Hôpital : 25 grands médecins dénoncent la loi Bachelot
Publié le 17 Avril 2009
Hôpital : 25 grands médecins dénoncent la loi Bachelot
Contre la mort de l'Hôpital 25 grands médecins dénoncent loi Bachelot
Le Parlement va-t-il voter une loi «qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile ?» s'interrogent les signataires, selon qui «le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital».
Les signataires, parmi lesquels le gynécologue-obstétricien René Frydman et le neurologue Olivier Lyon-Caen, estiment que cette loi «cale l’hôpital sur l’entreprise» en donnant notamment «tous les pouvoirs au Directeur de l’Hôpital (...) qui pourra n’avoir aucune compétence médicale ou en santé. C’est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l’hôpital».
«Une loi destructrice et injuste»
Dénonçant encore la pensée «marchande» dont se prévaut cette loi qui «réduit le qualitatif au quantitatif» alors que sont organisées «des suppressions massives et
injustifiées d’emplois d’infirmières et d’aides-soignants», ils ne sont pas opposés à une réforme, bien au contraire. Selon eux, l’hôpital public doit être réformé, mais pas ainsi,
plutôt en adossant «les orientations cliniques à un projet médical qui ne soit pas fondé sur la rentabilité, mais d’abord sur les besoins de la population, l’évolution prévisible
des grandes questions de santé publique, l’avancée des connaissances et des progrès technologiques».
Et de prévenir : si cette loi «destructrice et injuste» n’est pas amendée, «elle s’appliquera sans (eux)». En attendant qu'un «débat à la hauteur» s'ouvre sur la question, les chefs de service de l'AP-HP appellent les médecins à faire grève le 28 avril et à descendre dans la rue avec les personnels de l'AP-HP. «Preuve que les mentalités ont changé, que l’union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi Bachelot».
Des arguments que Roselyne Bachelot réfute. Dans un communiqué diffusé hier après-midi (voir encadré), la ministre de la Santé appelle les médecins «à
lire la loi au lieu de la caricaturer». «L'hôpital public est le joyau de notre système de santé. C'est l'immobilisme qui le menace», estime-t-elle.
Les 25 signataires
Pr. Basdevant, endocrinologue, Pitié Salpetrière
Pr. Bourgeois, rhumatologue, Pitié Salpetrière
Pr. Bousser, neurologue, Lariboisière
Pr. Brochard, anesthésiste réanimateur, Henri Mondor
Pr. Dubourg, cardiologue, Ambroise Paré
Pr. Fischer, pédiatre, Necker Enfants Malades
Pr. Franco, chirurgien digestif, Antoine Béclère
Pr. Frydman, gynécologue obstétricien, Antoine Béclère
Pr. Gaudric ophtalmologue, Lariboisière
Pr. Gluckman, hématologue, Saint Louis
Pr. Godeau, médecin interniste, Henri Mondor
Pr. Grimaldi, diabétologue, Pitié Salpetrière
Pr. Guillevin, médecin interniste, Cochin
Pr. Kieffer, chirurgien vasculaire, Pitié Salpetrière
Pr. Kuttenn, gynécologue médicale, Pitié Salpetrière
Pr. Lyon-Caen, neurologue, Pitié Salpetrière
Pr. Mariette, rhumatologue, Bicêtre
Pr. Menasche, chirurgien cardiaque, Georges Pompidou
Pr. Musset, radiologue, Antoine Béclère
Pr. Niaudet, pédiatre, Necker Enfants Malades
Pr. Sahel, ophtalmologue, Hôpital des Quinze-Vingts
Pr. Sedel, chirurgien orthopédiste, Lariboisière
Pr. Valla, hépatologue, Beaujon
Pr. Varet, hématologue, Necker
Pr. Vernant, hématologue, Pitié Salpetrière
leparisien.fr S.M
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