Modération: une journaliste menacée de viol fait plier Twitter

Publié le 30 Juillet 2013

Il ne s'agit pas de résultats définitifs mais d'une tendance communiquée à la presse par le colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre malien de l'Administration territoriale. Mardi après-midi, les autorités étaient «au tiers du dépouillement de l'ensemble» des bulletins du vote, précise-t-il. «Les écarts sont importants», et s'ils sont confirmés, «il n'y aura pas de deuxième tour», selon M. Coulibaly. «Au moment où je vous parle, le taux que nous avons est de 53,5%, un taux à l'échelle nationale», explique le ministre. A Bamako, il avance un score «autour de 60%». «Nous espérons pouvoir terminer le dépouillement aujourd'hui (mardi), au plus tard demain (mercredi)», conclut M. Coulibaly.

Modération: une journaliste menacée de viol fait plier Twitter

Victime d’une centaine de tweets haineux, la journaliste britannique Caroline Criado-Perez a initié une vague de rébellion parmi les utilisateurs de Twitter pour obliger le réseau social à faciliter la dénonciation de comportements abusifs. Pour la première fois, Twitter a cédé, en décidant lundi de déployer un bouton de signalement à cet usage, sur sa plateforme web et sur Androïd.

A l’origine de la polémique : le doux visage de Jane Austen, cette écrivaine britannique du XIXe siècle, auteure du roman Orgueils et Préjugés. Dès 2017, son portrait ornera le billet de 10 livres. Dévoilé le 24 juillet par la Banque d’Angleterre, ce nouveau billet a consacré la victoire de nombreuses féministes, dont la journaliste et blogueuse britannique Caroline Criado-Perez, qui avait signé une pétition afin que Charles Darwin soit remplacé par une personnalité féminine.

Mais cette victoire a donné naissance à une affaire bien éloignée de l’enjeu initial. Dans son sillage, Caroline Criado-Perez a en effet été la cible de centaines de tweets agressifs la menaçant de viol. « @CCriadoPerez, je te retrouverai », ou « Tout le monde, prenez place à bord du train du viol, @CCriadoPerez en est la conductrice ». A l'image de ces messages, la journaliste a reçu une cinquantaine de tweets haineux. Ils tombaient toutes les heures sur sa page Twitter, pendant près de douze heures.

« Il est rageant que le prix à payer pour défendre les femmes soit une journée entière de menaces de viol. Mais en montrant que nous sommes unis, nous pouvons faire la différence : nous avons fait plier la Banque d’Angleterre, nous allons faire la même chose avec Twitter », a déclaré la journaliste freelance, animatrice du blog Week Women et du site The Women’s Room.

« Twitter doit prendre ses responsabilités »

Mais pour dénoncer ces tweets, Caroline Criado-Perez s'est heurtée à la lenteur et à la complexité de la procédure proposée par le réseau social. Il a fallu fouiller dans le mode d’emploi et remplir un formulaire pour chacun des messages diffamants. « Si je devais signaler chaque tweet avec la procédure actuelle, cela me prendrait une semaine entière », a-t-elle lancé sur le site en réponse à Tony Wang, responsable du Twitter britannique qui lui suggérait de suivre la procédure existante.

Pour contrer ce déchaînement de violences, la journaliste a décidé d’utiliser les mêmes armes que ces agresseurs, en mettant à profit la viralité et la capacité de mobilisation massive de Twitter pour inverser la tendance et forcer le réseau social à intervenir rapidement.

Sous le mot-clé #ShoutingBack, Caroline Criado-Perez a ainsi appelé chaque utilisateur à lui signaler d’éventuelles agressions virtuelles dont ils auraient été victimes par des captures d’écran. « Twitter doit prendre ses responsabilités pour les actions illégales menées par certains utilisateurs. Ce n’est pas possible d’avoir une fonction de signalement aussi lente », justifiait-elle.

L’indignation et la mobilisation des internautes a été immédiate. Celles de personnalités politiques, comme la député travailliste Stella Creasy, également. Face à l’absence de réactions de Twitter, une pétition a été lancée sur le site Change.org pour demander l’ajout d’un bouton de « signalement d’abus » facile d’accès pour les utilisateurs. Résultat : près de 20 000 signatures recueillies en 24 heures, plus de 60 000 en quatre jours.

Tolérance zéro sur les abus ?

« Twitter doit admettre que son système de signalement n’est pas adapté, pouvait-on lire sur la pétition. Il est temps que Twitter applique une tolérance zéro sur les abus (…) Il est temps que Twitter protège ses utilisateurs. » Face à la pression de ses utilisateurs, Twitter a donc cédé, et annoncé lundi dans un communiqué la mise en place d’un bouton de signalement sur sa plateforme web et son système Androïd.

Si les comptes des utilisateurs à l’origine des tweets ont été bloqués, rien ne laisse penser que le réseau social collaborera avec la police locale pour les identifier dans le cadre de poursuites judiciaires. Car la protection des utilisateurs, Twitter en fait son cheval de bataille, quitte à opposer un refus catégorique à toute demande sur l’identité de ses membres.

En octobre 2012, Twitter avait refusé de transmettre à la justice des données concernant les informations des auteurs de tweets racistes ou antisémites, publiés sous le hashtag #Unbonjuif. Le 26 juin, la militante antiraciste Rokhaya Diallo n’a pas eu plus de succès, Twitter ne souhaitant pas communiquer à son avocat l’identité d’un internaute l’ayant menacé de viol sur Twitter.

Rédigé par jeanfrisousteroverblog

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