La religion de Bébéar, c'est le voile chez Ikéa
Publié le 16 Mai 2009
Auteur Cédric Omet Source Marianne 2.fr
IMS Entreprendre pour la Cité est une association d'entreprises sous la présidence de Claude Bébéar , « courageusement » secondé par Vincent Bolloré. « Sa
mission est d'aider ces entreprises à bâtir des démarches d'Engagement
Sociétal véritablement en phase avec leurs enjeux et les attentes de la
société (...) ». La dernière trouvaille en date de l'association pour venir en aide aux entreprises, c'est un « guide pratique » pour « Gérer la diversité religieuse ».
« L'innovation sociale est en marche... »
Les « principes de laïcité et de neutralité ne s'appliquent pas dans le cadre de l'entreprise privée ».
Voilà qui explique pourquoi les initiateurs de ce guide affirment : « Nous, on encourage les entreprises à aller au-delà du cadre légal ».
On l'aura compris, le volontarisme est de mise. Mais les entreprises font la sourde oreille quand on leur parle de diversité religieuse, apprend-on. « Elles ont peur ! ». Il s'agit donc de prendre les devants, Bébéar est un habitué de la chose, il avait notamment adressé un recueil de 21 propositions au commissaire Sabeg quelques
semaines avant la publication de son rapport sur la diversité.
« On a travaillé avec des sociologues, on a regardé ce qui se faisait au niveau international. (...) Ce guide est un
outil pour créer le dialogue et proposer des pistes d'action. (...) Dans l'immense majorité des cas, les demandes religieuses sont très compatibles avec la vie de
l'entreprise. ». Ouf ! Et il n'en fallait pas moins pour affirmer que dans la gestion de la diversité religieuse, Ikéa était en pointe. Par exemple, «Ils ont fait un voile Ikéa ! C'est conforme à la diversité, c'est conforme à la vie de l'entreprise...». Car bien
évidemment, la diversité religieuse en entreprise est possible à force de concertation, même si « l'intérêt de l'entreprise doit toujours être la
priorité. »
Un voile de com ?
IMS recense « de plus en plus de demandes » concernant la gestion de la religion dans l'entreprise. Et comment
cela s'expliquerait-il ? « En France, parler de religion est tabou. Historiquement, ce sujet là est sensible. ». Ah bon ? Il semblait pourtant
qu'Aristide Briand avait été un précurseur
avec la loi sur la laïcité en 1905. Quant aux débats récurrents sur la remise en cause de cette loi, ça compte pas non plus ?
En fin de compte, « il n'y a pas vraiment d'entreprises qui ont une politique globale » en la
matière. On se contentera donc des constructeurs automobiles français dont il convient de taire le nom parce qu'ils préfèrent ne pas trop attirer l'attention sur ce sujet, et qui ont
diffusé en interne « un calendrier de toutes les fêtes religieuses. ». Pas comme cette entreprise qui « a organisé sa convention de collaborateurs en plein mois de ramadan et le jour d'une fête juive ! » parce qu'en plus, « ce n'est pas un cas isolé ! ».
Conclusion, dans l'entreprise, il faut considérer la religion comme la politique : « votre
collaborateur, s'il est anarchiste, il peut vous demander une journée pour participer à une manifestation violente... Vous n'avez pas à juger ! ». A bon entendeur !
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