RSA : la Réforme qui Sert A rien
Publié le 15 Avril 2009
RSA : la Réforme qui Sert A rien
Selon une enquête de la DREES – Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – le RSA a « un impact limité en terme de
maintien ou d’accès à l’emploi ». En effet, « aucune différence significative » n’a
été observée entre les zones tests, dans lesquelles le RSA a été expérimenté, et les zones témoins, zones comparables où le RSA n’a pas été expérimenté. Pire: la Drees fait apparaître que
le RSA est contre-productif.
Le RSA accroît les inégalités sociales!
Le rapport précise en effet que la reprise d’emploi est plus importante pour les personnes titulaires d’un baccalauréat.
Et les auteurs de cette étude de conclure : « Il semblerait donc que l’accès à l’emploi
ait été facilité par le RSA pour les populations ne cumulant pas trop d’obstacles ». Donc pour des populations qui n'en avaient pas réellement
besoin. En revanche, pour les moins diplômés, le RSA s'avère être un véritable boulet : dans les zones tests – avec RSA – seuls 8% d'entre eux ont retrouvé un emploi, contre 12% pour les
zones témoins – sans RSA.
Inquiétant, quand on sait que les non diplômés sont sur-représentés chez les futurs bénéficiaires du RSA (seul un sur
cinq est titulaire du bac) !
Des différences entre départements qui n’arrangeront rien !
Et l’accompagnement des allocataires, fer de lance du projet de RSA?
Il ne vaut guère mieux que celui (déjà quasi inexistant) réservé aux bénéficiaires du RMI : là encore, il n’y a pas
d’amélioration observable dans les territoires qui ont testé le dispositif.
Certes, la gestion du RSA étant décentralisée, les mesures d’accompagnement pourront différer selon les
départements.
Mais comme le passage du RMI au RSA va se faire à moyens constants dans la plupart des conseils
généraux, on peut légitimement douter du volontarisme sur la question, d'autant que les départements qui ont testé le RSA étaient tous volontaires, donc ultra-motivés. C'est dire… D’où ce constat sans appel :
« l’accompagnement, tant sur le volet social que sur le volet professionnel, a peu varié depuis la mise en place du RSA »
Un mécanisme obscur...
Enfin, le rapport met en cause le mode de calcul même du RSA. L'allocation va fluctuer en fonction du salaire.
En cela, elle va créer une instabilité car les bénéficiaires s’interrogeront chaque mois sur le montant de leurs droits, sans savoir véritablement si des erreurs ont été commises ou non.
Le Canard enchaîné du 8 avril faisait état de 4 lettres envoyées au même chômeur en même temps et accordant 4 montants d’allocation différents.
Cette « variabilité » des droits est une source inépuisable d'inquiétude chez les allocataires : « 64 % des personnes préfèrent avoir une
allocation fixe chaque mois plutôt qu’une allocation qui varie ».
Mais ce n'est pas tout. Le rapport de la Drees montre aussi que l’objectif initial du RSA, qui
était de motiver et récompenser le travail, est loin d'être atteint. Au contraire, « la diminution de l’allocation en lien avec l’augmentation des revenus d’activité est
vécue comme une injustice, même si les ressources globales de l’allocataire s’améliorent ».
Que reste-t-il donc à sauver, dans le RSA? Son sigle : la Réforme qui Sert A rien !
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