Laborantza Ganbara sème le trouble
Publié le 30 Janvier 2009
Le tribunal a mis sa décision en délibéré
Forte mobilisation au palais link
Que peut bien pouvoir dire Euskal Herriko Laborantza Ganbara ? Pas de problème pour le premier groupe de deux mots : Pays Basque. Mais Laborantza Ganbara ? Cette question, Anne Kayanakis, procureur de la république, et Jean-Michel Gallardo, conseil de la partie civile (Chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques) l'ont posé à plusieurs reprises aux témoins appelés à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne, hier après-midi. Dans le sens basque français, puis dans l'autre, français basque, pour savoir si Laborantza Ganbara pouvait se traduire par chambre d'agriculture.
La réponse est oui, Michel Berhocoirigoin, président de ladite EHLG ne l'a pas nié. La traduction en basque, et donc l'usage d'une appellation réservée à un établissement public, était-elle
constitutive d'un délit ?
José Bové au nom d'une vieille amitié link
« Démarche politique »
Pas l'ombre d'un doute ont plaidé Jean-Michel Gallardo, la loi est là pour le dire, et son confrère Jean-Pierre Casadebaigt : « Il faut que cette ambiguïté de nom cesse, comment peut-on nier la confusion ? » Convaincu des arrière-pensées politiques de Michel Berhocoirigoin et de ses amis, il a enfoncé le clou : « Vous vous inscrivez dans une démarche authentiquement politique, dans une démarche autonomiste pour créer sans doute un département Pays Basque [...] ce qui me navre, c'est cette dialectique que je ne peux supporter [...] il y a quelque chose dans votre démarche de déplaisant. »
Michel Berhocoirigoin le premier a détaillé les événements qui ont conduit le syndicat ELB (confédération paysanne) à créer cette association après la déception de longues années de travail à la Chambre d'agriculture à Pau. Dans un premier temps porter son projet d'agriculture paysanne et durable, et dans un deuxième « de maintenir la pression pour rappeler la nécessité d'obtenir une Chambre d'agriculture spécifique au Pays Basque ». Le président d'EHLG s'est dit « convaincu que cette journée sera un tournant dans le dossier. L'objet n'est pas de créer la confusion, mais de rappeler qu'une question n'est pas réglée ».
Une tribune inespérée link
Pas de confusion
D'autres ont tenté de convaincre le tribunal qu'il n'y avait pas de volonté de jeter la confusion dans l'esprit des paysans. À ce jeu, François Maitia, conseiller général et régional socialiste, et Jean Haritschelhar, professeur émérite de l'Université Bordeaux 3 et membre de l'Académie basque, ont excellé. Ce dernier qui travaille actuellement à l'élaboration d'un dictionnaire basque, a donné les significations du mot Ganbara : de la chambre à coucher, au grenier en passant par la tête, il est arrivé au forum, l'endroit du débat. Pas de doute, Euskal Herriko Laborantza Ganbara signifie pour lui : « Forum de l'agriculture du Pays Basque ».
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