Nicolas Sarkozy s'en prend aux ambitions "ridicules" de ses ministres

Publié le 15 Avril 2009

AP Laurent Pirot

"Ridicules". Alors que la presse bruisse des ambitions affichées par plusieurs ministres et prêtées à d'autres avant le remaniement annoncé, Nicolas Sarkozy a vivement recadré ses troupes mercredi en s'attaquant aux états d'âme "ridicules et déplacés". 

Lors du conseil des ministres, le chef de l'Etat "a considéré que les positionnements et les états d'âme qui avaient pu voir le jour dans la presse ces derniers jours paraissaient ridicules et décalés aux yeux des Français", a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, qui s'exprime rarement sur les discussions politiques qui occupent le conseil des ministres. "Il a demandé à ses ministres du sang-froid, du calme, de la maîtrise".

Officiellement, le président n'a "ciblé" personne, se contentant d'un "message à l'ensemble des membres du gouvernement". Mais la flèche semblait viser la poignée de ministres qui ont, contrairement à l'usage qui veut que les négociations se passent dans la coulisse, fait publiquement acte de candidature pour une promotion à l'occasion du prochain remaniement.

Le secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire Hubert Falco a ainsi suggéré que ses attributions devraient revenir à "un ministère autonome", alors que Nadine Morano a affiché publiquement son intérêt pour l'Education nationale. Citée par "Le Figaro" de mardi, elle affirme aussi son intérêt pour la Défense ou l'Intérieur.

Le même article prête à Jean-Louis Borloo, pourtant déjà No2 du gouvernement, des vues sur un "superministère de l'Intelligence" et affirme que la ministre du Logement Christine Boutin vise l'Agriculture ou la Justice. Ces deux portefeuilles devraient se libérer dans les semaines qui viennent en raison de la candidature de Michel Barnier et de Rachida Dati aux européennes du 7 juin.

Quant à Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, il a exposé son malaise après le rejet du projet de loi Création et internet ce week-end dans la presse. "En ce moment, c'est sûr, je ne suis pas heureux", a-t-il déclaré dans une interview parue dimanche.

Toutes ces déclarations de ministres -accompagnées d'offres de candidatures de plusieurs personnalités de droite qui ne figurent pas dans l'équipe de François Fillon- ne sont donc pas du goût du président de la République, qui a rappelé à ses ministres que "le rôle du gouvernement dans cette période, c'était d'être concentré sur les préoccupations des Français", selon Luc Chatel.

Mais le chef de l'Etat n'est pas allé plus loin dans ses déclarations. "Il n'a pas du tout évoqué le remaniement", a assuré la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard, laissant dans le flou les ministres sur le départ et ceux qui souhaitent les remplacer.

De toute façon, a observé le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, ancien des gouvernements Raffarin, Villepin et Fillon, "ça ne se passe pas comme ça pour devenir ministre ou pour changer de fonction". "Les ambitions sont certainement légitimes", a-t-il reconnu sur Europe-1, "mais c'est le président et lui seul qui choisit qui est ministre".

 


AP pour yahoo.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens d'europe

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article