Télévision.Barack Obama sur Canal+ : les dessous d'une interview
Publié le 2 Juin 2009
Source Le Point.fr , Par Emmanuel Berretta
Comment Canal+ a pu décrocher l'interview du président des États-Unis au nez et à la barbe de
TF1, France 2 ou
France 3 ? L'exploit est signé Laurence Haïm, la correspondante de la chaîne cryptée à Washington.
Le coup réalisé est d'autant plus fort qu'un conseiller de Barack Obama lui avait fait savoir, il y a un mois et demi, que ce ne serait pas elle, mais un journaliste français d'une grande chaîne "possédant de très gros appuis" à la Maison-Blanche qui décrocherait l'entrevue.
Laurence Haïm a l'élégance de taire ce nom.
Selon notre petite enquête, il s'agirait de Christian Mallard, spécialiste des interviews des présidents américains sur France 3. "Je suis tombée à la renverse.
Et à partir de là, j'ai harcelé de mails Robert Gibbs, le porte-parole de Barack Obama", confie-t-elle au point.fr.
Une alerte à la bombe
L'entretien qui sera diffusée mardi soir dans Le Grand Journal sur Canal+ s'est déroulé, lundi, à 14 h 30, dans la bibliothèque de la Maison-Blanche. Une alerte à la bombe a failli tout faire capoter. Mais, après les Anglais de la BCC, Laurence Haïm a pu s'entretenir avec le président américain en s'appuyant sur une équipe de techniciens britanniques.
Pour Barack Obama, la journaliste est loin d'être inconnue. Elle l'a suivi - comme des centaines de ses confrères - durant toute sa campagne à travers les États-Unis. Il a d'ailleurs commencé par cette exclamation avant le rendez-vous : "Ah ! c'est incroyable, elle est encore là !" Canal+ avait également diffusé le premier reportage (tourné par Capa) sur Barack Obama avant qu'il ne soit candidat à la présidence lors d'une tournée promotionnelle de son livre dans la banlieue de Chicago. "Cette interview est la chose la plus difficile que j'aie eu à faire dans ma vie, raconte-t-elle au point.fr . C'est un exercice dangereux. Il faut faire attention à continuer à poser des questions qui dérangent. J'ai eu exactement 10 minutes, et au bout de 7 minutes, Gibbs me faisait des grands signes pour arrêter."
La persuasion de Laurence Haïm
En fait, Laurence Haïm a inversé la tendance en obtenant un rapide entretien avec Robert Gibbs dans son bureau, il y a trois semaines.
Rapide ? "Quatre minutes exactement", précise-t-elle. La journaliste avait préparé un argumentaire en cinq points, qu'elle a déposé sur le bureau de Gibbs.
D'abord, elle a fait valoir que Canal+ était là quotidiennement depuis le début de l'aventure dans l'Iowa.
Certes, Canal+ n'a pas de 20 heures comme une chaîne traditionnelle, mais rassemble un public jeune, et si la volonté de Washington était de restaurer l'image des États-Unis dans le monde arabe, Canal+ était la chaîne possédant un gros réservoir de téléspectateurs jeunes d'origine maghrébine.
Elle sort alors sa caméra DV de son sac et se dit prête à embarquer sur Air Force One. "Je pense que le geste de sortir la caméra a eu un impact positif", souligne-t-elle.
À partir de là, l'équipe Obama n'a rien fait savoir de ses intentions pendant plusieurs semaines.
Canal+ investit 200.000 euros pour être accrédité à la Maison-Blanche
Samedi soir, Laurence Haïm a reçu un premier coup de fil où on lui a indiqué que la situation pourrait lui sourire. La Maison-Blanche a exigé une confidentialité totale, et n'a apporté aucune garantie quant à la réalisation effective du projet.
En France, au siège de Canal+, seuls Ara Aprikian, le directeur des programmes de flux, et chez I-Télé, la filiale, Thierry Thuillier, le patron de la rédaction, ont été mis dans la confidence.
Un secret très bien gardé, jusqu'au sommet de la chaîne cryptée.
Canal + est la seule chaîne française à avoir investi dans un bureau de correspondant permanent à la Maison-Blanche, soit un coût de 200.000 euros par an pour la chaîne cryptée. Tous les vendredis dans le JT de Canal+, Laurence Haïm réalise un petit module depuis Washington. Elle ne rate aucune conférence de presse de la présidence, même les plus mineures, et travaille ainsi sans relâche son réseau.
