Un policier assassiné à la voiture piégée près de Bilbao pays basque

Publié le 20 Juin 2009

Pays basque . ETA a frappé hier la police nationale espagnole dans la banlieue de Bilbao, au Pays basque. Très grande émotion dans le pays

Un policier assassiné à la voiture piégée
La police nationale espagnole sur les lieux du drame sur les hauteurs de La Peña. (PHOTO PATRICK BERNIERE)
La police nationale espagnole sur les lieux du drame sur les hauteurs de La Peña. (PHOTO PATRICK BERNIERE)

Eduardo Antonio Puelles Garcia est mort hier (peu après 9 heures) dans d'atroces circonstances, victime d'une bombe ventouse placée sous sa voiture. Il a brûlé vif dans l'incendie du véhicule qui a suivi. Un témoin a déclaré l'avoir entendu crier, appeler à l'aide, mais en vain. La voiture était en flammes, personne n'a pu le secourir.

49 ans, père de deux garçons, enfant du pays (originaire de Barakaldo, autre banlieue ouvrière de Bilbao), un frère membre de la police basque (Ertzaintza), il vivait dans la commune d'Arrigorriaga, à La Peña, une concentration d'immeubles de brique ceinturés par une autoroute, une rivière, une voie de chemin de fer et de raides contreforts montagneux.

Sa voiture, comme celle de ses voisins, avait passé la nuit dehors au pied de bâtiments austères. « On le connaissait bien, il fréquentait notre bar », explique cette voisine à l'air perdu. « C'était l'un des nôtres... J'ai entendu un énorme bruit sourd, puis j'ai vu de la fumée... », poursuit-elle, l'oeil rivé sur l'écran TV qui diffuse et rediffuse les premières images du drame. La Peña, précise-t-elle, n'en est pas à son premier attentat. Il y a une vingtaine d'années déjà, un membre de la police nationale fut assassiné dans le fronton attenant...

Six mois après

ETA n'a évidemment pas frappé au hasard. Inspecteur de la police nationale, Eduardo Puelles Garcia était l'un des responsables des services de renseignement de la brigade antiterroriste de Bilbao.

Six mois qu'ETA n'avait pas tué. Son dernier attentat sanglant remontait au 3 décembre 2008. Il survint à Azpeitia, où un commando abattit un chef d'entreprise proche du Parti nationaliste basque, Ignacio Uria, impliqué dans le chantier des lignes nouvelles du TGV basque qu'ETA accusait de ne pas « s'acquitter de l'impôt révolutionnaire ».

Cette fois, ETA a visé un corps de police, trois jours après la visite à Bilbao du ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba venu à la rencontre de son homologue basque, Rodolfo Ares. En charge de la sécurité et de la direction de la police autonome basque, ce dernier est, en tant que tel, confronté à « son » premier attentat mortel. De même que le président du gouvernement socialiste d'Euskadi Patxi Lopez, investi le 5 mai dernier, avec le soutien du Parti populaire. PSOE et PP ont fait de la lutte antiterroriste et de l'éradication d'ETA leur objectif numéro un, dans un contexte politique post-électoral très lourd.

De Bruxelles à Bilbao

Le drame a surpris le parlement régional basque en session à Vitoria et le président du gouvernement espagnol à Bruxelles. Le premier a suspendu ses travaux, le second est rentré précipitamment à Madrid.

Dans l'après-midi, José Luis Rodriguez Zapatero s'est rendu à la chapelle ardente dressée à Bilbao, dans les locaux de la sous-délégation du gouvernement espagnol.

Cet après-midi, la population est invitée à participer à une manifestation de condamnation (Bilbao, 18 heures). La banderole du jour portera ces mots : « Por la libertad. ETA NO. Askatasuna » (« Pour la liberté. ETA NON. Liberté »). Seule entre tous, dans un communiqué diffusé hier, la gauche radicale (liée au parti interdit Batasuna) n'a pas condamné ETA mais a appelé à une négociation politique, tout en évoquant la disparition en territoire français du membre présumé d'ETA Jon Anza, depuis le 18 avril dernier.

Qui a préparé et installé la bombe assassine ? Des membres non fichés d'ETA ou bien des clandestins connus ayant échappé à la traque policière ? L'attentat d'hier aurait des similitudes avec d'autres tentatives d'assassinat (voitures piégées à la bombe ventouse) non élucidées, perpétrées dans la même zone, au cours des trois dernières années.

Le dernier coup policier porté à ETA (mise au jour d'une importante cache d'armes et d'explosifs en Lot-et-Garonne) remonte à lundi dernier.

 

Source Sudouest.com Auteur : ANNE-MARIE BORDES

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article