. »

Ce local de l’étape ne croit pas si bien dire. Car des clients veulent déjà annuler leur contrat au château d’Arcangues (qui accueille des réceptions), destinataire d’e-mails éloquents même s’il n’y est pour rien : « Votre maire […] fait une publicité horrible pour votre commune. Sachez que ma famille ne viendra pas y dépenser ses euros pendant les vacances, à moins que les lois de la République y soient respectées », écrit Sophie Vanhecke, depuis Gembloux, en Belgique.

Lundi, notons que la mairie était « exceptionnellement » fermée. Si certains y voient une fuite des élus, d’autres temporisent : « Ce doit être à cause des fêtes… » « À moins qu’il ne s’agisse de la journée du maire », plaisante un agent d’entretien. Pas vraiment, en fait. Car Jean-Michel Colo est de plus en plus de critiqué. Y compris depuis l’UMP, malgré la discrétion de ses instances départementales sur le sujet.

L’UMP pas si discrète

Ainsi le délégué à la 2e circonscription - et ancien adversaire de François Bayrou -, Éric Saubatte : « Je ne cautionne pas la décision du maire. Que l’on soit ou non en accord avec son contenu, le refus d’appliquer une loi votée par le Parlement est contraire à l’esprit républicain ». L’UDI 64 condamne également la décision de Jean-Michel Colo, qui « s’est mis hors la loi ».

Une réaction comparable à celle des députées socialistes Sylviane Alaux (6e circonscription) et Colette Capdevielle (5e circonscription), qui ajoutent le mot « scandale » à leurs propos. Et tandis que les élus d’Arcangues essuient les foudres de la gauche et de l’État, ils reçoivent la bénédiction de l’évêque de Bayonne, Oloron et Lescar. Via Twitter, Mgr Marc Aillet salue « le courage des élus qui revendiquent le droit à l’objection de conscience », prenant l’exemple d’Arcangues.

Pas de quoi entamer la détermination de Jean-Michel Martin et Guy Martineau-Espel… Ni la quiétude du village.

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jeanpierrecanot
11/06/2013, à 14h23 Alertez Le mâle c'est bien celui qui a la chemise bleue?

Mais non puisque cette chemise il l'a eue pour la fête des mères !

C'est mieux que d'avoir ses blagues dans un carambar.

Rédigé par jeanfrisousteroverblog

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