Guadeloupe Des leçons a tirer de la crise

Guadeloupe des leçons a tire de la crise

Tout ça pour ça !

Après 43 jours de grèves et de paralysie, l'accord signé en Guadeloupe inspire un sentiment de soulagement, bien sûr, mais aussi une impression de gâchis.


Que de temps perdu lorsqu'on se souvient qu'un accord à peu près identique aurait pu être signé il y a un mois !


Les fameux 200 euros d'augmentation sur les bas salaires, que le gouvernement et le patronat n'avaient pas voulu accorder début février, l'ont finalement été début mars, offrant au leader guadeloupéen Élie Domota et à son collectif du LKP une victoire quasi complète.


Entre-temps, il aura fallu un nombre chaque jour croissant de dépôts de bilan et d'emplois détruits. Il aura fallu une démonstration d'autorité malvenue de la part du Premier ministre qui a inutilement humilié son ministre des DOM-TOM en le rappelant soudainement en métropole alors qu'un accord était tout proche.


François Fillon, qui joue volontiers les pères la Rigueur, ne voulait pas créer un précédent en matière de hausse des salaires. Il a dû céder lui aussi ; le coût de l'accord signé mercredi soir est évalué à 200 à 250 millions d'euros pour l'État. Une goutte d'eau dans l'océan du déficit budgétaire (100 milliards d'euros) qu'actait le même jour le Conseil des ministres...


Et maintenant ?


Le pire danger pour la Guadeloupe serait de continuer comme avant, jusqu'à la prochaine explosion sociale. De laisser l'île aux cocotiers s'enfoncer dans l'assistanat.

De premières mesures, salutaires, vont certes faire baisser les prix des produits de première nécessité.

Mais, au-delà, c'est le combat contre les monopoles qu'il faut engager.


Il faut aussi aider les Antilles françaises à sortir de leur agriculture monovivrière et postcoloniale (banane et canne à sucre) ; lutter contre l'immigration clandestine en aidant Haïti d'où affluent chaque jour des dizaines de miséreux.


Et, sur le plan politique, faire émerger une nouvelle génération. Durant la crise, la classe politique a brillé par son absence, à gauche et surtout à droite.


Chirac, qui aimait paraît-il les Antilles, a laissé sur ce plan des terres en jachère et le pouvoir sarkozyste a souffert d'une cruelle absence de relais.


Bref, il y a beaucoup de leçons à tirer de cette crise. Et il y a urgence, puisque la paralysie menace à son tour la Martinique, tandis que l'agitation gagne la Réunion.

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