EDF, ou l'art de facturer... les factures
Publié le 26 Septembre 2009
28,40 ?. C'est le prix à payer pour un relevé de compteur sur rendez-vous. Sinon, on coupe...
C'est un courrier standard comme ont dû en recevoir quelques millions d'abonnés au gaz et à l'électricité.
Sous l'en-tête ERDF (Électricité réseau distribution France) et GRDF (pareil, mais pour le gaz), il leur est expliqué qu'un « releveur » passera chez eux à telle date entre telle et telle heure ; qu'ils devront être présents pour lui permettre d'accéder aux compteurs ; et qu'en cas d'impossibilité, il leur faudra « contacter leur conseiller » pour fixer un nouveau rendez-vous. Lequel leur sera facturé.
Combien ?
La lettre ne le dit pas. Renseignement pris à la source, le déplacement de l'homme de l'art et les deux minutes qu'il lui faut pour relever au plus deux chiffres en kilowattheures (heures creuses, heures pleines) et un en mètres cubes (de gaz) leur coûtera 28,40 ? TTC.
Un service particulier
Les courriers sont parfois approximatifs. Ils n'indiquent pas toujours le numéro de téléphone où joindre son « conseiller ». Ou oublient de signaler les autres possibilités offertes aux absents : autorelevé, relevé affiché sur la porte d'entrée ou transmis par téléphone. D'autres fois, le client est présent à l'heure dite, mais pas le « releveur »...
Ce qui fait le plus hurler les abonnés, cependant, c'est cette histoire de rendez-vous facturé. « Devoir payer pour qu'EDF m'adresse sa facture, ça me dépasse ! », tempête un Girondin. « C'est du jamais-vu ! »
Et pourtant, si. Selon l'antenne aquitaine d'ERDF, cette mesure est en vigueur « depuis la dérégulation du marché de l'électricité » (ERDF relève aussi les compteurs pour les concurrents d'EDF). Elle se justifie, explique un responsable régional, Guillaume Coudent, par un service particulier qui implique un coût supplémentaire.
« Nous avons obligation d'effectuer un relevé physique par an. L'obligation vaut aussi pour l'abonné, qui doit prendre ses dispositions pour être présent au rendez-vous. Sachant que nous effectuons 800 000 relevés par an sur rendez-vous rien qu'en Gironde, il est évident que nous ne pouvons pas les individualiser. Si le client veut un rendez-vous fixe, la prestation devient payante. »
ERDF est plus embarrassé par les menaces que contiennent certaines lettres. Un client bordelais s'est étranglé de colère en lisant qu'il était prié de prendre rendez-vous, et fissa, faute de quoi « nous pourrions être amenés à suspendre notre fourniture d'énergie sans autre préavis ».
Intimidation ? Chantage ? On peut nourrir des doutes sur la légalité de la procédure. Guillaume Coudent reconnaît que le ton est « un peu péremptoire », qu'il peut en effet « choquer ». Mais, ajoute-t-il, « je crois que ce n'est jamais arrivé dans les faits ».
ERDF a créé un « groupe de travail » pour rédiger une formulation plus soft. Et aussi plus conforme à la réglementation.
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