Emplois Jeunes : Wauquiez devient jospiniste, Hirsh vire libéral !
Publié le 15 Avril 2009
9 février 2009 : au cours d’une réunion avec les départements sur le RSA, le Haut Commissaire à la Jeunesse et aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsh,
glisse, sybillin : « pour les jeunes, un système d’incitation est prévu… ».
De fait, les projets sont déjà dans les tuyaux. C'est que les derniers chiffres du chômage ont donné un coup de chaud au
gouvernement : le nombre de chômeurs a augmenté de 32% sur un an pour les moins de 25 ans, de 45% si l’on ne prend en compte que les hommes. Des chiffres qui précipitent probablement
l’intervention du secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, qui a lui aussi ses petites idées sur le sujet. Des idées qui vont assurément révolutionner la
droite.
« Des stages commandos » en commerce pour des étudiants en psycho
!
Pour trouver un emploi, le secrétaire d’Etat, visiblement très inspiré, propose ainsi des « formations
rebonds », dans un article du Figaro daté d’aujourd’hui. « Un bac +3 en psychologie condamné au chômage », précise Laurent Wauquiez, pourrait donc bénéficier de
ces fameux stages, « dans un métier porteur » ajoute encore le ministre, « par exemple une
formation commerciale… ». On imagine les acteurs de la filière psychologie réjouis de telles perspectives pour leurs étudiants. Onze semaines après le début du mouvement
universitaire, les intéressés apprécieront cette marque de reconnaissance.
Le retour des « emplois-jeunes » ?
Mais le secrétaire d’Etat ne s'arrête pas là. Il a des idées très novatrices pour vivifier l’emploi des moins de 25 ans, il « veut développer les contrats subventionnés dans les collectivités locales et les associations », toujours selon le Figaro . Et il argumente : « il n'y a que dans le public que l'on peut avoir aujourd'hui des créations nettes d'emploi ! ». Ça a le mérite d’être clair : Wauquiez réclame ni
plus ni moins que le retour des emplois-jeunes, lancés par Lionel Jospin et Martine Aubry en 1997, supprimés six ans plus tard par la droite.
Après la « gauche Carla », la « droite Hirsh » ?
Evidemment, du côté de la majorité, on grince des dents… Et qui monte au créneau? Martin Hirsh qui, rappelons-le,
était conseiller au cabinet de Martine Aubry lors du lancement des emplois-jeunes, en 1997. Selon ses proches, « financer l’emploi non marchand
est une impasse à moyen terme », mieux vaudrait instaurer une prime à l'embauche et encourager les entreprises privées !
Dans un document rendu public jeudi, la commission Hirsh propose de favoriser l'alternance, y compris dans le secteur public. Mais à quoi bon favoriser l'alternance dans le secteur public si les perspectives d'embauche sont réduites ?
Voire inexistantes si l'on considère la politique actuelle de diminution drastique des effectifs. Voilà ce qui pousse probablement M. Hirsh à se réorienter vers des dispositifs d'aide à l'emploi plus spécifiques au secteur privé.
Quitte à virer libéral.
Voilà aussi pourquoi le système de bonus/malus, un temps évoqué, qui consiste à aider les entreprises qui embauchent
et forment des jeunes et pénaliser celles qui ne s'impliquent pas a été purement et simplement écarté.
Pas de quoi rassurer ceux qui s'inquiètent déjà de la hausse sans précédent du nombre de jeunes au chômage, 150 000 à
200 000 selon les estimations du haut commissaire lui-même, portant le nombre total de jeunes au chômage à 650 000, record historique depuis 1994.
D'où le curieux virage jospinien de Wauquiez… La crise, c'est vraiment le monde à l'envers!
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