Chasse à l'homme pour retrouver Jean-Pierre Treiber
Publié le 9 Septembre 2009

Aperçu des maisons voisines de la propriété du suspect Jean-Pierre Treiber, où des enquêteurs de la police effectuent des fouilles, le 10 décembre 2004 à Villeneuve-sur-Yonne. Crédits photo : AFP
Une centaine de gendarmes mènent une traque intense en forêt pour retrouver l'unique suspect dans l'affaire du double meurtre de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier. Il s'est évadé mardi de la prison d'Auxerre.
Où se cache Jean-Pierre Treiber ? Une question qui reste pour l'instant sans réponse pour les forces de l'ordre, qui ont déployé mercredi matin de grands moyens humains et logistiques pour le retrouver. Après de premières investigations infructueuses mardi soir, des centaines de policiers et de gendarmes, épaulés par un hélicoptère qui quadrille la zone, ont donc repris les recherches très tôt mercredi dans la région de Bonnard dans l'Yonne, près de la forêt d'Othe, zone forestière bien connue par l'évadé.
Jean-Pierre Treiber est en effet un ancien garde forestier. «C'est la principale idée pour le retrouver, mais on n'écarte pas l'hypothèse qu'il ait déjà quitté le département de l'Yonne» en train, nuance toutefois le procureur de la République, François Pérain. Le plan Milan, une «toile d'araignée» selon les gendarmes, a été déclenché afin de le retrouver. Plusieurs plans, dont le plus fameux est le plan Epervier, existent afin de rechercher des fuyards. Ils consistent à «quadriller au plus large un secteur géographique donné, dans tous les points névralgiques».
Tous les effectifs déployés ont une «mission donnée» et des «points de surveillance assignés». Il s'agit «de tenir la zone» susceptible d'être empruntée par le ou les fuyards et ces plans ont une «durée de temps limitée» qui évolue «au gré des circonstances». Le plan Milan peut couvrir un ou plusieurs départements, et mobilise des effectifs très importants impliquant souvent plusieurs compagnies ou brigades de gendarmerie et des forces de l'ordre, aidés de chiens si nécessaire.
Treiber, qui devait comparaître au printemps 2010 dans l'affaire du double meurtre de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier devant la cour d'assises de l'Yonne, n'était pas un détenu particulièrement surveillé (DPS). Il s'est évadé mardi matin alors qu'il travaillait dans un atelier de la prison d'Auxerre. Selon le parquet, il se serait dissimulé dans un carton qui faisait partie du chargement d'un camion destiné à une commune de l'Yonne. Son absence n'aurait été constatée que mardi en fin de journée, lors de l'appel du soir.
En marge de la chasse à l'homme se déroule une passe d'armes entre avocats. Eric Dupond-Moretti, l'avocat de Jean-Pierre Treiber, juge «ininterprétable» l'évasion spectaculaire de son client. «On peut dire soit qu'il est coupable, ce que dit la partie civile, et qu'il signe sa culpabilité, on peut dire aussi qu'il est innocent et qu'il n'a pas été entendu par la justice», plaide-t-il. Enfin, «on peut dire aussi qu'il est désespéré, qu'il n'a plus confiance dans la justice parce qu'il dit depuis longtemps qu'il est innocent et qu'il n'a pas été entendu».
A la question de savoir si son client avait pris contact avec lui depuis son évasion, Me Dupond-Moretti, a répondu : «Pas du tout». «Et si c'était le cas je ne vous le dirai pas», a-t-il conclu, invoquant le secret professionnel. Joint par Le Figaro dans la soirée de mardi, Me Francis Szpiner, conseil de la famille Giraud, n'avait pas caché sa «surprise» en apprenant l'évasion : «Tout prisonnier pense à s'évader, mais rien, dans le comportement de Treiber, ne le laissait supposer». Avant d'ajouter : «Je ne veux pas dire que cette initiative est un aveu, mais cela y ressemble…»
De son côté, le comédien Roland Giraud est littéralement bouleversé par l'évasion de l'assassin présumé de sa fille Géraldine. «Sa fuite est un aveu, confie-t-il au Parisien. «Il faut absolument qu'on le retrouve très vite. Il faut que la justice suive son cours. Bouleversé, il attend maintenant des explications précises : «Qu'on puisse s'évader d'une telle manière d'une prison française, cela me sidère !»
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