A Radio France, l'antenne unique fait l'unanimité contre Hees
Publié le 24 Septembre 2009
Auteur Régis Soubrouillard
A l'occasion des 20 ans de la chute du Mur de Berlin, le président de Radio-France a annoncé la mise en place d'un dispositif exceptionnel .
Un programme unique sur toutes les antennes du groupe. Le tout au nom de l'extraordinaire diversité de la Maison ronde. Les syndicats n'en croient pas leurs
oreilles et menacent déjà de faire grève si Jean-Luc Hees ne renonce pas.
Le 9 novembre prochain, cela fera 20 ans que le Mur de Berlin est tombé. A événement exceptionnel, moyens exceptionnels. Vous entendrez cette phrase souvent
dans un peu plus mois, censée justifier la débauche de tous les moyens, étant entendu que le retour sur l’histoire ne s’effectue qu’à date fixe, dans la commémoration médiatique et
l’événementiel.
Radio-France a déjà annoncé la couleur. Si l’on en croit les syndicats, par le biais d’un texto, le nouveau président de la station s’est adressé aux personnels de la station pour les informer du dispositif qu’il entendait mettre en place à cette occasion. Jean-Luc Hees a décidé, histoire de marquer le coup, de faire antenne unique. Pendant 24 heures, le groupe va diffuser un seul et même programme sur toutes les fréquences. Peu de détails, pour le moment sur le contenu du programme. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Jean-Luc Hees entend montrer ainsi « l’extraordinaire diversité du groupe ». Va comprendre…
Une chose est sûre quand Radio-France veut faire antenne unique, les voix de la discorde se font entendre.
Radio-France a déjà annoncé la couleur. Si l’on en croit les syndicats, par le biais d’un texto, le nouveau président de la station s’est adressé aux personnels de la station pour les informer du dispositif qu’il entendait mettre en place à cette occasion. Jean-Luc Hees a décidé, histoire de marquer le coup, de faire antenne unique. Pendant 24 heures, le groupe va diffuser un seul et même programme sur toutes les fréquences. Peu de détails, pour le moment sur le contenu du programme. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Jean-Luc Hees entend montrer ainsi « l’extraordinaire diversité du groupe ». Va comprendre…
Une chose est sûre quand Radio-France veut faire antenne unique, les voix de la discorde se font entendre.
La crainte d'un affaiblissement de l'identité des stations
Cette semaine, le président de Radio-France a été interpellé à plusieurs reprises durant son audition par la Commission des finances par des députés souhaitant
comprendre comment la diversité de Radio France pouvait se traduire par la fusion des antennes.
De leur côté, les syndicats n’ont pas tardé à réagir. Diversité, mon œil ! La CGT crie au « Mur ressuscité » : « Où Jean Luc Hees a-t-il encore été chercher une idée pareille ? Cette fois, quasiment, tout Radio France est mis devant le fait accompli ! Et pris en otage, dessaisis, dépossédés, réduits à n’être que de simples exécutants et spectateurs, nous devrions nous incliner et servir cette idée si géniale ! ».
Le syndicat SNJ a également exprimé son opposition. Et là aussi les mots sont lourds : « Les personnels, sidérés, y découvrent une fantastique régression. Ce jour-là, Radio France abolira quarante ans de marche en avant et prouvera aux pouvoirs publics qu'une seule chaîne c'est mieux que 50! (…) Ce choix éditorial abolit la liberté d'écouter autre chose C’est une « faute éditoriale ». LE SNJ déclare qu’il « ne laissera pas faire ».
Confronté déjà à une menace de grève, Jean-Luc Hees a choisi de jouer la carte de la pédagogie : « Le 9 novembre, pendant 24 heures, nos auditeurs recevraient en direct de Berlin le plus prestigieux programme radiophonique de notre histoire. Il s'agit de faire la preuve de notre talent et de notre créativité et pas, comme le voudrait la caricature, de démontrer qu'une antenne peut en remplacer 50 ». Car c’est bien là que résident certaines craintes des journalistes, qui constatent, sur certaines antennes concurrentes, la mise en place de rédactions réunies sur un seul et même plateau et des journalistes interchangeables mais véloces qui courent d’une radio à une autre pour faire ici une chronique, là un flash etc.
De leur côté, les syndicats n’ont pas tardé à réagir. Diversité, mon œil ! La CGT crie au « Mur ressuscité » : « Où Jean Luc Hees a-t-il encore été chercher une idée pareille ? Cette fois, quasiment, tout Radio France est mis devant le fait accompli ! Et pris en otage, dessaisis, dépossédés, réduits à n’être que de simples exécutants et spectateurs, nous devrions nous incliner et servir cette idée si géniale ! ».
Le syndicat SNJ a également exprimé son opposition. Et là aussi les mots sont lourds : « Les personnels, sidérés, y découvrent une fantastique régression. Ce jour-là, Radio France abolira quarante ans de marche en avant et prouvera aux pouvoirs publics qu'une seule chaîne c'est mieux que 50! (…) Ce choix éditorial abolit la liberté d'écouter autre chose C’est une « faute éditoriale ». LE SNJ déclare qu’il « ne laissera pas faire ».
