PYONGYANG. La Corée du Nord menace avec le nucléaire militaire

Publié le 14 Juin 2009

PYONGYANG. Les autorités ont réagi hier avec virulence à leur condamnation la veille par l'ONU pour leur récent essai nucléaire

La Corée du Nord menace avec le nucléaire militaire
C'est également contre la politique d'intimidation des États-Unis, ici représentés par Susan Rice, ambassadrice américaine de l'ONU, que la Corée du Nord tente de s'opposer. (photo afp)
C'est également contre la politique d'intimidation des États-Unis, ici représentés par Susan Rice, ambassadrice américaine de l'ONU, que la Corée du Nord tente de s'opposer. (photo afp)

«L'option consistant à abandonner nos armes nucléaires est devenue chose parfaitement impossible, et peu nous importe que certains nous autorisent ou non à en détenir », indique un communiqué du ministère nord-coréen des Affaires étrangères qualifiant de « méprisables » des sanctions destinées à « nous désarmer et nous asphyxier économiquement ». « Premièrement, tout le plutonium extrait sera utilisé à des fins militaires. Deuxièmement, nous allons débuter l'enrichissement d'uranium », poursuit le ministère, selon lequel le pays dispose de la technologie nécessaire.

Plutonium et uranium

C'est la première fois que Pyongyang évoque un programme à base d'uranium, le régime stalinien ayant toujours repoussé les accusations américaines sur un présumé programme clandestin en la matière. Quant au plutonium, le réacteur de Yongbyon (à 100 kilomètres au nord de Pyongyang) en produisait jusqu'en 2007, date à laquelle le régime s'était engagé à le fermer. Sa remise en service a cependant été récemment annoncée, en guise de rétorsion après la condamnation de l'ONU, mi-avril, d'un tir de fusée balistique nord-coréen au-dessus du Japon. Les experts estiment que le stock de matériau fissile pourrait permettre au Nord de confectionner entre cinq et huit bombes.

Dans son texte, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) stigmatise également la politique « hostile » des États-Unis. « Quelles que soient les tentatives d'isolement et de blocus fomentées par les forces hostiles menées par les États-Unis, la RPDC, une puissance nucléaire fière, ne capitulera pas », assure le ministère.

Sanctions

Il s'agit de la première réaction officielle du Nord depuis que le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé, vendredi, à l'unanimité, d'alourdir son régime de sanctions contre Pyongyang, en réponse à son essai nucléaire du 25 mai. Ces sanctions se traduisent par un système renforcé d'inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord et un élargissement de l'embargo sur les armes.

Ce texte, salué par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon comme « un message clair et fort » au régime stalinien, prévoit aussi l'alourdissement de sanctions financières existantes depuis octobre 2006, suite à son premier essai nucléaire. Les États-Unis ont ouvertement craint, vendredi, une réaction « irresponsable », voire un nouveau test nucléaire de Pyongyang après la décision de l'ONU. La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a jugé hier « extrêmement regrettables les provocations continues » des Nord-Coréens, assurant que les États-Unis feraient « tout leur possible » pour empêcher la prolifération.

Quant à la Corée du Sud, elle a déployé plusieurs centaines de militaires supplémentaires à sa frontière maritime avec le Nord, et a qualifié la réaction de Pyongyang de « grave menace » contre les efforts de paix dans la région.

Source Sudouest.com

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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