Le journal NZZ am Sonntag, qui cite une source proche du dossier, a lui aussi indiqué que la banque échappe à l'amende et qu'elle devra livrer
5000 noms.
UBS a dû montrer patte blanche et s'engager à coopérer pleinement, peut-on lire dans Le Matin Dimanche, qui cite le journal dominical suisse alémanique SonntagsZeitung. La
banque a aussi dû promettre de ne plus jamais enfreindre la loi et assurer de son entière coopération.
La Confédération en prend aussi pour son grade. Le Département des finances a promis de traiter rapidement les 5000 dossiers. Il devra faire appel à de nombreux spécialistes.
Pour les 250 dossiers transmis dernièrement, il en avait fallu 40, précise le journal.
Le contenu précis de l'accord entre la banque et les Etats-Unis ne sera communiqué que vendredi prochain. Et il faut encore régler des détails qui ont leur importance pour la
Suisse, relève la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, citée dans le journal Sonntag.
"Structures suspectes"
Les Etats-Unis ont analysé des informations sur des comptes anonymisés que la banque avait fournis à l'IRS (Internal Revenu Service) il y a
quelques semaines. Des "structures suspectes" qui devaient servir à induire en erreur le fisc ont été repérées. Il s'agit de sociétés offshore qui auraient été créées pour
contourner la législation.
Ce sont les données de ces entités juridiques (qui se définissent par une activité se déroulant dans un autre Etat que celui hébergeant leur siège) que la banque a promis de
livrer. Samedi déjà, la majorité de la presse étrangère avait estimé que ce serait plutôt des noms, et non de l'argent que la banque helvétique devrait fournir aux
Etats-Unis.
Violation du secret bancaire?
Si les noms sont transmis dans le cadre de l'entraide judiciaire, les clients pourront aller jusqu'au Tribunal fédéral pour se défendre. En
revanche, si les données sont transmises à bien plaire, UBS et la Suisse pourraient être attaquées pour violation du secret bancaire.
Selon Eveline Widmer-Schlump, citée dans Sonntag, l'accord de principe devra donner lieu à une nouvelle demande d'entraide judiciaire. Le secrétaire d'Etat Michael Ambühl qui
dirigeait la délégation suisse lors des négociations a expliqué dans la NZZ am Sonntag que les Etats-Unis se sont engagés à agir sur la base des accords en vigueur et à
présenter une nouvelle demande d'entraide judiciaire. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé ce point dimanche.
Dans tous les cas, le délai d'amnistie fiscale devra être écoulé pour que les informations soient livrées. Actuellement, les Américains ont jusqu'à fin septembre pour dénoncer
spontanément leur(s) compte(s) caché(s), mais la durée d'auto-dénonciation pourrait être étendue, écrit la NZZ. Actuellement, l'IRS disposerait de 10'000 noms de
repentis.
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Les deux responsables ont finalement bel et bien traité de l'UBS vendredi. [Keystone]
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Dans l'intérêt des Américains
Si l'accord se déroule comme présenté plus haut, il s'agirait d'un soulagement pour les Etats-Unis. En effet, le président américain Barack Obama
a fait de la lutte contre les fraudeurs du fisc l'un de ses chevaux de bataille.
Par ailleurs, "le conflit aurait pu altérer les relations bilatérales entre la Suisse et les Etats-Unis", selon un porte-parole de la Secrétaire d'Etat américaine Hillary
Clinton, cité par Le Matin Dimanche.
Les Américains estimaient donc la rencontre entre la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton "utile".
Celles-ci avaient initialement assuré qu'elles tâcheraient d'éviter de traiter de ce sujet délicat.
Issue pas trop malheureuse
Le fait que l'IRS retire sa plainte sans demander d'argent pourrait être un succès aussi pour la Suisse et la banque. En effet, une amende pouvant
toucher les 10 milliards de francs avait été mentionnée. En outre, La plainte civile déposée en février par l'IRS visait l'obtention de données concernant 52'000 clients.
Vendredi, après l'annonce de l'accord extrajudiciaire, le juge Alan Gold a décalé une deuxième fois l'ouverture d'un éventuel procès au 10 août. Par ailleurs, le cours de
l'action UBS avait bondi de 3,9% à 15,61 francs, avec un plus haut à près de 16 francs.
Les chiffres trimestriels de la banque doivent être présentés mardi. Ils devraient être dans le rouge. Pour mémoire, la banque avait payé en février 780 millions de dollars pour
suspendre toute procédure pénale durant 18 mois aux Etats-Unis.
Auteur Caroline Briner Source Info.rsr.ch