POLLUTION aux algues vertes : Décès suspect en Bretagne

Publié le 6 Septembre 2009

Fin juillet, un salarié qui manipulait des algues vertes est mort à la suite d'un malaise. Les associations y voient un lien de cause à effet
François Fillon s'était déplacé fin août sur les plages bretonnes pour constater la pollution. (photo AFP)
François Fillon s'était déplacé fin août sur les plages bretonnes pour constater la pollution. (photo AFP)

L'affaire avait fait grand bruit cet été. Un cheval était mort, fin juillet, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor), asphyxié par des vapeurs d'hydroxyde sulfuré rejetées par la décomposition d'algues vertes. Son cavalier s'en était sorti, in extremis.

Une chance que n'aurait pas connue un salarié d'une entreprise de transports, mort fin juillet. Selon plusieurs associations et un élu local, ce décès pourrait être lié à la manutention, par cet employé, d'algues vertes en décomposition, dont la toxicité a récemment été reconnue par les pouvoirs publics.

Thierry Burlot, président du Syndicat mixte de traitement des ordures ménagères de Lantic et élu PS au Conseil régional de Bretagne, a fait savoir hier qu'il avait récemment alerté la préfecture après avoir appris « fortuitement », un mois après, le décès du salarié.

Celui-ci « livrait » des algues vertes entre Binic (Côtes-d'Armor) et une usine de traitement des déchets, située à Lantic. « Le salarié sortait de l'usine après avoir manipulé son troisième caisson d'algues vertes de la journée et, moins de dix minutes après, il a fait un malaise et a eu un accident avec son camion », a raconté Thierry Burlot. Pour l'association Sauvegarde du Trégor ou le collectif Urgences marées vertes, le décès de cet homme de 48 ans, le 22 juillet dernier, a été attribué à un simple malaise cardiaque.

Pas d'enquête déclenchée

L'élu dit avoir prévenu les autorités début septembre, en vertu du « principe de précaution », après avoir entendu fin août « François Fillon expliquer sur la plage de Saint-Michel-en-Grève que les algues vertes étaient hautement toxiques et qu'il fallait protéger les salariés ».

La préfecture des Côtes-d'Armor a affirmé hier avoir appris ce décès tout récemment, via la lettre de l'élu. « Compte tenu du contexte, le préfet a transmis ce courrier au procureur de la République de Saint-Brieuc », a déclaré le secrétaire général de la préfecture, Philippe de Gestas. Pour l'instant, a-t-il ajouté, « nous n'avons pas de position sur ce décès car nous n'avons pas d'éléments ».

Toutefois, le procureur de Saint-Brieuc, Gérard Zaug, a précisé qu'il n'avait été « saisi de rien ». « Le courrier m'a été adressé à titre informatif », et aucune enquête n'a été déclenchée, a-t-il indiqué, précisant qu'il n'avait pas reçu de plainte de la part de la famille du défunt. Selon Thierry Burlot, le salarié ne portait pas d'équipements de protection.

Un rapport officiel avait confirmé fin août que l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en décomposition pouvait être « mortel », en cas de concentration importante. « Il y a de fortes suspicions que ce décès soit lié aux algues vertes », a affirmé hier Yves-Marie Le Lay, de Sauvegarde du Trégor. Un propos relayé par Denis Baulier, porte-parole du collectif Urgences marées vertes, qui souhaite que « toute la lumière soit faite ».

OEdème pulmonaire

Selon Claude Lesnée, médecin au CNRS et au département de santé publique de l'université de Rennes 1, le salarié « avait transporté des caissons d'algues vertes en état de décomposition et a donc été exposé ».

Pour le scientifique, « les scénarios » d'intoxication aux algues vertes, dus au gaz dégagé par la décomposition, ressemblent « étrange- ment » à ce décès. Selon lui, l'exposition aux algues vertes en putréfaction peut, entre autres, provoquer un oedème pulmonaire ou un accident cardiaque.

Source Sudouest.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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