Afghanistan des soldats US en infériorité numérique face aux talibans
Publié le 25 Mai 2009
Dans les avants-postes isolés des montagnes afghanes, les soldats américains sont attaqués en permanence par des talibans supérieurs
en nombre.
Certains hommes ont eu de la chance et ont pu repousser l’assaut, avant de finalement abandonner le terrain aux insurgés. Mais d’autres sont morts, submergés sous le nombre des assaillants. Récit.
Par Laurent Hamida, Reuters, 17 mai 2009
Le Lieutenant Joshua Rodriguez, qui commande un peloton de soldats américains gardant la frontière entre Afghanistan et Pakistan, s’estime chanceux d’être encore vivant.
Deux semaines après avoir installé son avant poste défendu par 20 soldats afghans et sept américains sur une route de contrebande utilisée par les talibans, quelque 80 insurgés les ont durement attaqué à l’aube.
« Nous étions très proches, très proches », raconte-il quelques jours après cette bataille, joignant à la parole le geste de deux doigts rapprochés.
Lorsque les talibans ont menacé de submerger la base, son tireur d’élite a posé son fusil à longue portée et a saisi un fusil d’assaut. Puis il a laissé tomber le fusil et a pris des grenades à main. L’ennemi était parvenu à distance d’un jet des barbelés du poste.
« Ils essayaient de pénétrer de tous les côtés. C’est un miracle », se souvient Rodriguez.
Pourtant, même s’ils ont réussi à repousser les combattants et empêcher l’avant-poste d’être submergé ce jour là, ils l’ont abandonné quelques jours plus tard, laissant sans surveillance la contrebande transfrontalière passant à travers la grande vallée de Suna.
Quelques jours plus tôt, les troupes de l’OTAN d’un autre poste nommé Barialai ont eu moins de chance. Les talibans ont envahi la position, tuant trois américains, deux lettons et cinq soldats afghans.
Le commandement américain dépêche des milliers d’hommes en renfort dans le sud de l’Afghanistan pour livrer contre les talibans ce que Washington considère comme une année de bataille décisive, dans cette guerre désormais devenue la priorité principale au plan sécuritaire.
Dans l’est du pays, la position officielle du haut commandement est de déclarer qu’il dispose à l’heure actuelle de toutes les troupes dont il a besoin.
Mais sur le terrain, dans les cols de haute montagne sur la rive est de la rivière Kunar, que la guérilla utilise pour la contrebande d’armes et le passage de combattants en provenance du Pakistan depuis des décennies, les soldats de l’escadron 6/4 racontent une autre histoire.
Les combats sont durs et constants, et ils n’ont pas assez d’hommes pour empêcher l’infiltration des talibans à la frontière.
Avant d’être submergé, l’avant-poste de Barialai surveillait deux vallées, Hlegal et Daring, qui sont utilisées comme itinéraires de contrebande.
Les soldats américains disent connaître les noms des commandants des insurgés qui vivent dans les deux vallées, mais n’avoir pas assez de forces pour les combattre.
En janvier, les commandants américains ont envoyé 700 soldats supplémentaires sur la zone située au sud du territoire assigné à l’escadron 6/4. Ces nouvelles troupes sont juste une « goutte d’eau » dans la mer, juge un soldat qui a demandé de ne pas être identifié et qui a accepté de faire état de la pénurie d’hommes.
Officiellement, l’escadron 6/4 contrôle un tronçon de la frontière entre les deux provinces de Kunar et du Nuristan. Mais n’ayant pas assez d’hommes, ils ne se sont pas rendus au Nouristan depuis plusieurs mois. Les cols y sont gardés par la police afghane.
« Ils ont fait appel à nous deux fois ... il y a quelques mois quand ils ont été attaqués par des insurgés. Nous avons envoyé une escouade d’assaut et nous avons repoussé l’attaque. Depuis lors, ils ne nous ont pas appelé. Personne ne sait ce qui se passe là-haut », ajoute le soldat.
Dans Kunar, des hélicoptères se ruent vers les avant-postes tout au long de la nuit, emportant vers les troupes isolées de la nourriture, de l’eau et des munitions. L’artillerie de la base tire constamment, zébrant la vallée des éclairs des explosions et des fusées éclairantes.
Le capitaine Jay Bessey, le commandant de l’escadron Charlie, supervise la construction d’un nouvel avant-poste fortifié pour le combat où un petit contingent s’attend à être constamment attaqué. Attirer les tirs est l’une des raisons de la présence des troupes sur place.
« Lorsque l’ennemi se rassemble pour nous attaquer ici, il ne se concentre pas pour attaquer l’équipe qui construit la route. Il n’attaque pas les gens qui travaillent sur les écoles dans les villages avoisinants », constate-t-il.
« Vous savez, cela fait partie du boulot. »
Publication originale Yahoo, traduction et Source Contre Info
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