Fertiladour au Boucau : après la radioactivité, l'arsenic !

Publié le 24 Avril 2009

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Sébastien VAÏSSE


Décidément, la médiatisation radioactive de l'ancienne usine Fertiladour a une durée de vie bien plus courte que celle du thorium 232 résultant de la monazite broyée sur le site du Boucau et responsable de la radioactivité de la zone.


La semaine dernière (cf. JPB 17/04/09), Victor Pachon, du Collectif d'Association pour la Défense de l'Environnement (CADE) présentait à la presse les résultats des prélèvements effectués les 22 et 23 février derniers. Des résultats qui, outre des valeurs supérieures enregistrées sur des zones déjà connues pour leur radioactivité, témoignent de l'apparition de nouveaux «points chauds» avec des pics dépassant plus de quatre fois le seuil toléré de 0,5 millisievert.

Pourtant interrogé en octobre 2008, M. Capdepuy, directeur d'exploitation du site à partir de 1991, affirmait que le «problème était réglé depuis 2002», autrement dit depuis l'excavation des terres les plus contaminées, leur confinement et le démantèlement de la structure de broyage. Certes les prélèvements de février attestent du contraire, mais les rapports successifs depuis 1998, et notamment le rapport d'intervention de l'Algade en charge de «l'assainissement radiologique du site», soulèvent de nouvelles interrogations.

En effet, si la radioactivité du site n'est plus à démontrer, l'étude des sols, réalisée par ANTEA en 1998, révèle la présence de métaux lourds «dépassant les valeurs guides fixées par le MATE». Outre du cuivre et du baryum, le rapport note «de fortes anomalies» concernant la présence d'arsenic, un produit chimique reconnu pour sa forte toxicité et son impact violent sur l'environnement. Idem en ce qui concerne le plomb, pour lequel on constate également «d'importantes anomalies, notamment dans le secteur nord de l'usine».

Donc même si seulement «une fraction de cet arsenic est susceptible d'être relarguée vers la nappe du fait des infiltrations d'eau», force est de constater que les terres de Fertiladour sont doublement polluées : des métaux lourds «peu mobilisables par l'eau» et du thorium 232 (radioactif). La zone d'activité voulue par la municipalité pour donner «un caractère plus gai et plus dynamique à ce quartier» devra très certainement se trouver un autre terrain d'accueil.

Impropre à la construction

En effet, à l'automne 2008, M.Amiel, inspecteur de la DRIRE (Directions Régionales de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement) à Bayonne reconnaissait la nécessité d'interdire tout forage et autre fondation sur la zone. Or, le rapport de l'Algade, daté de mai 2002, préconisait déjà de manière explicite cette initiative : «En complément, des servitudes pourraient être imposées par les administrations de tutelle pour éviter la réalisation future de travaux d'excavation de terres ou d'implantation d'habitation dans ces zones». Visiblement, l'appel n'a pas été entendu puisque suite à la publication, la semaine dernière, des résultats d'analyses, le CADE notait la présence de plusieurs pelles mécaniques en train de remuer les zones «polluées».

Quant à la décontamination du site, Algade n'en fait jamais état dans son rapport. Elle reconnaît au contraire la présence de «terres contaminées restantes» qu'il «n'apparaît pas nécessaire» d'excaver «afin de réduire le volume des déchets à traiter». Concrètement, le refus, émis par l'ANDRA de prendre en charge les déchets radioactifs du site boucalais, n'a pas permis la dépollution complète du site et «le problème» de M. Capdepuy semble plutôt loin, voire très loin d'être «réglé».

 

source lejdpb.com

 

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Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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