Dis-moi comment tu t'habilles, je te dirais comment tu fais l'amour

Publié le 27 Octobre 2012

 

31/07/2010 à 11h34

 

Est-ce qu’une femme au foyer, qui plus est « bio-pensante » (comprendre : enchaînée à ses enfants, utilisant des couches lavables, des purées maison faites avec des légumes achetés chez Naturalia et allaitant au sein) fantasme autant ou plus qu’une salariée, certes 20% moins bien payée qu’un homme, mais libérée ?

Quelque temps après la sortie du dernier livre d’Elisabeth Badinter, « Conflit : La femme et la mère », c’est la vraie question que se pose tout être nourri aux hormones de « Sex and the City ».

Nathalie Bajos pointe dans la dernière « Enquête sur la sexualité des Français » de l’Inserm une vie sexuelle plus diversifiée pour les femmes, plus éloignée du rôle reproductif, et dont elles parlent avec plus de facilité.

« Dirty Diaries », « X-plicit » sur Canal + : le porno au féminin pointe son nez

Alors, qu’en est-il du désir des femmes ? Elles en parlent. Oui. Jusqu’au porno. En témoigne la sortie sur les écrans de « Dirty Diaries », un film produit par Mia Engberg, réunissant 12 réalisatrices pour 12 propositions afin de repenser la pornographie avec un regard féminin.

Noter aussi, tous les premiers samedis du mois sur Canal +, Sophie Bramly et son X-plicit, une série de petits films réalisés par des figures du cinéma comme Arielle Dombasle, Mélanie Laurent ou Helena Noguerra. Même si le résultat est parfois plus un désir scénographié qu’une sexualité réaliste.

Sans oublier le magazine Second Sexe, consacrée à « la culture du plaisir féminin », et qui enregistre plus de sept cents téléchargements par jour.

Mais comment comprendre la libido des femmes, deviner ce qu’elles pensent dans le secret des alcôves ou au fond de leurs boudoirs ?

Le « dress code » des femmes en dit long sur leur sexualité

Oscar Wilde nous enseigne qu’il ne faut se fier qu’aux apparences. Oublions les études, regardons simplement les femmes et surtout comment elles s’habillent. La mode, reflet subtil de leur inconscient nous donne quelques réponses.

Leur « dress code » en dit plus long sur le désir et sur les péchés que toute la Bible !

  • Veste Balmain aux épaules ultra marquées sur un top dentelle et low boots Louboutin, semelle rouge, 15 cm de talons ? Adepte du « power dressing » ! Domination et tendresse.
  • Sarouel Isabelle Marant, débardeur All Saint ? Adepte des fantasmes scénarisés énergiques type « L’Enlèvement au sérail » version rock.

La façon de s’habiller des femmes s’est bouleversée ces cinq dernières années tout comme leur sexualité. Elles expriment leur séduction sans complexe et suivent des programmes de « coaching sexuel », où l’on parle de point G, d’orgasme et de simulations.

Alors qu’elle partage la couverture des Inrockuptibles avec la star du porno gay François Sagat, l’ex-miss Météo de Canal + Louise Bourgoin déclare que « l’ultra féminité peut s’utiliser comme une arme de destruction massive ».

Les femmes ont une vision moins monolithique de leur vestiaire

Nous sommes passés des diktats de mode imposés par un créateur à une façon de s’habiller plus souple et plus diversifiée ; l’apparition de la fast-fashion, du mix & match répondent à une approche plus complexifiée du corps et une vision moins monolithique du vestiaire (exit le tout coordonné).

Nous ne sommes plus au temps où les femmes brûlaient leur soutien-gorge. Le second degré, les jeux de rôles, l’humour et la liberté nourrissent la mode. Ils modifient la mise en scène de soi.

Une Dita Von Teese n’est plus la pin up soumise des années 50 mais une grand prêtresse de cérémonie. Les « vavavoom » girls de Mathieu Amalric dans son film « Tournée » s’exposent sans voyeurisme tout comme une Beth Ditto, pulpeuse sur scène.

Une Lea T, égérie des nouvelles campagnes de Givenchy, joue de l’androgynie, revival des années 90 tandis qu’une Lady Gaga affiche un surréalisme vestimentaire que ne renierait pas la créatrice de mode des années 40 Elsa Schiaparelli et son chapeau en forme de chaussure.

Quant à Kate Moss posant nue dans un manteau de plumes de coq noir, fantasme fait d’un alliage de féminité animale et de gothisme, elle fait écho à la sublime Marlène Dietrich de « Shanghai Express », archétype de la vamp, première image de la femme libérée avant sa libération.

Les icônes des temps modernes, signe de société, nous racontent la nouvelle condition féminine et son rapport au sexe.

Alors, si « le regard social a évolué moins vite que les femmes », cantonnant la notion de pur plaisir au registre masculin, dixit Nathalie Majos, c’est peut-être juste parce qu’elles ont le goût des plaisirs moins lisibles.

Jean-Philippe Evrard, Bénédicte Fabien et Sandrine Renault

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C’est un publi-reportage sur la haute couture et les happy few ? ? ? ? ?

Et une jupe kiabi avec un chemisier La Halle aux Vêtements assorti à des chaussures André, ça dit quoi sur la sexualité des pauvres ? ? ?

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Publié dans #citoyens du monde

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