ÉRUPTION EN ISLANDE Après KLM et Lufthansa, Air France a bravé le nuage de cendres entre Roissy et Toulouse

Publié le 18 Avril 2010

Après KLM et Lufthansa, Air France a bravé le nuage de cendres entre Roissy et Toulouse

Par Thierry Vigoureux

Après KLM et Lufthansa, Air France a bravé le nuage de cendres entre Roissy et Toulouse

Air France se prépare à rallier Toulouse à partir de l'aéroport de Roissy-CDG, avec un Airbus. Un autre viendra de Marseille (photo d'illustration) © Abaca

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Un vol test a été réalisé samedi dans l'espace aérien néerlandais par la compagnie KLM. D'après les premiers éléments d'inspection, aucun dégât ni irrégularité de vol n'ont été relevés sur l'appareil. Dans la foulée, Air France a rallié Toulouse à partir de l'aéroport de Roissy-CDG, avec un Airbus. L'appareil s'est posé peu avant 15 heures à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Un autre appareil devrait venir de Marseille.

Le choix de la ville rose comme destination n'est pas anodin : c'est le dernier grand aéroport de l'espace aérien français continental resté en service jusqu'à la fermeture totale du territoire, intervenue aujourd'hui à 14 heures. Mais surtout Air France dispose d'un important centre de maintenance au village Aero Constellation situé sur l'aéroport. La cellule et les moteurs des deux appareils pourront être inspectés minutieusement dès l'atterrissage avec tous les instruments de contrôle - des boroscopes, notamment, qui permettent de voir le coeur d'un réacteur.


Ces initiatives de compagnies aériennes - Lufthansa a également effectué dix vols de convoyage - tendraient à montrer que, jusqu'à 8.000 mètres, il n'y a pas de cendres volcaniques dangereuses. En France comme à l'étranger, les dirigeants de compagnies aériennes s'étonnent que, pour interdire l'espace aérien, l'on se base uniquement sur des prévisions de modèle numérique alimentées par des données de vitesse et direction des vents. Aucune vérification n'a été effectuée par les services officiels comme pourrait le faire l'envoi d'un ballon sonde, s'insurge notamment Joachim Hunold, patron de la deuxième compagnie allemande, Air Berlin.


Une interdiction de vol contestée


Evidemment, les patrons de compagnies ne veulent pas faire courir le moindre risque aux passagers. Ils ont aussi le souci de préserver leurs flottes. Or, la moindre intervention avec dépose d'un moteur coûte un million de dollars, et changer les réacteurs d'un Boeing 747 revient à 80 millions de dollars. De nouveaux itinéraires à basse altitude ? Dans un premier temps, l'objectif de ces tests grandeur nature dans le ciel serait de valider des couloirs aériens à "basse" altitude, entre 3.000 et 8.000 mètres, qui permettraient aux avions de décoller puis de rejoindre une zone réputée non polluée pour monter vers le niveau de croisière habituel, de l'ordre de 11.000 mètres.


Cette stratégie ne génère pas de nuisance pour les riverains, le bruit étant réellement perceptible en-dessous de 1.500 mètres. En revanche, elle est coûteuse pour les compagnies, car la consommation de carburant augmente dans un rapport de 1 à 2 à basse altitude. Dans certains cas extrêmes, une escale intermédiaire peut même être nécessaire pour faire un complément de plein de kérosène. Les équipages qui effectueront les vols d'Air France cet après-midi seront bien entendu volontaires.


Un mécanicien embarque, en plus des deux pilotes. Son rôle : surveiller les températures, les vitesses de rotation et les pressions des deux moteurs. Les capteurs sont des pièces très sensibles et réagissent avant que le silice contenu dans les cendres ne se vitrifie et ne détruise des composants. La consigne est alors de virer à 180° en perdant de l'altitude. La prudence est de mise. Des chasseurs F-18 finlandais ayant traversé le nuage de cendres jeudi matin ont vu leurs réacteurs endommagés. Les dangers des émanations du volcan Eyjafjöl ne sont donc pas
une illusion.

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Source lepoint.fr

Rédigé par jeanfrisouster

Publié dans #citoyens du monde

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