L'outre-mer en ébullition la mobilisation se généralise
Publié le 13 Février 2009
Les négociations sont dans l'impasse aux Antilles. Début de mobilisation à la Réunion
Les négociations pour sortir du blocage en Guadeloupe et en Martinique sont apparues au point mort hier, tandis qu'à la Réunion, un collectif appelait à son tour à la grève générale.
En Guadeloupe, le comité LKP, qui rassemble les leaders de la grève paralysant l'île depuis le 20 janvier, a rompu les négociations. En Martinique, où la grève entre dans sa deuxième semaine, les syndicats ont marqué leur défiance envers le secrétaire d'État à l'Outre-Mer, Yves Jégo.
M. Jégo devait regagner Paris aujourd'hui après une étape à Fort-de-France. Les deux médiateurs qui l'accompagnent sont restés en Guadeloupe pour négocier avec le patronat et le comité gréviste LKP. Mais après quelques heures, les six négociateurs du LKP ont affirmé qu'ils ne reprendraient pas la discussion avant que l'État cosigne le préaccord élaboré dimanche avec le patronat.
Le Premier ministre, François Fillon, avait refusé que l'État finance, via un allègement des charges salariales, cet accord prévoyant 200 euros d'augmentation des salaires. Le LKP, à l'origine de la grève, a annoncé l'organisation d'un rassemblement public à Pointe-à-Pitre pour expliciter sa position. Une manifestation est en préparation pour samedi. Les deux médiateurs devaient rencontrer les six négociateurs patronaux du Mouvement des entrepreneurs de Guadeloupe.
En Martinique, M. Jégo avait promis « de l'écoute, de l'écoute, de l'écoute », avant de rencontrer à la préfecture le « Collectif du 5 février », où sont représentés les treize syndicats porteurs des revendications « contre la vie chère et pour l'emploi ». Le collectif était arrivé dans la matinée en cortège, suivi par 1 600 manifestants et au son des klaxons de dizaines de camions. « Nous ne nous faisons guère d'illusions », a indiqué Michel Monrose, le président du collectif, lors d'une suspension de séance.
Les syndicats martiniquais sont irrités par une remarque de M. Jégo, qui a qualifié leur collectif de « moins bien organisé que celui de Guadeloupe ». Le collectif, qui avait obtenu mardi une baisse de 20 % sur 100 produits de base, refuse aussi le travail en commissions.
La quasi-totalité des services publics et des commerces était toujours à l'arrêt hier dans les deux département des Antilles françaises. La grève se complique, en Martinique, d'une polémique entre communautés, après la diffusion d'un reportage de Canal+ dans lequel un entrepreneur de la minorité béké (descendants d'esclavagistes blancs), Alain Huygues-Despointes, expliquait « vouloir préserver sa race ».
À la Réunion
L'éventualité d'une contagion du mouvement est apparue jeudi soir à 13 000 kilomètres des Antilles, dans l'océan Indien. Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a appelé à une journée de grève générale et de manifestation le 5 mars, avec des revendications axées sur « la vie chère », très semblables à celles entendues à Fort-de-France et à Pointe-à-Pitre.
Sa première revendication porte sur « une augmentation de 200 euros net sur les salaires, les minima sociaux, les retraites et les bourses étudiantes ». Il réclame également une « baisse de 20 % des produits de consommation courante », un « gel des loyers sociaux » et, enfin, une « baisse de 5 euros sur la bouteille de gaz ».
( source sud - ouest )
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