La journaliste prépare du reste un documentaire sur les coulisses de la Maison-Blanche.
Le doc s'intitulera Full access , en écho au No access qu'elle avait conçu après la campagne américaine.
France 3 ? L'exploit est signé Laurence Haïm, la correspondante de la chaîne cryptée à Washington.
Le coup réalisé est d'autant plus fort qu'un conseiller de Barack Obama lui avait fait savoir, il y a un mois et demi, que ce ne serait pas elle, mais un journaliste français d'une grande chaîne "possédant de très gros appuis" à la Maison-Blanche qui décrocherait l'entrevue.
Laurence Haïm a l'élégance de taire ce nom.
Selon notre petite enquête, il s'agirait de Christian Mallard, spécialiste des interviews des présidents américains sur France 3. "Je suis tombée à la renverse.
Et à partir de là, j'ai harcelé de mails Robert Gibbs, le porte-parole de Barack Obama", confie-t-elle au point.fr.
Une alerte à la bombe
L'entretien qui sera diffusée mardi soir dans Le Grand Journal sur Canal+ s'est déroulé, lundi, à 14 h 30, dans la bibliothèque de la Maison-Blanche. Une alerte à la bombe a failli tout faire capoter. Mais, après les Anglais de la BCC, Laurence Haïm a pu s'entretenir avec le président américain en s'appuyant sur une équipe de techniciens britanniques.
Pour Barack Obama, la journaliste est loin d'être inconnue. Elle l'a suivi - comme des centaines de ses confrères - durant toute sa campagne à travers les États-Unis. Il a d'ailleurs commencé par cette exclamation avant le rendez-vous : "Ah ! c'est incroyable, elle est encore là !" Canal+ avait également diffusé le premier reportage (tourné par Capa) sur Barack Obama avant qu'il ne soit candidat à la présidence lors d'une tournée promotionnelle de son livre dans la banlieue de Chicago. "Cette interview est la chose la plus difficile que j'aie eu à faire dans ma vie, raconte-t-elle au point.fr . C'est un exercice dangereux. Il faut faire attention à continuer à poser des questions qui dérangent. J'ai eu exactement 10 minutes, et au bout de 7 minutes, Gibbs me faisait des grands signes pour arrêter."
La persuasion de Laurence Haïm
En fait, Laurence Haïm a inversé la tendance en obtenant un rapide entretien avec Robert Gibbs dans son bureau, il y a trois semaines.
Rapide ? "Quatre minutes exactement", précise-t-elle. La journaliste avait préparé un argumentaire en cinq points, qu'elle a déposé sur le bureau de Gibbs.
D'abord, elle a fait valoir que Canal+ était là quotidiennement depuis le début de l'aventure dans l'Iowa.
Certes, Canal+ n'a pas de 20 heures comme une chaîne traditionnelle, mais rassemble un public jeune, et si la volonté de Washington était de restaurer l'image des États-Unis dans le monde arabe, Canal+ était la chaîne possédant un gros réservoir de téléspectateurs jeunes d'origine maghrébine.
Elle sort alors sa caméra DV de son sac et se dit prête à embarquer sur Air Force One. "Je pense que le geste de sortir la caméra a eu un impact positif", souligne-t-elle.
À partir de là, l'équipe Obama n'a rien fait savoir de ses intentions pendant plusieurs semaines.
Canal+ investit 200.000 euros pour être accrédité à la Maison-Blanche
Samedi soir, Laurence Haïm a reçu un premier coup de fil où on lui a indiqué que la situation pourrait lui sourire. La Maison-Blanche a exigé une confidentialité totale, et n'a apporté aucune garantie quant à la réalisation effective du projet.
En France, au siège de Canal+, seuls Ara Aprikian, le directeur des programmes de flux, et chez I-Télé, la filiale, Thierry Thuillier, le patron de la rédaction, ont été mis dans la confidence.
Un secret très bien gardé, jusqu'au sommet de la chaîne cryptée.
Canal + est la seule chaîne française à avoir investi dans un bureau de correspondant permanent à la Maison-Blanche, soit un coût de 200.000 euros par an pour la chaîne cryptée. Tous les vendredis dans le JT de Canal+, Laurence Haïm réalise un petit module depuis Washington. Elle ne rate aucune conférence de presse de la présidence, même les plus mineures, et travaille ainsi sans relâche son réseau.
La journaliste prépare du reste un documentaire sur les coulisses de la Maison-Blanche.
Le doc s'intitulera Full access , en écho au No access qu'elle avait conçu après la campagne américaine.
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