Pérol , un boulet pour l'UMP et Sarkozy bonimenteur comme d'habitude
Publié le 25 Mars 2009
Embarrassé, François Pérol a fait profil bas devant la commission des Finances, face à des députés socialistes
décidés à profiter de la tribune pour flinguer Sarkozy. Pour éviter de trop réveiller la polémique, les députés UMP ont commencé à envisager de légiférer.
« Un homme neutre qui incarne la puissance publique » : c'est ainsi que s'est défini François Pérol face aux députés de la commission des Finances qui
l’ont auditionné mercredi 25 mars au matin, trois heures durant. Les socialistes, eux, étaient bien décidés, à travers l’ancien conseiller élyséen, à atteindre Nicolas Sarkozy : les uns après
les autres, ils sont revenus à la charge pour mettre en pièces le « non coupable » du nouveau patron du groupe Banque Populaire / Société générale, aidés dans cette tâche par
l’opposant de l’intérieur, François Goulard.
Une charge qui a inspiré au lyrique porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, le qualificatif de « procureurs staliniens » pour les contradicteurs. Le « cas Pérol » radicalise les positions.
Les socialistes profitent de l’attention médiatique
« Pérol n’est pas un homme neutre, c’est un homme du dossier, s’est lancé Jean-Marc Ayrault face aux caméras venues en nombre. Il y a de nouvelles règles du jeu et monsieur Sarkozy ferait bien d’intégrer quelque peu la transparence. » Henri Emmanuelli a pour sa part chargé l’ancien conseiller économique sur le registre du « mélange des genres ».
Une charge qui a inspiré au lyrique porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, le qualificatif de « procureurs staliniens » pour les contradicteurs. Le « cas Pérol » radicalise les positions.
Les socialistes profitent de l’attention médiatique
« Pérol n’est pas un homme neutre, c’est un homme du dossier, s’est lancé Jean-Marc Ayrault face aux caméras venues en nombre. Il y a de nouvelles règles du jeu et monsieur Sarkozy ferait bien d’intégrer quelque peu la transparence. » Henri Emmanuelli a pour sa part chargé l’ancien conseiller économique sur le registre du « mélange des genres ».
Cependant, pour bien des députés de l'opposition, Pérol a surtout fait office de prétexte à la critique du discours présidentiel, au lendemain du meeting de
Saint-Quentin. « Avec le chef de l’Etat, tout change, rien ne change », a ainsi lâché le président du groupe PS, profitant de l’afflux d’attention médiatique pour caser une
généralité sur Sarkozy.
Bayrou : « j’ai maintenant la certitude que c’est contraire à la loi »
François Bayrou a quant à lui affûté ses critiques : « il est clair que M. Pérol était celui qui recevait dans son bureau les responsables des banques pour qu’elles fusionnent : il y a des photos, a méthodiquement récité le président du Modem. Il n’était pas seulement conseiller du Président mais aussi secrétaire général adjoint de l’Elysée, sa nomination est donc interdite par la loi, c’est l’article 423.13 du code pénal, si vous voulez vérifier. » Bayrou, qui avait réservé sa place au premier rang des accusateurs, a affirmé être ressorti de cette audition « plein de certitudes » sur l'illégalité de la nomination de François Pérol.
Bayrou : « j’ai maintenant la certitude que c’est contraire à la loi »
François Bayrou a quant à lui affûté ses critiques : « il est clair que M. Pérol était celui qui recevait dans son bureau les responsables des banques pour qu’elles fusionnent : il y a des photos, a méthodiquement récité le président du Modem. Il n’était pas seulement conseiller du Président mais aussi secrétaire général adjoint de l’Elysée, sa nomination est donc interdite par la loi, c’est l’article 423.13 du code pénal, si vous voulez vérifier. » Bayrou, qui avait réservé sa place au premier rang des accusateurs, a affirmé être ressorti de cette audition « plein de certitudes » sur l'illégalité de la nomination de François Pérol.
