Grippe mexicaine: "Nous sommes raisonnablement inquiets"
Publié le 28 Avril 2009
Par Vincent Olivier, Source lexpress.fr
En France, l'Institut national de veille sanitaire (InVS) ne veut verser ni dans le catastrophisme ni dans l'optimisme béat.
Quelle est la dangerosité exacte de ce nouveau virus?La France est-elle réellement menacée? Que se passerait-il en cas de contaminations sur le territoire? Le point sur toutes ces questions avec Danielle Ilef, médecin épidémiologiste, responsable de la cellule de coordination au sein de l'InVS (Institut national de veille sanitaire).
Ce nouveau virus d'origine porcine vous semble-t-il plus ou moins inquiétant que celui de la grippe aviaire?
Le virus aviaire nous préoccupait beaucoup en raison de son caractère pathogène: près de la moitié des contaminations aboutissaient en effet à un décès.
Concernant ce nouveau virus, nous avons du mal à estimer avec précision sa gravité, du fait du manque d'informations fiables en
provenance du Mexique.
Les cas survenus en Europe et aux Etats-Unis laissent toutefois espérer une virulence assez faible.
Sa contagiosité, en revanche, semble forte, du même ordre que celle d'une grippe classique.
Voilà pourquoi, au final, nous sommes raisonnablement inquiets.
Quels sont, en France, les signes qui pourraient laisser envisager une éventuelle contamination?
Il faut trois critères.
Le premier est clinique, bien sûr: les signes doivent évoquer un syndrome grippal (toux, fièvre,
douleurs).
Le deuxième élément est d'ordre géographique: nous serons très attentifs si le patient revient du Mexique ou de certains
comtés particuliers des Etats-Unis.
Enfin, il faut environ une semaine de délai entre la contamination éventuelle et l'apparition des premiers signes.
Et ensuite?
Dans un premier temps, on mettrait le malade à l'isolement et ses proches seraient placés en quarantaine. On effectuerait alors un prélèvement du virus, on
l'analyserait par une technique particulière appelée PCR qui donne des résultats en l'espace de quelques heures.
Si le résultat était négatif, le patient ressortirait sur-le-champ. S'il était positif, c'est-à-dire positif à un virus de type grippe A, il faudrait mener des investigations supplémentaires. Notre objectif demeure de toutes façons le même: limiter, voire empêcher toute contamination entre êtres humains.
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