Richard Williamson a nié l'existence de l'holocauste

Publié le 1 Février 2009

Eveque négationiste
Richard Williamson était un vrai timbré

Richard Williamson a défrayé la chronique en niant l'Holocauste alors que le pape venait de lever son excommunication.

Qui est ce prêtre, ordonné en 1976 par Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X? Un homme qui défend également la théorie du complot autour du 11 septembre 2001 et qui n'a pas hésité à affirmer que les femmes ne sont pas dignes d'aller à l'Université. Pas prédisposées à la pensée rationnelle, elles ne seraient bonnes qu'à enfanter.


On ne sait pas grand-chose de l'enfance de ce Britannique, né à Londres en 1940 dans une famille anglicane de trois enfants. Il semblerait qu'il ait eu une enfance banale et qu'il ait été un bon élève. En tout cas, il a été accepté dans l'une des Universités les plus prestigieuses d'Europe, Cambridge, où il a obtenu un diplôme de littérature. A la fin de ses études, Richard Williamson est parti en Afrique pour enseigner la littérature au Ghana de 1963 à 1965. C'est pendant ce séjour que cet homme érudit aurait envisagé la spiritualité sous un jour nouveau.


Avec Albert Schweitzer


Il trouva son inspiration auprès de Malcolm Muggeridge. Cet écrivain et journaliste anglais était à l'origine un agnostique attiré par le communisme avant de devenir un fervent chrétien, puis un catholique conservateur. C'est également en Afrique que Williamson a fait la connaissance d'Albert Schweitzer, vieillissant, qui se trouvait encore au Gabon.


Mais l'Anglais ne se convertit au catholicisme qu'à son retour sur le Vieux-Continent en 1971. Il entre au séminaire d'Ecône dès l'année suivante. «C'était un vrai timbré, un fondamentaliste», affirme un prêtre qui fréquenta avec lui le séminaire intégriste. «Un excentrique incontrôlable», décrit un prêtre traditionaliste. «Un homme qui a toujours eu envie de se distinguer et d'être jugé infréquentable», estime un ancien lefebvriste.


Bref, dès sa conversion, Richard Williamson additionne les polémiques. Il devient le chantre de la cause antimoderniste. Il se réfère au Syllabus de 1864, un texte par lequel le Vatican avait condamné les erreurs de la modernité. Il ne se gêne pas pour proférer des menaces apocalyptiques, il promet au monde vérolé par le modernisme un déluge de feu. «Plus le péché augmente, plus la patience de Dieu s'émousse. Quelque chose va craquer. Ce sera un châtiment sérieux. Et l'Arche sera alors la Tradition catholique», a-t-il affirmé au printemps dernier dans un sermon prononcé dans l'Oregon.


C'est peu après avoir été sacré évêque, en 1988, par Mgr Lefebvre, qu'il a tenu ses premiers propos négationnistes. Il avait nié au Canada l'existence des chambres à gaz nazies. «Je ne crois pas à l'extermination de millions de Juifs», avait-il déclaré.


Un révisionniste


A l'époque, comme aujourd'hui, il existait malheureusement un courant négationniste qui le soutenait.

L'évêque s'est aussi fait remarquer dès 2001 par son penchant révisionniste tous azimuts. Après les attentats du 11 septembre 2001, il a déclaré que c'est «le plus grand mensonge du siècle. (...)Aucun avion n'a détruit les tours du World Trade Center», a-t-il affirmé en prétendant que ces attentats sont le fait du gouvernement américain.


«Décidément taillé pour la polémique, il fait l'objet de fantasmes et de soupçons au sein même de son clan: une poignée de fidèles de la Fraternité, partageant son penchant pour la théorie du complot, lui reprochent en effet d'être un infiltré de Rome.

En soutenant ses multiples déclarations fracassantes par des arguments flous et aisément réfutables, il offrirait des prises aux ennemis de la Fraternité et ferait le jeu des modernistes...» a écrit à son sujet le site chrétien La Vie.


Richard Williamson n'a jamais cherché à paraître austère. Bien au contraire: il a orné son blog sur Internet d'une caricature figurant une tête d'évêque sur un corps de dinosaure, ou encore il s'est montré en grattant une guitare imaginaire pour singer les catholiques «conciliaires», minés, selon lui, par leur mièvrerie digne des Beatles: «All You Need Is Love» (L'amour est tout ce dont tu as besoin), ont rapporté des séminaristes.


Williamson dirige aujourd'hui le séminaire américain (Minnesota) de la Fraternité, où il a commencé à enseigner après son ordination en 1976, et celui de La Reja, en Argentine.


Levée de l'excommunication: réactions

La levée de l'excommunication de quatre évêques de la mouvance d'Ecône par le pape suscite de nouvelles réactions. Dans une lettre ouverte à la Conférence des évêques suisses publiée hier, plus de 200 personnes ont exprimé leur préoccupation à ce sujet.

Les quelque 200 prêtres et théologiens signataires de la lettre, majoritairement alémaniques, estiment que le geste du pape Benoît XVI s'inscrit dans une série de décisions qui semblent «fortement régressives».

Un prêtre italien de la communauté intégriste catholique de la Fraternité Saint Pie X a affirmé ne pas savoir si les chambres à gaz avaient fait des morts. Il s'exprimait sur la question malgré le scandale suscité par les propos négationnistes d'un évêque intégriste.

 

 

( source le matin.ch )

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article