Mariton tente de balayer Pérol sous le tapis
Dans le rôle de l’avocat du patron de la Banque populaire et des Caisses d’épargne, Hervé Mariton s’est longuement épanché pour défendre « the right man in the right place » (la bonne personne au bon endroit). « Je l’ai senti gêné par cette nomination, ce n’est pas sa faute : c’est la faute du législateur, a assuré le député de la Drôme aux journalistes d’une voix mielleuse. Le chef de l’Etat a utilisé les ambiguités et la faiblesse de la loi, mais peut-on lui en vouloir ? François Pérol serait honoré si la loi était modifiée : il faut éviter que cette situation ne se reproduise à l’avenir. »
On l'aura compris, la majorité se passerait volontiers du boulet Pérol. Aussi les députés UMP semblent-ils de moins en moins opposés à légiférer sur le sujet. Histoire de lâcher un peu de lest : s'acharner à défendre le patron de la Banque Populaire et des Caisses d'épargne au moment où les salaires excessifs des Pdg du Cac 40 commencent à faire la une de journaux serait plutôt mal venu, non?
Sylvain Lapoix
Dans le rôle de l’avocat du patron de la Banque populaire et des Caisses d’épargne, Hervé Mariton s’est longuement épanché pour défendre « the right man in the right place » (la bonne personne au bon endroit). « Je l’ai senti gêné par cette nomination, ce n’est pas sa faute : c’est la faute du législateur, a assuré le député de la Drôme aux journalistes d’une voix mielleuse. Le chef de l’Etat a utilisé les ambiguités et la faiblesse de la loi, mais peut-on lui en vouloir ? François Pérol serait honoré si la loi était modifiée : il faut éviter que cette situation ne se reproduise à l’avenir. »
On l'aura compris, la majorité se passerait volontiers du boulet Pérol. Aussi les députés UMP semblent-ils de moins en moins opposés à légiférer sur le sujet. Histoire de lâcher un peu de lest : s'acharner à défendre le patron de la Banque Populaire et des Caisses d'épargne au moment où les salaires excessifs des Pdg du Cac 40 commencent à faire la une de journaux serait plutôt mal venu, non?
Sylvain Lapoix
Sarkozy, encore candidat… et toujours pas président
C'est à Saint-Quentin que Nicolas Sarkozy a tenu ce soir son premier
meeting de campagne présidentielle (qu'il a, rappelons-le, remportée il y a deux ans). Xavier Bertrand et les militants avaient fait le déplacement pour assister au Sarkoshow du président.
Orateur grandiloquent, pointant les fautes de ses opposants, mettant les rieurs de son côté, Sarkozy a conquis la salle. A part ça, pas ou peu d'annonces.
Nicolas Sarkozy a prononcé ce soir à Saint-Quentin un de ses meilleurs discours… de candidat à l’élection présidentielle. Une élection présidentielle qu'il a,
rappelons-le, remportée il y a maintenant deux ans. Sarkozy a donc fait du Sarkozy, un meeting de campagne, du stand-up. Xavier Bertrand et l’UMP étaient venus faire la claque et rire aux
blagues du président. Le tout sur fond de drapeaux français et européens. Ne manquaient plus qu'Arthur, Christian Clavier, Jean Reno et Johnny dans le public, un bon Fouquet's à la sortie
et la soirée eut été parfaite. Mais point de Fouquet's à Saint Quentin…
Sarkozy, c’est à noter, a prononcé un discours dans un français moins approximatif qu’à l’habitude, au style presque écrit. Tout juste quelques fautes, mais rien à voir avec ses derniers sketchs.
Pas ou peu d'annonces, mais un discours interminable
Sur le fond, beaucoup de belles paroles, un discours essentiellement fondé sur les valeurs : l’intégrité, la morale, le mérite, le travail, la règle. Faute de solutions politiques et économiques, Sarkozy s’accroche à ces valeurs comme au moment de la « Politique de civilisation ». Un écran de fumée qui fit pschitt.
Le président avait des accents gaulliens: « Un monde nouveau sortira de la crise, est-ce qu’on va le construire ou le subir », « Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d'entre nous, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société, a une responsabilité morale », a-t-il dit. Du De Gaulle de bazar, s’entend : « la France a toujours raison lorsqu’elle incarne le refus du renoncement ». Beaucoup de contradictions, de bons sentiments, de poncifs verbeux répétés à l'envi dans ce galimatias d’annonces déjà connues.
