Ministres, surtout restez couverts, le fond de l'air est très frais !

Publié le 11 Février 2009

Depuis le 28 janvier, les membres du gouvernement - sauf Valérie Pécresse et Yves Jégo, qui n'ont pas le choix - se terrent. Absents des médias, ils ne s'expriment plus guère qu'à l'Assemblée nationale ou dans de discrets déplacements. Un effet collatéral du pouvoir personnel ?


Ministres, restez couverts, le fond de l'air est frais !
Les chercheurs sont dans la rue, le Président est sur le pont... mais pas une trace du gouvernement dans les grands médias ! Seuls à s'exposer vraiment : Valérie Pécresset et Yves Jégo. Et encore, ce n'est que pour affronter des rues bondées de manifestants !

Syndicalistes, socialistes et opposants remplacent les ministres
Depuis le 29 janvier, difficile d'apercevoir ou d'entendre un membre du gouvernement : dans les matinales des grandes radios, si on excepte le passage d'Eric Woerth chez Jean-Pierre Elkabbach le lendemain des la grève générale puis chez Yves Calvi lundi soir, et celui d'Eric Besson quelques jours plus tard, bien obligé de s'exprimer sur son idée géniale de prime à la dénonciaition des passeurs, syndicalistes, socialistes et opposants de toutes sortes taillent des croupières au temps de parole des ministres. Au nombre desquels certains devraient pourtant être au premier rang dans la communication : Lagarde, Hortefeux et Devedjian par exemple, puisqu'on parle tous les jours du plan de relance dont il a la responsabilité.

Ce rythme d'escargot  tranche avec les trois passages par semaine minimum qui étaient en vigueur avant le 1er février, sur RTL où s'étaient succédés, entre le 14 et le 21 janvier, Martin Hirsch, Luc Chatel et la ministre de l'Economie.

Concernant le ministre du plan de relance, le diagnostic est particulièrement frappant : alors que 6 milliards sont promis pour Renault et PSA, que les «1000» décisions de sa lettre de mission font l'objet d'un train de ministres et que d'subsides sont prévues pour la presse, Airbus et autres industries, Patrick Devedjian cumule, sur deux semaines, trois passages médiatiques notables, en comptant l'interview matinale de LCI avec Christophe Barbier. A cette occasion, le directeur de la rédaction de l'Express ne lui réserve presque que des questions sur ses collègues : situation dans les Antilles, manifestation des chercheurs... Inquiet, Barbier profite d'avoir le petit dernier pour prendre des nouvelles de la famille !



Un silence pour ménager la place au chef
Dans l'agenda de Christine Lagarde, il n'y a plus de place que pour des « Rencontres bilatérales avec les partenaires sociaux en préparation de la réunion du 18 février à l’Elysée », qui remplissent toute la semaine du 9 au 13 à l'exception d'une réunion de l'Eurogroupe, de l'Ecofin et un rendez-vous chez Oséo le vendredi.

Tout le gouvernement serait dont mobilisé pour préparer le terrain pour le patron en vue de son face à face avec les partenaires sociaux ? Pas seulement : si le silence des ministres est assourdissant, la parole de Xavier Bertrand et des membres de l'UMP se fait de moins en moins rare. Depuis qu'il a pris la tête du parti majoritaire, l'ancien ministre du Travail multiplie les sorties pour expliquer les volontés présidentielles, justifier les postures et « faire de la pédagogie », le sport préféré des sarkozystes, où Frédéric Lefebvre est ceinture noire, qui part du postulat suivant : « si vous n'aimez pas les réformes, c'est que vous ne les avez pas compris ».

Car, dès le lendemain du 29 janvier, le «wording», comme on dit maintenant dans les réunions de l'UMP, était prêt, que répétait déjà Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy : puisque les Français s'inquiètent et veulent du leadership, on va leur prouver qu'il y a un capitaine à la barre. Or, il ne s'agit pas de la «cuisine gouvernementale» où se pressent les mitrons pour préparer les réformes et les décrets, mais du « bateau France », nouvelle expression à la mode (qui témoigne, au moins, de l'oubli de la tragédie du «France»), à la tête duquel il ne peut y avoir qu'un capitaine.

L'annonce du plan d'aide à l'automobile, c'est à l'Elysée, l'intervention télévisée, c'est avec le Président. Les rencontres sur le terrain avec les victimes de la crise, c'est encore lui. Il ne doit y avoir qu'un seul visage à la crise, qu'une seule tête qui dépasse, et ce doit être la sienne. Et pour être sûr qu'il n'en soit pas autrement, les ministres doivent être sûr de rester à plat ventre par terre. Ce n'est pas ceux et celles qui ont osé enfreindre cette loi du sarkozysme et lever la tête - Rachida Dati, Xavier Darcos, etc - qui diront le contraire.

( source mariannne2.fr , sarkoland )

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

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