Confronté déjà à une menace de grève, Jean-Luc Hees a choisi de jouer la carte de la pédagogie : « Le 9 novembre, pendant 24 heures, nos auditeurs recevraient en direct de Berlin le plus prestigieux programme radiophonique de notre histoire. Il s'agit de faire la preuve de notre talent et de notre créativité et pas, comme le voudrait la caricature, de démontrer qu'une antenne peut en remplacer 50 ». Car c’est bien là que résident certaines craintes des journalistes, qui constatent, sur certaines antennes concurrentes, la mise en place de rédactions réunies sur un seul et même plateau et des journalistes interchangeables mais véloces qui courent d’une radio à une autre pour faire ici une chronique, là un flash etc.
Et Jean-Michel Aphatie dans le Morning Live de Fun Radio...
Ironiquement, la Société des Journalistes a salué cet effort « d'unité éditoriale du programme prévu le 9 novembre », proposant à la direction de « fusionner
dans les plus brefs délais toutes les rédactions, diffuser les mêmes journaux d'information et s'assurer qu'un même programme musical sera diffusé sur chaque antenne, tout au long de l'année ».
« Pure dérive paranoïaque », rétorquent certains lassés de voir toujours ces mêmes pesanteurs et qui préfèrent saluer les ambitions et les projets du tout nouveau président. Certains
journalistes loin d' être hostiles au projet, n'hésitent toutefois pas à le qualifier de « casse-gueule ».
Autre fâcherie interne, le recours à un prestataire extérieur privé pour assurer la logistique de cet événement. Jean-Luc Hees a en effet mandaté un de ses proches, qui a créé sa propre entreprise, pour piloter l’opération. L’intéressé est un ancien de Radio-France qui a assuré la mise en place de ce type d’événements pendant de nombreuses années et connaît, dit-on, la Maison « par coeur et maîtrise parfaitement le montage de tels projets ».
Le syndicat Sud juge cette décision « proprement intolérable. L’argent public n’a pas vocation à remplir les poches de prestataires extérieurs. Il n’est pas question de créer le moindre précédent d’externalisation d’une activité que l’entreprise maîtrise depuis toujours ».
Jean-Michel Aphatie, célèbre commissaire aux comptes radiophoniques, qui officie sur RTL n’a pas manqué une si belle occasion de taper sur son ancien employeur –quand Hees était directeur de France-Inter- : « Les syndicats de la maison ronde, qui défendent le service public financés par les contribuables, rouspètent. Et fort. En gros, disent-ils, pas besoin de financer toute cette diversité si c’est pour faire le même programme. De vous à moi, ils ont raison. Le message que véhicule l’opération, c’est exactement celui là: est-ce que finalement, tout bien pesé, le contribuable ne financerait-il pas trop de boutiques? ». Conclusion de Jean-Michel Aphatie : « la direction centrale a tenté de limiter les dégâts et d’épargner l’argent du contribuable, dont nous sommes, en préconisant d’unir les forces et d’unifier les émissions. En clair, de faire des économies ».
Certes RTL est un groupe privé, mais ne souhaitons pas à Jean-Michel Aphatie qu'il ait, ne serait-ce qu'un jour, à officier, dans un morning live de Fun Radio rapatrié sur une antenne unique du groupe, par souci d'économies...
Source marianne2.fr
Autre fâcherie interne, le recours à un prestataire extérieur privé pour assurer la logistique de cet événement. Jean-Luc Hees a en effet mandaté un de ses proches, qui a créé sa propre entreprise, pour piloter l’opération. L’intéressé est un ancien de Radio-France qui a assuré la mise en place de ce type d’événements pendant de nombreuses années et connaît, dit-on, la Maison « par coeur et maîtrise parfaitement le montage de tels projets ».
Le syndicat Sud juge cette décision « proprement intolérable. L’argent public n’a pas vocation à remplir les poches de prestataires extérieurs. Il n’est pas question de créer le moindre précédent d’externalisation d’une activité que l’entreprise maîtrise depuis toujours ».
Jean-Michel Aphatie, célèbre commissaire aux comptes radiophoniques, qui officie sur RTL n’a pas manqué une si belle occasion de taper sur son ancien employeur –quand Hees était directeur de France-Inter- : « Les syndicats de la maison ronde, qui défendent le service public financés par les contribuables, rouspètent. Et fort. En gros, disent-ils, pas besoin de financer toute cette diversité si c’est pour faire le même programme. De vous à moi, ils ont raison. Le message que véhicule l’opération, c’est exactement celui là: est-ce que finalement, tout bien pesé, le contribuable ne financerait-il pas trop de boutiques? ». Conclusion de Jean-Michel Aphatie : « la direction centrale a tenté de limiter les dégâts et d’épargner l’argent du contribuable, dont nous sommes, en préconisant d’unir les forces et d’unifier les émissions. En clair, de faire des économies ».
Certes RTL est un groupe privé, mais ne souhaitons pas à Jean-Michel Aphatie qu'il ait, ne serait-ce qu'un jour, à officier, dans un morning live de Fun Radio rapatrié sur une antenne unique du groupe, par souci d'économies...
Source marianne2.fr
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