PRISM : le scandale d’espionnage qui éclabousse Obama

Publié le 11 Juin 2013

Selon la presse anglo-saxonne qui révèle cette affaire, les agences de renseignements américaines, via l’outil de surveillance "PRISM", sont allées chercher des renseignement sur les résidents américains dans les serveurs des géants du web (Google, Yahoo, AOL…). Le gouvernement aurait aussi récolté via l’opérateur Verizon des millions de données téléphoniques.

C’est un scandale qui risque de faire vaciller la présidence de Barack Obama. Aux Etats-Unis, la presse a révélé une affaire d’espionnage et pas des moindres puisqu’elle concerne les citoyens américains eux-mêmes. Deux quotidiens, le Washington Post et le Guardian ont mis en évidence un système généralisé de surveillance des communications téléphoniques et Internet aux Etats-Unis, baptisé “PRISM”. Ce programme - qualifié de “hautement confidentiel” - n’avait jamais été rendu public. A l’origine destiné à la lutte anti-terroriste, “PRISM” a été mis en place sous la présidence de George W. Bush en 2007 et s’est fortement développé sous la présidence Obama.

Obama, reconnait le programme et se justifie

Face à l’insistance du peuple américain d’obtenir des justifications, Barack Obama a dû reconnaitre ce week-end l’existence du programme d’espionnage et s’est justifié en expliquant que « les appels des citoyens n’étaient pas écoutés ». Les « renseignements, a-t-il ajouté, examinent les numéros de téléphone et la durée des appels » mais ils « ne regardent pas le nom des gens. Et ils n'examinent pas le contenu ». Or, selon les deux quotidiens à l’origine de l’affaire, le gouvernement américain peut consulter le contenu des e-mails mais aussi les vidéos et les photos postées sur les réseaux sociaux ainsi que toutes les communications via Skype.
Par ailleurs Barack Obama a tenu à rassurer les citoyens américains en précisant que ce programme ne s'applique « pas aux citoyens américains. Cela ne s'applique pas aux personnes qui vivent aux Etats-Unis », ajoutant que ce programme est un « compromis » entre protection de la vie privée et lutte antiterroriste.

« Des citoyens en furie »

Selon Jean-Marc Manach, spécialiste du renseignement qui témoignait ce mardi matin sur RMC, ce genre d’affaire ne plaît vraiment pas aux citoyens américains qui sont très attachés à leur liberté. Et malgré les justifications du président Obama et la réponse des géants du web « les citoyens sont en furie ». « Le problème avec ce dossier PRISM, explique le spécialiste, c'est que tous les non-américains sont des terroristes potentiels et que tous les Américains qui discutent avec des étrangers sont donc eux aussi considérés comme des terroristes potentiels ».

Snowden, un héros

Les révélations autour du programme de surveillance PRISM ont vu le jour grâce à un homme et deux quotidiens. Edward Snowden a travaillé pendant plusieurs années à la NSA, le service de renseignement intérieur américain. C’est lui qui a révélé l’existence de ce programme d’espionnage PRISM. Dans un entretien au quotidien Guardian, il indique avoir fait ces révélations parce qu'il ne pouvait « permettre au gouvernement américain de détruire la vie privée, la liberté d'Internet et les libertés fondamentales des personnes ». Si certains estiment que le jeune homme n’aurait pas dû faire de telles révélations, pour Jean–Marc Manach qui témoignait ce mardi sur RMC, il est sanctifié par beaucoup d’Américains. « Sur les sondages effectués sur le web, Snowden est un héros ».

Rédigé par jeanfrisousteroverblog

Repost 0
Commenter cet article