Ainsi il ne faudrait « jamais céder à la pensée unique » mais ne jamais hésiter « à s’inspirer de ce qui marche ailleurs alors que la France s’est si longtemps inspirée de ce qui ne marchait pas », des attaques ciblées contre les experts, ceux qui entourent et conseillent le président mais qu’il se refusera toujours à écouter. Pourquoi ? Retrouvant ses accents « popus » : « Pasque moi, ch’uis pas un expert ».
Pas de loi sur les rémunérations
Pour commenter les manifestations du 19 mars, Nicolas Sarkozy s’est largement inspiré de son meilleur ennemi Dominique de Villepin. Comme lui, le président a tenu à s’adresser à ses principaux soutiens : « J'ai le devoir d'entendre ceux qui manifestent, mais j'ai également la responsabilité de ceux qui ne défilent pas, et ce n'est pas parce qu'ils ne défilent pas qu'ils ne souffrent pas ». C’est une caractéristique de l’homme de droite que d’entendre le silence de la France qui ne manifeste pas.
S’affichant ultra-volontariste, prêt à tout, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il serait « toujours en première ligne » – on l’attend encore en Guadeloupe…- qu’il ne renoncerait jamais aux réformes.
Pour faire bonne mesure, il a appelé les patrons au respect de la morale, : « Il ne doit plus y avoir de bonus, de parachutes dorés ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat ou qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ». Affichant son opposition aux grosses rémunérations pour les patrons dont les entreprises « se portent mal », sans annoncer pour autant aucun projet de loi.
Bonimenteur comme à l’habitude. Rien de neuf sous le soleil de Sarkozy…
Sarkozy, c’est à noter, a prononcé un discours dans un français moins approximatif qu’à l’habitude, au style presque écrit. Tout juste quelques fautes, mais rien à voir avec ses derniers sketchs.
Pas ou peu d'annonces, mais un discours interminable
Sur le fond, beaucoup de belles paroles, un discours essentiellement fondé sur les valeurs : l’intégrité, la morale, le mérite, le travail, la règle. Faute de solutions politiques et économiques, Sarkozy s’accroche à ces valeurs comme au moment de la « Politique de civilisation ». Un écran de fumée qui fit pschitt.
Le président avait des accents gaulliens: « Un monde nouveau sortira de la crise, est-ce qu’on va le construire ou le subir », « Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d'entre nous, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société, a une responsabilité morale », a-t-il dit. Du De Gaulle de bazar, s’entend : « la France a toujours raison lorsqu’elle incarne le refus du renoncement ». Beaucoup de contradictions, de bons sentiments, de poncifs verbeux répétés à l'envi dans ce galimatias d’annonces déjà connues.
Ainsi il ne faudrait « jamais céder à la pensée unique » mais ne jamais hésiter « à s’inspirer de ce qui marche ailleurs alors que la France s’est si longtemps inspirée de ce qui ne marchait pas », des attaques ciblées contre les experts, ceux qui entourent et conseillent le président mais qu’il se refusera toujours à écouter. Pourquoi ? Retrouvant ses accents « popus » : « Pasque moi, ch’uis pas un expert ».
Pas de loi sur les rémunérations
Pour commenter les manifestations du 19 mars, Nicolas Sarkozy s’est largement inspiré de son meilleur ennemi Dominique de Villepin. Comme lui, le président a tenu à s’adresser à ses principaux soutiens : « J'ai le devoir d'entendre ceux qui manifestent, mais j'ai également la responsabilité de ceux qui ne défilent pas, et ce n'est pas parce qu'ils ne défilent pas qu'ils ne souffrent pas ». C’est une caractéristique de l’homme de droite que d’entendre le silence de la France qui ne manifeste pas.
S’affichant ultra-volontariste, prêt à tout, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il serait « toujours en première ligne » – on l’attend encore en Guadeloupe…- qu’il ne renoncerait jamais aux réformes.
Pour faire bonne mesure, il a appelé les patrons au respect de la morale, : « Il ne doit plus y avoir de bonus, de parachutes dorés ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat ou qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ». Affichant son opposition aux grosses rémunérations pour les patrons dont les entreprises « se portent mal », sans annoncer pour autant aucun projet de loi.
Bonimenteur comme à l’habitude. Rien de neuf sous le soleil de Sarkozy…
Régis Soubrouillard
(Sources marianne2.fr et blogueeurs associés )
(Sources marianne2.fr et blogueeurs associés )
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